mercredi 7 mars 2018

Dream Theater - Once In A Livetime



Dream Theater ‎– Once In A Livetime
Music On Vinyl ‎– MOVLP906  ‎– Netherlands ‎– 2013



Album live sorti en 1998, en compagnie d'une VHS qui porte le même nom, et enregistré au BATACLAN à Paris, cette album consacre la tournée mondiale de DT en l'honneur de leur album sorti en 1997 FALLING INTO INFINITY. Contrairement à leur précédent album live (LIVE AT THE MARQUEE) celui-ci comprend énormément de morceaux issus des différents albums de DT.

En effet, on retrouve un morceau issu de WHEN DAY AND DREAM UNITE, 4 provenant d'IMAGES AND WORDS, 4 provenant de AWAKE, 4 chapitres de A CHANGE OF SEASONS, et évidement 7 compos issus de FALLING INTO INFINITY.
On commence par l'enchaînement des 2 premiers chapitres de CHANGE OF SEASONS, puis successivement les puissants PUPPIES ON ACID et JUST LET ME BREATHE, nous arrache le crâne, et l'interprétation successive de TAKE THE TIME est somptueuse, avec un JOHN PETRUCCI en état de grâce. VOICES tiré de l'album AWAKE, nous annonce un super solo aux claviers de DEREK SHERINIAN, pas à la portée de tous.
Se succédent ensuite LINES IN THE SAND, SCARRED et DARKEST IN THE WINTERS.
YTSE JAM tiré du premier album de DT clôture la première partie du live. Cependant MIKE PORTNOY n'oublie pas de nous faire une petite démonstration de son talent inégalable de batteur avec un solo plutôt bien construit cependant, agrémenté de quelques petites erreurs.
Le cd2 commence par l'interprétation de 3 morceaux de FALLING INTO INFINITY qui nous rappelle que les membres de DT sont très fan de groupes comme YES, GENESIS ou RUSH…

On repart en 1994 avec CAUGHT IN A WEB et le très lourd LIE tous deux tirés de l'album AWAKE.dont l'interprétation ne me paraît pas irréprochable(n'est ce pas MR LABRIE ??)
Et puis là on arrive à ce qui est selon moi la meilleure interprétation live de DT du moins sur cette album : PERUVIAN SKIES. Ca commence à la PINK FLOYD et ça se termine à la METTALICA, si vous voyez ce que je veux dire…GRANDIOSE !!! Mais ce n'est pas fini, car arrive le traditionnel solo de JOHN PETRUCCI !! : je conseillerais aux gratteux de sauter ce passage,cela leur éviterait de verser quelques larmes. Plaisanterie à part, PETRUCCI nous fait une véritable demo de guitare, tout y passe : sweeping, tapping, passage flamenco, interprétation du vol du bourdon, etc…
Comme la tradition le veut, le rappel du public aboutit à l'énorme METROPLIS PART 1, mais dans une version raccourcie dira-t-on.(le tapping de MYUNG n'arrive toujours pas à passer … C'est dommage). Entre temps, PULL ME UNDER est venu satisfaire les inconditionnels de l'album IMAGES AND WORDS, qui le seront encore plus avec LEARNING TO LIVE (DT se contentant d' en jouer seulement une partie). Et tout ce petit spectacle se clôt sur CRIMSON SUNSET qui est selon moi la meilleure partie de A CHANGE OF SEASONS.

DT nous gratifie ici d'un double album live qui satisfera les fans. Cependant, le son y est très moyen, surtout celui de PORTNOY et de MYUNG, et il manque certaines grandes compos non présentes sur cette album comme : EROTOMANIA, FORTUNE IN LIES et bien d'autres : mais c'est quand même un bon album live indispensable pour n'importe quel fan de prog' et bien plus encore.
(CARMELO PORTNOIX – Metal Nightfall).





TRACKLIST :

A1.      A Change Of Seasons I: The Crimson Sunrise          
A2.      A Change Of Seasons II: Innocence
A3.      Puppies On Acid
A4.      Just Let Me Breathe

B1.      Voices
B2.      Take The Time
C1.      Derek Sherinian Piano Solo
C2.      Lines In The Sand

D1.      Scarred
D2.      A Change Of Seasons IV: The Darkest Of Winters
D3.      Ytse Jam
D4.      Mike Portnoy Drum Solo

E1.      Trial Of Tears
E2.      Hollow Years

F1.      Take Away My Pain
F2.      Caught In A Web
F3.      Lie

G1.      Peruvian Skies
G2.      John Petrucci Guitar Solo
G3.      Pull Me Under

Medley
H1.      Metropolis
H2.      Learning To Live
H3.      A Change Of Seasons VII: The Crimson Sunset




mardi 6 mars 2018

Telephone - Au Coeur De La Nuit




Téléphone ‎– Au Cœur De La Nuit
Pathé ‎– France ‎– 1980


En 1980, un an seulement après la sortie de Crache ton Venin, TELEPHONE retrouve le studio pour y enregistrer leur troisième album très attendu, Au Cœur de la Nuit. Et les ventes du disque se montreront très cohérentes : il devient double disque d’or en deux mois, grâce à deux tubes, « Argent trop cher » et « Au cœur de la nuit ». Et si ces deux morceaux sont des classiques aux riffs ravageurs et aux mélodies gravées dans la plupart des têtes, elles ne sont pas les seules chansons de cet album, où de très bonnes idées s’enchainent en évitant presque parfaitement les fautes de goût.

Le style téléphone est toujours aussi féroce, dans les paroles, parfois très agressives (« Ploum Ploum ») et dans le style musical, mais l’on sent progressivement que les musiciens ne se contentent plus de leurs schémas-types et risquent certains changements de style : ballade, funk, acoustique jazzy et même un morceau uniquement composé de voix et de percussions (« Un homme + un homme »). Et soyons francs, ces expérimentations s’avèrent surprenantes et réussies, et rajoutent beaucoup de saveur à l’album. Il est donc étonnant de constater à quel point, en un an seulement, les musiciens de TELEPHONE ont muri dans leurs compositions, voire également dans leurs paroles, qui se détachent du « ho la la ça va pas, soyons rebelles » pour des thèmes sensiblement plus adultes. Une autre nouveauté du disque : « 2000 nuits », écrite, composée et chantée par Louis Bertignac, première œuvre de celui qui écrira deux ans plus tard « Cendrillon ». Sa voix, moins écorchée que celle de Jean Louis Aubert, offre un parfum différent à l’album, mais malheureusement pas une chanson de légende. ¹

Cependant, l’album n’est pas parfait, et ne reste qu’à constater que du punk survitaminé « Seul » à la ballade « Laisse tomber » s’étend une palette de chansons dont certaines moyennement inspirées. Ainsi, certains morceaux comme « Pourquoi n’essaies-tu pas ? » s’avèrent trop classiques, pas assez innovantes et inévitablement moins à la hauteur de l’album précédent. Ces chansons sont, heureusement, minoritaires et jamais complètement mauvaises, mais suffisent pour "casser" l'album dans son écoute intégrale, surtout lorsqu'elles succèdent à certaines qui ont vraiment de la gueule (je ne vise pas du tout la succession « Argent trop cher » / « Ordinaire », suivez mon regard).

En 1980, TELEPHONE s’éloigne donc progressivement de leurs influences originelles et on s’étonne, au terme de notre écoute, de constater à quel point Au Cœur de la Nuit peut posséder une ambiance homogène tout en étant composé de morceaux aussi hétérogènes. La cause ? Sans doute une ambiance au sein du groupe encore très bonne à l’époque, une inspiration à toute épreuve, un public qui le leur rend bien, une technique qui s’améliore grâce à l’expérience, mais surtout, un plaisir à composer que l’on ressent rien qu’à l’écoute. Quelques mois avant était également sorti Téléphone Public, testament vidéo réalisé par LE Jean-Marie Périer, film mythique où l’on découvrait que Jean-Louis Aubert était une bête de scène, que Corine Marienneau était bien plus que « la gonzesse du groupe », que Louis Bertignac était un put*** de guitariste et que Richard Kolinka savait casser des batteries. Alors, ne boudons pas notre plaisir et réécoutons Au Cœur de la Nuit, l’album au centre de leur discographie, dernière trace de leur alchimie qui bientôt disparaîtra jusqu’à devenir, actuellement, un vrai nid à tensions.
( BOMBE_HUMAINE – FP).







TRACKLIST :

A1.      Au Cœur De La Nuit
A2.      Ploum Ploum
A3.      Pourquoi N'Essaies-Tu Pas?
A4.      Seul
A5.      Laisse Tomber
A6.      Un Homme + Un Homme
A7.      Les Ils Et Les Ons

B1.      Argent Trop Cher
B2.      Ordinaire
B3.      2000 Nuits
B4.      Fleur De Ma Ville
B5.      La Laisse
B6.      Le Silence

lundi 5 mars 2018

Annie Lennox - Medusa



Annie Lennox ‎– Medusa
RCA ‎– 88985420671 –  Reissue – Europe – 01 Mar 2018



Voila la plus belle photo d'Annie LENNOX que je connaisse... En brunette et comme ça dans le plus simple appareil, ses yeux étincellent de la plus belle des manières, son expression irradie le positif, une séduction rare s'en dégage : beaucoup de classe, un brin de perversité, une âme bien pleine en tout cas. Medusa est son deuxième album solo, mais il s'articule très différemment du plébiscité Diva. En effet, c'est un album entièrement composé de reprises de titres à l'origine interprétés par des hommes. C'est un choix qui n'est pas si évident si on se réfère à la qualité de son premier opus solo, parfaitement maîtrisé de bout en bout. C'est donc une démarche "logique" à laquelle se livre ici l'ex chanteuse d'EURYTHMICS, en se frottant au répertoire de certaines des grands artistes de la pop.

Et nous débutons ce tour d'honneur avec la superbe "No more I love you", qui met aussitôt les points sur les I et les barres sur les T s'il en était besoin. Une version fantômatique de la chanson des oubliés LOVERS SPEAK datant de 86, des poulains de Dave Stewart qui avait tourné en ces mid eighties avec le légendaire duo. Puis nous revenons deux décennies en arrière pour le classique des PROCOL HARUM : "A whiter shade of pale"... Difficile d'écorner la légende qu'il représente, mais serait-ce malvenu de préfèrer la version d'Annie ? C'est pourtant le cas, le chant céleste de l'écossaise aura ici bien du mal à trouver une concurrence, ce même si l'orchestration n'est pas la meilleure qui soit, la voix emporte tout. Nous passons ensuite du rock grand breton au reggae Jamaïcain avec "Waiting in vain" du gigantesque Bob MARLEY, chanson à laquelle Annie donne un traitement très pop mainstream qui l'éloigne considérablement de ses roots, mais le résultat n'est pas raté, bien au contraire, il est juste méconnaisable, réapproprié. Après ça, il semble normal d'achever la ronde des singles sur un classique de la folk music : la "Something so right" de Paul SIMON, moult fois reprises, Paul est là, chante mais se fait tout discret alors qu'Annie enfonce la version de sa concurrente Barbra STREISAND avec maestria. C'est très fort.

Al GREEN est bien loin, mais "Take me to the river" dépote bien avec son riff à la "Missionary man", on croirait que Dave is in the place ! La guitare espagnole de "I can't get next to you" remplit bien son office, mais transforme à nouveau radicalement la composition des TEMPTATIONS. C'est le point commun de toutes ces songs : Annie LENNOX ne se contente pas de les refaire, elle les enrichie, les transforme, et souvent parvient à les sublimer... On a déjà eu Paul SIMON, quoi de plus étonnant que de retrouver ensuite Neil YOUNG avec sa compo "Don't let it bring you down"... Comment dire... Méconnaissable ? Comment dire ... Plus chouette que l'originale ? Les influences de la charismatique Annie sont décidemment bien surprenantes pour une icône de la New wave/Synth pop. Puis c'est rigolo, sa copine Chrissie HYNDE des PRETENDERS a aussi repris "Thin line between love and hate" des PERSUADERS... Je vous dis pas quelle version je préfère, vous allez me taxer de favoritisme ! Et enfin elle reprend le "Downtown lights" de ses potes écossais de Glasgow les BLUE NILE.

Ok, c'est pesé emballé vendu ! Difficile de trouver des défauts dans cette galette, qui doit tout au talent hors normes de son interprète, Annie LENNOX, qui s'approprie avec une facilité déconcertante ce répertoire des plus variés. C'est probablement ça le talent ! L'album se nomme Médusa... Si le regard de la Gorgone est aussi hypnotique que celui d'Annie, je comprends mieux le pouvoir de la Méduse sur les héros mythologiques ! (Erwin – FP).





TRACKLIST :

A1.      No More " I Love You's "
A2.      Take Me To The River
A3.      A Whiter Shade Of Pale   
A4.      Don't Let It Bring You Down
A5.      Train In Vain

B1.      I Can't Get Next To You
B2.      Downtown Lights
B3.      Thin Line Between Love And Hate
B4.      Waiting In Vain
B5.      Something So Right
B6.      Heaven




samedi 3 mars 2018

MANO NEGRA - Puta's Fever



Mano Negra ‎– Puta's Fever
Virgin ‎– 70721 – Limited Edition, Die-cut circle cover – France – 1989


Le second album est toujours le plus dur à sortir, surtout lorsque son prédécesseur a déjà mis la barre très haut. Car c’est celui de la confirmation. Confirmer que sa première œuvre n’était pas qu’un simple coup de chance et que l’on a bel et bien du talent. Certains groupes n’y arrivent pas, d’où de magistrales prises de tête entraînant de magnifiques ratés. Pour d’autres en revanche, cela ne pose aucun problème, le deuxième album est un album comme un autre, pas de quoi paniquer. Et la MANO NEGRA est à classer dans cette deuxième catégorie d’artistes.

Après un premier album qui, malgré quelques petits défauts, reste de très bonne facture, la bande à Manu CHAO sortait donc Puta’s Fever en 1989. Opus le plus connu du groupe parisien, en partie grâce à sa pochette rentrée dans l’histoire du rock français et de ses innombrables classiques (« King Kong Five », « Soledad », « Sidi 'H Bibi », « Peligro » et « Pas Assez de Toi » pour ne citer qu’elles), c’est la clé de voûte de la discographie de la MANO NEGRA. Sans lui, le groupe n’aurait jamais eu le même visage, et sa renommée ne serait sans doute pas aussi grande.

À première vue, Puta’s Fever ressemble beaucoup à Patchanka. Cependant, j’aurais plutôt tendance à le décrire comme plus travaillé et plus varié. Que ceux qui souhaiteraient écouter un album homogène passent leur chemin, car Puta’s Fever donne plutôt dans l’hétéroclite à grande échelle. Aucune chanson ne se ressemble, chacune aborde un style propre. Au contraire de Patchanka, dont on pouvait encore « grouper » certaines chansons par genre, Puta’s Fever ne peut se chroniquer que morceaux par morceaux. Un seul point commun pourrait les rassembler, celui d’avoir été très soignés et de ne jamais verser dans le bordélique furieux tel qu’on pouvait en trouver à quelques endroits sur l’album précédent.

L’entrée en matière est fracassante. « Mano Negra » est complètement revisitée, cette fois-ci sous des tons plus westerniens, et la MANO NEGRA se paye le luxe d’écrire un hymne au rock ‘n roll avec la bien nommée « Rock ‘n Roll Band ». Parfait compromis entre une rythmique imposante et une mélodie entraînante, je n’arrive cependant pas à réellement l’apprécier, sans doute à cause d’un texte d’une niaiserie qui, voulue ou non, me déçoit profondément. Mais je ravale très vite ma salive, car « King Kong Five » est déjà commencée. Qu’on se le dise tout de suite, la MANO NEGRA a assez peu abordé le rap dans ses premières années. Sur Patchanka, « Killin’ Rats » déchirait déjà, mais alors ici c’est une véritable tuerie. Un hip-hop agressif, très 90’s et sans concession. Une descente de piano plus tard, c’est la folie du punk-latin qui s’installe avec « Soledad », dramatisée par des vocaux très réussies.

Maintenant, je vous demanderai le silence. Le silence total. Car voici venu la meilleure chanson de la MANO NEGRA, du moins de mon humble point de vue, j’ai nommé « Sidi ’H Bibi ». Reprise d’un chant traditionnel marocain, mêlant mélodies arabisantes à une énergie punk-rock très bien mesurée, elle voit pour la première fois Manu CHAO céder sa place au chant au percussionniste Philippe Teboul. Pour tout vous dire, j’en suis dingue, et les versions live sont encore plus gigantesques. Cependant, cette chanson n’aura jamais pu avoir la reconnaissance qui lui était due par la simple connerie des hommes : parce que chantée en arabe en pleine guerre du Golfe, elle sera tout bonnement boycottée par les radios françaises.

La MANO NEGRA aime toujours autant mélanger les styles, même les plus opposés. C’est d’ailleurs tant mieux, puisque le gospel-punk sur « The Rebel Spell » est une vraie réussite. Un peu déroutante au premier abord peut-être, elle aurait peut-être méritée d’être un peu plus longue, mais qu’importe, car elle laisse place à la seconde perle de l’album, « Peligro ». Reggae calme et posé, d’une douceur étonnante aux refrains cependant déchirants, c’est la chanson la plus travaillée de l’album, surtout au niveau des cuivres et des percussions. « Pas Assez de Toi » est une énigme. Comment un morceau aussi violent dans son texte que dans sa musique est-il devenu le plus grand succès du groupe ? Mystère. Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître que la MANO NEGRA nous écrit ici un très bon morceau, qui clôt la première partie d’un album déjà très réussi.

Pourquoi ai-je divisé Puta’s Fever en deux parties ? Tout simplement car sa seconde partie n’a rien à voir avec la première. Les morceaux sont plus anecdotiques et ne peuvent rivaliser avec tous ceux cités plus hauts. Foncièrement parlant, ils sont loin d’être mauvais, mais sont bien attrayants. La sympathique comptine « Magic Dice » et le rock névrosé de la « Mad House » introduisent d’ailleurs avec brio cette seconde partie, qui compte cependant deux gros ratés : « La Rançon du Succès » et ses textes d’une profonde débilité, que la plupart des membres du groupe déteste d'ailleurs, et « Patchuko Hop », trop festive à mon goût. La MANO NEGRA redonne de nouveau dans le reggae avec l’apaisante « Guayaquil City », ou dans le rock des 60's avec « The Devil’s Call », deux bonnes petites chansons, mais rien d’extraordinaire non plus. Le groupe écrit également la chanson référence de son style, avec l’inévitable « Patchanka », que je n’ai jamais vraiment aimé, mais qui jouit du statut de classique de la Mano.

Deux petites pépites méconnus ponctuent également les ultimes moments de l’album : « Voodoo », blues déjanté aux saveurs africaines et « Roger Cageot », dont le contraste entre ses paroles humoristiques, son thème inspiré d'une histoire vraie, et ses mélodies fines et retenues, reste un pur bonheur. Enfin, puisque Patchanka se terminait par du flamenco, il n’y a pas de raison pour Puta’s Fever ne se termine pas par de la valse … c’est chose faite avec la très courte, mais très belle « El Sur ».

Mes amis, quel album ce Puta’s Fever. Je n’hésite pas un instant, au risque de me faire lyncher, à lui donner le statut d’album de référence du milieu alternatif français des 90’s. Ses quelques défauts viennent à peine entacher le résultat final, dont je recommande l’écoute à tous. Sans aucun doute le meilleur album de la MANO NEGRA. Pas forcément le plus abouti, mais le plus jouissif c’est certain. (Jovial – FP).







TRACKLIST :

A1.      Mano Negra
A2.      Rock'n' Roll Band
A3.      King Kong Five
A4.      Soledad
A5.      Sidi H' Bibi
A6.      The Rebel Spell
A7.      Peligro
A8.      Pas Assez De Toi
A9.      Magic Dice

B1.      Mad House
B2.      Guayaquil City
B3.      Voodoo
B4.      Patchanka
B5.      La Rancon Du Succès
B6.      The Devil's Call
B7.      Roger Cageot
B8.      El Sur
B9.      Patchuko Hop



vendredi 2 mars 2018

The Beatles - Magical Mistery Tour



The Beatles ‎– Magical Mystery Tour
Apple Records ‎– 0094638246510 ‎– Reissue Remastered, Stereo, 180 Gram – UK ‎– 13 Nov 2012



Moins connu, moins iconique que Sergeant Pepper's et le White Album, qui l'entourent chronologiquement. Il est pourtant digne des mêmes éloges. Voire davantage, tant il concentre tout le génie des Fab Four en très peu de pistes - dont quelques-unes à elles seules mériteraient des livres !

Le disque est la B.O. d'un film qui, lui, est abscons et totalement inintéressant - sauf pour le côté "document illustratif de leur état d'esprit du moment". Cinq titres ont été rajoutés aux chansons qui illustrent ce moyen métrage. Comme les morceaux supplémentaires sont tout simplement les "non-album singles" de cette année-là, on a dans les mains un pur chef d'oeuvre, un truc de maboul. Je sais, ami lecteur, tu en as marre de lire les tonnes de louanges crémeuses sur ces 4 mecs... mais le temps ne fait rien à l'affaire : à chaque écoute c'est la même claque magistrale dans la face.

1967, the Summer of Love, la naissance du rock psychédélique, tout ça... Qui est précurseur, qui a inventé quoi, on s'en brosse frénétiquement le nombril avec le pinceau de l'indifférence. Ce qu'on peut constater, c'est que les BEATLES, une fois encore, incorporent ces ingrédients nouveaux pour la pop (claviers organiques, violoncelles, trompettes, flûtes, filtres vocaux...) mieux que quiconque, car ces instrumentations sont d'abord au service de chansons extraordinaires avant d'être des innovations sonores.

Même un morceau simple et sans effets de manche comme "Your Mother Should Know" est d'une perfection désarmante. McCARTNEY livre une nouvelle merveille de mélodie inoubliable. Et il s'agit d'une des moins connues de l'album... Macca éblouit également avec "The Fool on the Hill", superbe rêverie aux flûtes enfantines. Toujours un peu à part, HARRISON poursuit sa quête d'ambiances mystiques avec "Blue Jay Way", échos, effets de voix et violoncelle (bon voyage), piste qui succède à un instrumental étonnant ("Flying") dans la même veine et qu'on a toujours plaisir à retrouver dans cet enchaînement. Question psychédélisme et bricolages sonores, "I am the Walrus" est incontournable. Elle résume tout ce que LENNON peut créer comme paroles décalées et atmosphère à la Lewis Carroll. Dans ce domaine il reste le leader du groupe, Macca se couvrant un peu de ridicule avec "Hello Goodbye", qu'on adore fredonner car elle est trop chouette, mais ces paroles...

"Strawberry Fields Forever" et "Penny Lane" trônent en majesté au milieu de ces bijoux. Deux chansons divines, qui ont nécessité des dizaines de prises et de versions différentes (une folie pour l'époque), dans lesquelles on croisera une trompette brandebourgoise, un mellotron, des violoncelles fous, un piccolo, une cloche de bus, des flûtes enregistrées à l'envers... sans que jamais ces enchevêtrements ne nuisent à la chanson, qui doit rester un hit pour les radios et les disquaires. McCARTNEY(PL) répond à LENNON (SFF) et chacun y met son meilleur (excellence pop pour l'un, strophes surréalistes et délires instrumentaux pour l'autre, écriture géniale pour les deux). Le plus grand 45T de l'Histoire (on se répète ? Tant pis !) ne finit jamais d'émerveiller.

On pourrait aussi en écrire des tartines sur "All You Need is Love", illumination intemporelle et sublime, chantée en direct des studios de la BBC devant 400 millions de téléspectateurs et qui sera partiellement réenregistrée en studio. Dans les choeurs se trouvent Mick Jagger, Keith Moon ou Graham Nash, qui à ce moment là ne sont plus rivaux, ni collègues, ni stars... ils essaient simplement d'accrocher un bout de la magie engendrée par les Fab Four.

Posez le vinyle ou le CD sur la platine, ou branchez votre mp3 avec un bon casque, attendez fébrilement les magnifiques trompettes de la piste d'ouverture (géantissime!), et en avant les super chansons! (A.T.N. – Forces Parallèles).






TRACKLIST :

A1.      Magical Mystery Tour
A2.      The Fool On The Hill
A3.      Flying
A4.      Blue Jay Way
A5.      Your Mother Should Know          
A6.      I Am The Walrus

B1.      Hello Goodbye
B2.      Strawberry Fields Forever
B3.      Penny Lane
B4.      Baby You're A Rich Man
B5.      All You Need Is Love




jeudi 1 mars 2018

CLAN OF XYMOX - Darkest Hour



Clan Of Xymox ‎– Darkest Hour
Trisol ‎– TRI 609 LP ‎– Limited Edition Clear ‎– Europe ‎– 12 Jan 2018


Partant sur sa lancée, CLAN OF XYMOX nous tend à nouveau les bras, deux années après la sortie de son précédent album, «In Love We Trust», excellent opus qui marquait le grand retour du combo mené par Ronny Moorings après presque 8 ans d’un break que l’on croyait être définitif. Ouvrant cet album avec «My Reality», CLAN OF XYMOX met encore une fois en avant ses influences Dark-Electro/Dark-Wave conservant toujours un côté agréablement dansant.

Si la population globale (celle qui se nourrit de peu et se contrefout des courants) n’était pas aussi butée et un gros poil plus ouverte, la plage «Delete» aurait pu être le hit de cet été : chant mélodique, basse vibrante, refrain entraînant et groovy à souhait, éléments presque Noisy et reprises quasi orchestrales. Le titre de l’année pour moi ! L’ombre du monstre à deux têtes JOY DIVISION/THE CURE montre plus que le bout de son nez, puisque certains titres sont pleinement inspirés par la paire anglaise citée. «Dreams of Fool» nage carrément dans une ambiance CUREsque avec sa basse mélodique, son chant presque mélancolique et sa batterie au son très années 80. Le jeu des deux guitares vous fera vous rappeler certaines des sonorités entendues dans «Faith» et «Disintegration». Un pur régal. Des titres moins groovy tels que «Deep Down I Died» et «The Darkest Hour» nous replongent dans un univers Ambient et Gothic à la fois. Tandis que «In Your Arms Again» qui s’étire sur plus de sept minutes combine à la fois le Rock-Gothic d’antan avec l’Electro des familles.

Allant désormais à l’essentiel (rythmiques simples et parfois martiales) et présentant des compositions solides aux arrangements subtils, les Hollandais de CLAN OF XYMOX peuvent s’imposer aujourd’hui comme le leader de la vague Dark-Electro actuelle. Beaucoup pensent que ce Revival ne présente que peu d’intérêt. Ce «Darkest Hour» fera sûrement douter de la véracité de ce propos. Le sujet est ouvert pour discussion...
(Deadstar - VS Webzine).






TRACKLIST:

A1.      My Reality    
A2.      Delete           
A3.      My Chicane 
A4.      Dream Of Fools      
A5.      Deep Down I Died 
B1.      In Your Arms Again           
B2.      She Did Not Answer         
B3.      Tears Ago    
B4.      The Darkest Hour 
B5.      Wake Up My Darling






The Jesus And Mary Chains - Honey's Dead



The Jesus And Mary Chain ‎– Honey's Dead
Demon Records ‎– DEMRECHONEY1 ‎– Reissue 180 G‎r. ‎– 2013


Cela va faire 7 ans qu’ils ont sorti leur fameux Psychocandy et ils reviennent au moment où le rock alternatif noisy n’en finit pas de sortir des disques de grande qualité (sans oublier la supernova Loveless qui désintégrera ses auteurs). Un retour de vieux radoteurs quoi. Des mecs qui n’ont plus grand-chose à apporter et qui se sont fait dépassés par leurs héritiers.

… C’est le genre de dires que vous lirez à propos de Honey's Dead. Des propos proférés certainement par des gens aux œillères larges comme des panneaux d’autoroutes. A ceux-là, je ne répondrais qu’une chose : laissez donc tomber votre manuel de la parfaite discothèque du rock et laissez parler le son.

« Reverence » ne pouvait pas mieux lancer un album pour enclencher sa réhabilitation. Entre ses paroles qui feront scandale (« I wanna die just like Jesus Christ. I wanna die just like J.F.K. ») et son beat directement hérité des dance rockeurs de Manchester, c’est le carton assuré pour mettre le boxon sur les pistes de danse (reste à trouver la boite de nuit qui diffuse ce genre de titre… Ce qui est facile en Angleterre).
Cette optique de surfer sur l’impact provoqué par le monstrueux Screamadelica a probablement fait passer ce disque au second plan. Mais ça serait oublier que les JAMC ont déjà incorporé des rythmes électroniques et limite dansants sur Automatic qui était en plus produit par Alan Moulder. Un des principaux architectes sonores du shoegazing (et qu’on retrouve de nouveau ici).
La boucle est bouclée. On assiste, ni plus, ni moins, qu’au retour des patrons démontrant à la génération qu’ils ont inspirée, qu’ils ne sont pas prêts à se faire doubler… Toutefois, ils ne refusent pas d’être aidés par ces jeunots (le batteur de CURVE intervenant sur quelques morceaux).

Même quand ces saligauds samplent des passages connus du rock (la fin de l’incroyable « Sugar Ray » qui reprend la conclusion orgasmique du « Once In A Lifetime » des TALKING HEADS) ou qu’ils ne sont pas loin de s’auto-reprendre (« Far Gone and Out » et « I Can't Get Enough » présentent quelques similitudes troublantes), ça marche du tonnerre de Dieu. Tout fonctionne pour la simple et bonne raison que les chansons écrites par le duo sont magistrales. C'est de la pop dans ce qu’elle a de plus jouissive : des plaisirs immédiats et habités par des rockeurs au charme imparable.

Des rockeurs toujours à l’écoute de leur époque et ce n’est pas pour recycler maladroitement un son à la mode. Entre les rythmiques downtempo inspirés des Bristolien séminaux de MASSIVE ATTACK sur « Almost Gold » et le terriblement lascif « Catchfire » (où les guitares brouillées des JESUS copulent amoureusement avec un beat marteau pilon tout simplement indécent), il y a de quoi prouver que ces mecs issus à l’origine du post-punk était ouverts à toutes sortes de musiques.

En réécoutant Honey's Dead, on ne peut s’empêcher de remarquer à quel point il est un témoin de son époque. Mais si je dis ceci, ce n’est pas pour en faire sa principale qualité. Pas d’entourloupes entre nous. L’argument de la nostalgie ira se faire voir. Cet album est tout bêtement l’alliage parfait entre noisy pop vénéneuse et rythmiques implacablement entrainantes. Une musique ensoleillée et chantée par des goth plus occupés à empiler les guitares et à écrire des chansons irrésistibles plutôt qu’à se peinturlurer la tronche.

Le disque de power pop qui devrait être obligatoire dans tous les autoradios du monde.
By Seijitsu - FP.






TRACKLIST :

A1.      Reverence
A2.      Teenage Lust
A3.      Far Gone And Out
A4.      Almost Gold
A5.      Sugar Ray
A6.      Tumbledown

B1.      Catchfire
B2.      Good For My Soul
B3.      Rollercoaster