samedi 17 mars 2018

Offspring – Smash




Offspring – Smash
Epitaph ‎– 6868-1 Reissue Remastered ‎– Edition Europe ‎– Oct 2017



La « légende » raconte que, en cette année 1994, alors que le grunge était en train de péricliter et que le rock moderne parvenait à un carrefour, deux albums propulsèrent le punk-rock californien en des cimes de popularité. Le troisième album de Offspring, répondant à l’athlétique nom de Smash, fut l’un d’eux.

Après deux albums un peu tâtonnants et bruts de (pomme) décoffrage, le groupe a remis son ouvrage sur le métier à tisser et entrepris d’affiner son approche musicale. Bien lui en a pris, car Smash apparaît comme un aboutissement ou la révélation d’une certaine maturité dans la hargne juvénile. Les compos sont moins brouillonnes, plus variées, et quand l’on retrouve la bonne vieille formule punk-rock pifpaf boum tagada, on s’aperçoit que celle-ci a aussi subi un traitement de raffinage, non dénué de qualité.

Dans l’ensemble, la recette du groupe conjugue puissance vindicative et simplicité dans la rythmique et les riffs, mais de petites nuances bien senties, des choeurs pour porter les refrains et un sens cette fois indéniable de l’accroche, fait passer Offspring du statut d’insigne bourrin à celui de porte-étendard d’une génération acnéique (ou peu s’en faut). On en a le témoignage sur les titres purement punk-rock, bourrés d’énergie, qui constituent le gros des troupes, comme le rentre-dedans « Nitro », « Bad Habit » avec son intro de calme retenu, l’impulsif « Genocide » et son break appuyé, plutôt intéressant, ou encore la reprise « Killboy Powerhead », délicieusement agressive. Je ne citerai pas tous les morceaux par peur de la redondance, mais ils parviennent quasiment tous à tenir la rampe jusqu’à la fin de l’album, qui se clôt sur le morceau titre, très mélodique et les habituels « morceaux cachés qui font peur ».

Ensuite, il y a les titres qui permettent d’élargir la panoplie du groupe et d’étoffer considérablement la portée de l’album. C’est le cas avec le ska de « What Happened to You », qui permet à l’auditeur de reprendre sa respiration, mais surtout avec le trio gagnant : l’excellent tempo moyen « Gotta Get Away », qui fait grunger dans les chaumières (merci les guitares bien grasses), le fameux « Self Esteem », ses choeurs pittoresques et ses riffs qui tachent, et évidemment, le marquant « Come Out and Play » et son gimmick orientalisant qui ferait danser un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ici, ce n’est déjà plus du vrai punk, c’est un crime de lèse-majesté, mais franchement, qu’est-ce qu’on peut en avoir à secouer ?

Avec quelques cartouches en plus sur le fusil de l’expérience, Offspring est enfin parvenu à sortir un album très solide, et atteint enfin son coeur de cible, les ados et les amateurs de rock puissant, mais pas trop prise de tête. Et contrairement à l’autre album de punk-rock populaire de 1994, Dookie des Green Day, le succès est mérité.

Certes, cet album n’est pas destiné aux intellos en quête d’arrangements de dingos, pleins de morgue et d’idées préconçues sur le sens métaphysique des platanes en milieu tropical, mais au moins, il botte bien sa mémé. En terme de popularité, c’est le jackpot évidemment, et par la suite, le groupe cherchera à rééditer l’exploit de Smash. Toutefois la qualité ne sera peut-être plus toujours au rendez-vous, la spontanéité ayant été jetée aux orties avec la mémé et l’eau du bain de la célébrité. Quoi qu’il en soit, Smash est à prescrire aux vieux nostalgiques, aux jeunes aux esgourdes innocentes et aux apathiques en manque de vitamine bon marché. Ça fait toujours du bien par où ça passe.( Ameforgee - FP).







TRACKLIST :

A1. Time To Relax  
A2. Nitro [Youth Energy]   
A3. Bad Habit          
A4. Gotta Get Away
A5. Genocide          
A6. Something To Believe In       
A7. Come Out And Play (Keep 'Em Separated)

B1. Self Esteem      
B2. It'll Be A Long Time     
B3. Killboy Powerhead     
B4. What Happened To You?     
B5. So Alone           
B6. Not The One
B7. Smash





jeudi 15 mars 2018

Deep Purple - In Rock



Deep Purple ‎– Deep Purple In Rock
Harvest ‎– SHVL 777 –  Album Gatefold – Edition France – 1970



Ce vacarme terrible résonne sans fin dans votre lecteur pendant près d’une minute. La guitare est frénétique, hantée par le Diable qui ricane grâce au vibrato de la stratocaster ; la batterie est titanesque, surpuissante, ravageuse ; la basse gronde et l’orgue rugit ; les amplis crachent, les vitres cèdent. Tout s’écroule…

Ça devait arriver, ainsi s’achève l’ère de la pop gentillette et du rock à pépère. L’heure est au rentre-dedans, et après que LED ZEPPELIN ait ouvert la voie au Hard-Rock avec une teinte bluesy, DEEP PURPLE instaure son propre concept deux ans plus tard, beaucoup plus direct : une rythmique qui bourrine, un orgue saturé grinçant, une guitare insaisissable, un chant avant-gardiste, le tout avec un son crasseux, poussé au max, au risque parfois de tout faire péter pendant les enregistrements. Pour le coup, c’est sûr, c’est facile d’accès. Vous n’avez d’ailleurs aucun effort à faire pour comprendre quoi que ce soit de ce qui se passe. Vous la bouclez, vous serrez les dents, et vous priez pour être encore vivant après ce qui est pour l’époque l’équivalent d’une charge de sept suppositoires taille XL qui se tiennent la main, prêt à en découdre avec le premier sceptique venu.

Pourtant, rien ne laissait présager un tel changement d’orientation musicale. Mais après trois albums peu remarqués, un membre du groupe a décidé qu’il était temps de passer aux choses sérieuses : BLACKMORE est aux anges. Il jugeait avoir fait assez de concessions en laissant Jon LORD monter son projet de Concerto Rock, et maintenant il en a ras le cul. Il prend les rênes du groupe, et donne le mot d’ordre pour le prochain disque : « If it’s not dramatic or exciting, it has no place on this album ». Tout est dit, voici la définition du Hard-Rock à la sauce DEEP PURPLE, qui s’exprime de la façon la plus impulsive (« Speed King ») et la plus grandiose (« Child In Time ») sur cet album gravé dans la pierre, et dans l’Histoire.

Or donc, après ce demi-suppo qu’est l’introduction toute en subtilité de « Speed King », le calme revient, incarné par un orgue relaxant. Tout va bien, les meubles tiennent, on se laisse bercer, jusqu’à ce que vienne LA note, qui dure, dure, dure… et PAF ! L’orgue, la guitare et la basse s’assemblent pour former un être massif, répétant un riff ultra-efficace, guidés par la frappe de PAICE, et sur lequel GILLAN chante et hurle avec un charisme à faire pâlir Robert PLANT. Mais là où GILLAN l’enfonce complètement, c’est sur le morceau le plus anthologique de groupe, le plus audacieux, qui se résume à trois accords, j’ai nommé « Child In Time » ! Dix minutes d’une intensité monumentale ! Quelle claque ! Beau et terrible à la fois, c’est à pleurer. Le chant est divin, BLACKMORE s’affirme comme un guitariste accompli, prêt à tout balayer, et l’orgue est sur le point d’exploser. Un morceau à écouter absolument, mais si vous avez déjà mal après « Bloodsucker », ne tentez pas le coup, le risque est énorme...

Une fois que tout cela a été dit, présenter le reste de l’album est une corvée si l’on veut absolument éviter de se répéter. Citons simplement les meilleurs titres : « Flight On The Rat », « Living Wreck ».

Mais alors que vaut cet album quarante ans après sa sortie ? Autant être clair, il est une pièce maîtresse dans la discographie de DEEP PURPLE. Jamais le groupe ne se montrera aussi puissant en studio, le son est unique. Ses détracteurs lui reprochent un manque de créativité, une monotonie lassante autant dans le fond que dans la forme. Les fans du groupe, eux, le vénèrent, et cassent souvent la gueule aux détracteurs. Autant bien choisir son camp.







TRACKLIST:

A1. Speed King      
A2. Bloodsucker     
A3. Child In Time
   
B1. Flight Of The Rat        
B2. Into The Fire     
B3. Living Wreck
B4. Hard Lovin' Man






Sting - Brand New Day



Sting ‎– Brand New Day
A&M Records ‎– 0600753704523 – Reissue  – Europe Pressing – Sep 2016



"Progresser"... Ainsi se terminait la dernière chronique sur STING, comment être d'accord avec une pareille affirmation dans le cas de Gordon Sumner ? Le géant de la musique britannique s'est certainement affranchi de nombreuses règles au fur et à mesure du temps qui s'écoule... Pas plus que les autres il ne rajeunit, et ce temps qui nous échappe ne fait pas une exception avec cet homme. Je ne trouve en revanche que peu de reproches à lui faire. A l'aube du 21eme siècle, il continue de créer une musique d'excellente qualité... La preuve en quelques phrases !

Quand retentit dans toute sa moiteur éthérée l'étrange mélodie de "A thousand years", je m'interroge sur ses fameux progrès .. Et je laisse rapidement tomber, car le niveau atteint sur cette composition est tellement élevé que toute discussion sérieuse ne saurait être de mise ici. Question de goût sans doute, mais l'admiration ressentie dans les tripes de ceux qui ont la chance d'écouter cette magnifique ode au temps qui passe sera évidente ... Cette guitare méconnaissable, insatiablement répétitive, cette basse ronde, presque grasse, jusqu'à ces percussions si "raides" pour un titre aussi ambient... Quelle réussite ! Quel talent ! Je ne vois pas quoi dire d'autre sinon vous encourager à son écoute attentive.
Le titre "Brand new day" sort 3 semaines avant l'opus, annonciateur d'une vibration assez world. De jolis arpéges de guitare, une harmonica et un Hammond, on retrouve notre STING là ou nous l'avions laissé, toutes capacités dehors. Un titre mainstream, un chant plus "pressé" que d'ordinaire mais quel beau refrain ! Une intro de qualité, nul doute. La collaboration avec Cheb MAMI sur le deuxième single a évidemment une coloration toute world... N'oublions pas que l'artiste reste un homme d'affaires de premier plan en plus d'être un humain sensible aux causes écologiques et sociales... Le titre se laisse bien écouter, mais la participation exotique de Cheb ne casse pas des briques, et le titre a du coup une identité trop commerciale, même s'il est indubitablement bien foutu. On notera d'ailleurs les paroles directement issus du roman "Dune" de Frank Herbert pour lequel STING "Feyd Rautha" vibre comme on sait. Ensuite je suis moins sensible au titre plus dance et 3eme single qu'est "After the rain has fallen", trop simple, mais nanti à nouveau du superbe refrain que chacun connaît.


Bien entendu, comme dab, on part dans tous les sens et nous voici soudainement confrontés à une jolie Bossa Nova sur "Big lie small world". En tant que fan de cette musique, je ne peux qu'acquiescer dans cette démarche, le bassiste blond parvient à mettre dans cette nouvelle ode un ton furieusement moderne, notamment dans l'ajout des sons synthétisés et sur ce refrain merveilleusement addictif. Les aspects smooth de "Perfect love... gone wrong" me laissent cependant de marbre. Mais les percus de "Tomorrow we'll see", agrémentées d'une guitare Shadow sur un rythme urgent, laissent à STING l'occasion de poser sa voix avec maestria, et quelques réminiscences de "Moon over Bourbon Street". De la country ensuite ? Presque ! Avec la lap steel de "Fill her up", et la participation du James TAYLOR... Comme à l'accoutumée, nous en avons pour notre argent... et comme en plus la song se transforme en gospel new age sur la seconde partie... De quoi rester bouche bée devant le talent insolent du monsieur... Car en plus, on termine sur une portion presque free jazz... Ouais, c'est bien ça la fusion les gars ! Bravo !

Un album de très bonne qualité, dans le droit fil de la vie du Britannique, toute d'équilibre et d'éclectisme. (Erwin – FP).







TRACKLIST :

A1.      A Thousand Years
A2.      Desert Rose
A3.      Big Lie Small World

B1.      After The Rain Has Fallen
B2.      Perfect Love… Gone Wrong

C1.      Tomorrow We'll See
C2.      Prelude To The End Of The Game
C3.      Fill Her Up

D1.      Ghost Story
D2.      Brand New Day







mardi 13 mars 2018

ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA: ELO 2




The Electric Light Orchestra ‎– E. L. O. 2
Harvest ‎– 1C 062-05 243 – Germany 1973



Le premier album d'Electric Light Orchestra était un curieux mélange de thèmes classiques, de pop inspirée et de musique expérimentale, essentiellement dû à la rencontre des deux personnalités complémentaires de Roy Wood et Jeff Lynne. Les deux hommes ont chacun leur caractère bien trempé et des styles distincts qui cohabitent plus qu'ils ne fusionnent. Sur "ELO 2", la donne change. Roy Wood quitte le navire au beau milieu de l'enregistrement et s'en va fonder Wizzard, laissant Jeff Lynne seul maître à bord après Dieu, selon l'expression consacrée.

Avec ce départ, c'est tout le pan expérimental qui va disparaître, gommant ce que la musique du premier album pouvait avoir de surprenante, voire de dérangeante. Néanmoins, le disque ne sombre pas dans une pop simpliste. Jeff Lynne a un sens inné de la mélodie qui ne se démentira jamais, et l'influence des Beatles est omniprésente. Autre présence affirmée, une section de véritables cordes constitue la colonne vertébrale des titres, donnant une légère touche classique à l'album, plus dans sa sonorité que par ses compositions. Un violon et deux violoncelles viennent ainsi combler le vide laissé par Wood, volant bien souvent la vedette aux guitares et aux claviers, et vont pour longtemps participer au son original du groupe.

"ELO 2" contient cinq titres dont le plus court avoisine les sept minutes et visite un rock dynamique, inspiré, mélodieux, parfois d'une grande poésie, comme lors du break piano/violon de 'From The Sun To The World'. Le jeu des instruments est fusionnel, les thèmes dérivés du classique ou du folklore se mêlent harmonieusement aux riffs les plus rocks, le point culminant étant probablement la reprise de 'Roll Over Beethoven' de Chuck Berry, s'ouvrant sur la 5ème du compositeur allemand avant d'enchainer avec un rock'n'roll exécuté dans les règles de l'art entrecoupé d'un solo de violon aux arrangements précurseurs de la touche ELO. Tout est dit: Jeff Lynne a réussi à inventer un style musical partant d'une structure rock assez basique qu'il complexifie ou détourne en douceur puis qu'il agrémente d'orchestrations généreuses et de chœurs luxuriants. Ni classique, ni rock, ni pop, ni mièvre, ni austère, ni simpliste, ni cérébrale la musique surfe sur tous ces qualificatifs pour se révéler plaisante et originale.

"ELO 2" fait partie de ces albums intemporels, un peu naïfs mais nimbés d'un charme surnaturel. Il ne s'agit pas d'un disque d'exception que tout mélomane se doit de posséder absolument, mais simplement d'une œuvre de qualité conservant toute sa fraicheur au fil d'écoutes répétées.

Post-scriptum : attention à ne pas confondre "ELO 2", second album d'Electric Light Orchestra et "ELO Part II", émanation du groupe originel fondée par le batteur Bev Bevan qui s'entoure pour l'occasion de quelques membres d'ELO tels le violoniste Mik Kaminski, le violoncelliste Kelly Groucutt ou le chef d'orchestre Louis Clarck et qui enregistrera les albums "Electric Light Orchestra Part Two" et "Moment Of Truth".









TRACKLIST :

A1.      In Old England Town (Boogie No. 2)     
A2.      Momma        
A3.      Roll Over Beethoven

B1.      From The Sun To The World (Boogie No. 1) 
B2.      Kuiama






lundi 12 mars 2018

Neil Young - Harvest



Neil Young ‎– Harvest
Reprise Records ‎– 54 005 ‎– Edition France – 1972


L'épopée sixties a pris fin, les météorites sont passées. 

Il faut imaginer l'Amérique encore sous le choc, le corps secoué de rock'n'roll - les derniers frissons sont les plus émouvants. Il faut imaginer, pour le décor, quelques gratte-ciels qui commencent à perforer les nuages. Des averses. Des champs dorés jusqu'à perte de vue. 

Début 1972, Neil Young a 26 ans. Le Canadien s'est déjà fait connaître au sein du mythique Buffalo Springfield. Et enfin, Young créa "Harvest". 

"Harvest" : c'est encore des chemins qui se perdent à l'horizon, des crépuscules poussiéreux. De la lumière orange. Les chansons viennent de la terre, extraites du sol, les chansons contiennent les frémissements de la vie souterraine, les racines et les pépites d'or. C'est merveilleux de se dire : cette voix-là, rocailleuse, est emprisonnée dans les microsillons. Dans mille ans peut-être, le vinyle témoignera. La guitare acoustique tisse des mélodies folk-rock, agrémentées souvent d'un harmonica triste ou d'un piano. L'aiguille du tourne-disque se pose sur le vinyle, " Out of the weekend " grésille. Auditeur, tu es piégé. Les choses brillent différemment, plus neuves. La pluie déferle et lave tout. " I wanna live I wanna give / I've been a miner for a heart of gold ". Les mots se collent au son. " Heart Of Gold ", " The Needle and The Damage Done ", " Words (Between The Lines Of Age) " : les mélodies sont évidentes. Face A face B, aucun titre n'est superflu. Le premier matin, dans un soleil blanc, déverse ses essences. Ce disque n'en est pas un. Il est trop dangereux. 

Le CD existe aussi, évidemment. Mais "Harvest" s'écoute sur une vieille platine, allongé sur la moquette, quand dehors tout est gris. La pochette cartonnée, épaisse, entre les mains ; on déchiffre les paroles, les lettres enlacées de Neil Young, presque magiques. 

Cet album a été enregistré entre Nashville, Londres et la Californie. Cela s'entend : le soleil est mangé de fog. Les morceaux sont tellement lumineux que les sens s'aveuglent. C'est joyeux et c'est triste. " Are you ready for the country because it's time to go... ". (Pixy – Xsilence).








TRACKLIST :

A1.      Out On The Weekend
A2.      Harvest
A3.      A Man Needs A Maid
A4.      Heart Of Gold
A5.      Are You Ready For The Country?

B1.      Old Man
B2.      There's A World
B3.      Alabama
B4.      The Needle And The Damage Done
B5.      Words (Between The Lines Of Age







mercredi 7 mars 2018

Dream Theater - Once In A Livetime



Dream Theater ‎– Once In A Livetime
Music On Vinyl ‎– MOVLP906  ‎– Netherlands ‎– 2013



Album live sorti en 1998, en compagnie d'une VHS qui porte le même nom, et enregistré au BATACLAN à Paris, cette album consacre la tournée mondiale de DT en l'honneur de leur album sorti en 1997 FALLING INTO INFINITY. Contrairement à leur précédent album live (LIVE AT THE MARQUEE) celui-ci comprend énormément de morceaux issus des différents albums de DT.

En effet, on retrouve un morceau issu de WHEN DAY AND DREAM UNITE, 4 provenant d'IMAGES AND WORDS, 4 provenant de AWAKE, 4 chapitres de A CHANGE OF SEASONS, et évidement 7 compos issus de FALLING INTO INFINITY.
On commence par l'enchaînement des 2 premiers chapitres de CHANGE OF SEASONS, puis successivement les puissants PUPPIES ON ACID et JUST LET ME BREATHE, nous arrache le crâne, et l'interprétation successive de TAKE THE TIME est somptueuse, avec un JOHN PETRUCCI en état de grâce. VOICES tiré de l'album AWAKE, nous annonce un super solo aux claviers de DEREK SHERINIAN, pas à la portée de tous.
Se succédent ensuite LINES IN THE SAND, SCARRED et DARKEST IN THE WINTERS.
YTSE JAM tiré du premier album de DT clôture la première partie du live. Cependant MIKE PORTNOY n'oublie pas de nous faire une petite démonstration de son talent inégalable de batteur avec un solo plutôt bien construit cependant, agrémenté de quelques petites erreurs.
Le cd2 commence par l'interprétation de 3 morceaux de FALLING INTO INFINITY qui nous rappelle que les membres de DT sont très fan de groupes comme YES, GENESIS ou RUSH…

On repart en 1994 avec CAUGHT IN A WEB et le très lourd LIE tous deux tirés de l'album AWAKE.dont l'interprétation ne me paraît pas irréprochable(n'est ce pas MR LABRIE ??)
Et puis là on arrive à ce qui est selon moi la meilleure interprétation live de DT du moins sur cette album : PERUVIAN SKIES. Ca commence à la PINK FLOYD et ça se termine à la METTALICA, si vous voyez ce que je veux dire…GRANDIOSE !!! Mais ce n'est pas fini, car arrive le traditionnel solo de JOHN PETRUCCI !! : je conseillerais aux gratteux de sauter ce passage,cela leur éviterait de verser quelques larmes. Plaisanterie à part, PETRUCCI nous fait une véritable demo de guitare, tout y passe : sweeping, tapping, passage flamenco, interprétation du vol du bourdon, etc…
Comme la tradition le veut, le rappel du public aboutit à l'énorme METROPLIS PART 1, mais dans une version raccourcie dira-t-on.(le tapping de MYUNG n'arrive toujours pas à passer … C'est dommage). Entre temps, PULL ME UNDER est venu satisfaire les inconditionnels de l'album IMAGES AND WORDS, qui le seront encore plus avec LEARNING TO LIVE (DT se contentant d' en jouer seulement une partie). Et tout ce petit spectacle se clôt sur CRIMSON SUNSET qui est selon moi la meilleure partie de A CHANGE OF SEASONS.

DT nous gratifie ici d'un double album live qui satisfera les fans. Cependant, le son y est très moyen, surtout celui de PORTNOY et de MYUNG, et il manque certaines grandes compos non présentes sur cette album comme : EROTOMANIA, FORTUNE IN LIES et bien d'autres : mais c'est quand même un bon album live indispensable pour n'importe quel fan de prog' et bien plus encore.
(CARMELO PORTNOIX – Metal Nightfall).





TRACKLIST :

A1.      A Change Of Seasons I: The Crimson Sunrise          
A2.      A Change Of Seasons II: Innocence
A3.      Puppies On Acid
A4.      Just Let Me Breathe

B1.      Voices
B2.      Take The Time
C1.      Derek Sherinian Piano Solo
C2.      Lines In The Sand

D1.      Scarred
D2.      A Change Of Seasons IV: The Darkest Of Winters
D3.      Ytse Jam
D4.      Mike Portnoy Drum Solo

E1.      Trial Of Tears
E2.      Hollow Years

F1.      Take Away My Pain
F2.      Caught In A Web
F3.      Lie

G1.      Peruvian Skies
G2.      John Petrucci Guitar Solo
G3.      Pull Me Under

Medley
H1.      Metropolis
H2.      Learning To Live
H3.      A Change Of Seasons VII: The Crimson Sunset




mardi 6 mars 2018

Telephone - Au Coeur De La Nuit




Téléphone ‎– Au Cœur De La Nuit
Pathé ‎– France ‎– 1980


En 1980, un an seulement après la sortie de Crache ton Venin, TELEPHONE retrouve le studio pour y enregistrer leur troisième album très attendu, Au Cœur de la Nuit. Et les ventes du disque se montreront très cohérentes : il devient double disque d’or en deux mois, grâce à deux tubes, « Argent trop cher » et « Au cœur de la nuit ». Et si ces deux morceaux sont des classiques aux riffs ravageurs et aux mélodies gravées dans la plupart des têtes, elles ne sont pas les seules chansons de cet album, où de très bonnes idées s’enchainent en évitant presque parfaitement les fautes de goût.

Le style téléphone est toujours aussi féroce, dans les paroles, parfois très agressives (« Ploum Ploum ») et dans le style musical, mais l’on sent progressivement que les musiciens ne se contentent plus de leurs schémas-types et risquent certains changements de style : ballade, funk, acoustique jazzy et même un morceau uniquement composé de voix et de percussions (« Un homme + un homme »). Et soyons francs, ces expérimentations s’avèrent surprenantes et réussies, et rajoutent beaucoup de saveur à l’album. Il est donc étonnant de constater à quel point, en un an seulement, les musiciens de TELEPHONE ont muri dans leurs compositions, voire également dans leurs paroles, qui se détachent du « ho la la ça va pas, soyons rebelles » pour des thèmes sensiblement plus adultes. Une autre nouveauté du disque : « 2000 nuits », écrite, composée et chantée par Louis Bertignac, première œuvre de celui qui écrira deux ans plus tard « Cendrillon ». Sa voix, moins écorchée que celle de Jean Louis Aubert, offre un parfum différent à l’album, mais malheureusement pas une chanson de légende. ¹

Cependant, l’album n’est pas parfait, et ne reste qu’à constater que du punk survitaminé « Seul » à la ballade « Laisse tomber » s’étend une palette de chansons dont certaines moyennement inspirées. Ainsi, certains morceaux comme « Pourquoi n’essaies-tu pas ? » s’avèrent trop classiques, pas assez innovantes et inévitablement moins à la hauteur de l’album précédent. Ces chansons sont, heureusement, minoritaires et jamais complètement mauvaises, mais suffisent pour "casser" l'album dans son écoute intégrale, surtout lorsqu'elles succèdent à certaines qui ont vraiment de la gueule (je ne vise pas du tout la succession « Argent trop cher » / « Ordinaire », suivez mon regard).

En 1980, TELEPHONE s’éloigne donc progressivement de leurs influences originelles et on s’étonne, au terme de notre écoute, de constater à quel point Au Cœur de la Nuit peut posséder une ambiance homogène tout en étant composé de morceaux aussi hétérogènes. La cause ? Sans doute une ambiance au sein du groupe encore très bonne à l’époque, une inspiration à toute épreuve, un public qui le leur rend bien, une technique qui s’améliore grâce à l’expérience, mais surtout, un plaisir à composer que l’on ressent rien qu’à l’écoute. Quelques mois avant était également sorti Téléphone Public, testament vidéo réalisé par LE Jean-Marie Périer, film mythique où l’on découvrait que Jean-Louis Aubert était une bête de scène, que Corine Marienneau était bien plus que « la gonzesse du groupe », que Louis Bertignac était un put*** de guitariste et que Richard Kolinka savait casser des batteries. Alors, ne boudons pas notre plaisir et réécoutons Au Cœur de la Nuit, l’album au centre de leur discographie, dernière trace de leur alchimie qui bientôt disparaîtra jusqu’à devenir, actuellement, un vrai nid à tensions.
( BOMBE_HUMAINE – FP).







TRACKLIST :

A1.      Au Cœur De La Nuit
A2.      Ploum Ploum
A3.      Pourquoi N'Essaies-Tu Pas?
A4.      Seul
A5.      Laisse Tomber
A6.      Un Homme + Un Homme
A7.      Les Ils Et Les Ons

B1.      Argent Trop Cher
B2.      Ordinaire
B3.      2000 Nuits
B4.      Fleur De Ma Ville
B5.      La Laisse
B6.      Le Silence