lundi 20 mai 2013

Santana - Moonflower




SANTANA - MOONFLOWER (1977)
Columbia - Music On Vinyl Reissue 180gr - 2012 - MOVLP566



Dans la lignée des double albums mi-live mi-studio, Moonflower se pose là. En effet, s'il s'agit d'un album de ce genre, il ne comporte pas un disque live et un disque studio, mais plutot un mélange habile des deux styles sur chaque face (à l'exception de la face B, quasi intégralement live à part le très court Bahia).

Enregistré en 1976 à l'Hammersmith de Londres pour les titres live (et en Californie, 1977, pour les titres inédits studio), Moonflowerest un des tous meilleurs albums de Santana. Soyons quand meme honnetes, parmi les titres studio, peu de grands classiques : on peut quand meme citer I'll Be Waiting et la reprise du hit des Monkees She's Not There. Personellement, j'adore aussi les instrumentaux El MoroccoZulu (ligne de piano imparable) et Flor D'Luna (Moonflower).

L'enchainement entre titres studio (chaque face en comporte un en ouverture) et live est prodigieux : de par le mixage, savamment orchestré, on jurerait entendre l'intégralité d'un live - j'ai personellement connu quelqu'un qui croyait que ce disque était un live dans son intégralité ; il n'avait pas bien lu les notes de pochette...
En ce qui concerne la partie studio, elle est très réussie. La partie live, elle, est phénoménale, entre versions à tomber par terre deEuropa (Earth's Cry, Heaven's Smile)Black Magic Woman/Gypsy QueenSoul Sacrifice, et morceaux plus récents, mais tout aussi réussis (CarnavalLet The Children Play).

Dans l'ensemble, je donne (presque) la note maximale à Moonflower, un des plus grands live que j'ai entendu de ma vie (je suis sérieux), meme si, en ce qui concerne Santana, Lotus, triple album de 1974 (et entièrement live, lui) est encore plus beau, plus fort, plus évocateur...

A posséder, impérativement. (Merci a Tagomago).



TRACKLIST :

A1Dawn/Go Within2:44
A2Carnaval2:17
A3Let The Children Play2:37
A4Jugando2:09
A5I'll Be Waiting5:20
A6Zulu3:25
B1Bahia1:37
B2Black Magic Woman/Gypsy Queen6:32
B3Dance Sister Dance (Baila Mi Hermana)7:45
B4Europa (Earth's Cry Heaven's Smile)6:07
C1She's Not There4:09
C2Flor d'Luna (Moonflower)5:01
C3Soul Sacrifice/Head, Hands & Feet14:01
D1El Morocco5:05
D2Transcendence5:13
D3Savor/Toussaint L'Overture12:56








The Smiths - Strangeways, Here We Come



THE SMITHS - STRANGEWAYS, HERE WE COME (1987)
Rhino Records - ROUGH106  Reissue  180 Gr LP (2009)



En 1987, les Smiths sont au sommet de leur gloire. Encensés par la presse, bénéficiant d’un succès public enthousiaste, ils sont largement reconnus comme l’un des groupes anglais les plus importants de leur époque. Pourtant, derrière cette façade riante, le combo est en pleine déliquescence. En effet, les deux leaders incontestés, Morrissey et Johnny Marr, victimes de leur succès et de leur orgueil, commencent à se haïr irrémédiablement. De plus, le bassiste Andy Rourke, pris dans une addiction à l’héroïne, est l’objet de la vindicte de ses camarades, tandis que le batteur Mike Joyce reste muet, comme à son habitude. Les relations entre le chanteur et le guitariste s’enveniment à un point tel que ce dernier préfère quitter le groupe, immédiatement après la fin des séances du nouvel album. Morrissey tente désespérément de trouver un remplaçant de Marr, mais ce dernier est si profondément impliqué dans la direction artistique du groupe que tous les essais se révèlent inutiles. Ce qui restait des Smiths se trouve alors devant le fait accompli : l’aventure est finie. Lorsque paraît Strangeways, Here We Come, en septembre 1987, le groupe n’existe déjà plus. 


L’album posthume des Smiths est ouvertement considéré par les membres de la formation comme leur meilleur. Ce qui est certain, c’est qu’il marque une nouvelle évolution dans la progression artistique du groupe : on est déjà bien loin du premier album, tout en étant clairement dans sa continuité. Contrairement aux œuvres précédentes, Strangeways, Here We Come est un disque discret, sans prétention. En effet, on ne retrouve aucun des tubes qui ont fait la célébrité des Smiths en son sein ; les titres sont obscurs, voire méconnus, ce qui est dommage. Oui, car il faut le dire : le quatrième opus du quatuor de Manchester est délicieux à tout point de vue, ce qui ne l’exempte pas d’un certain nombre de faiblesses. Le travail sur les textures musicales, notamment les guitares, est comme de coutume superbement réalisé, le talent de Johnny Marr n’étant plus à démontrer. Les ambiances sont ciselées, autant voire plus que sur The Queen Is Dead, qui est déjà un modèle en ce domaine. Les arrangements sont inventifs et même brillants, avec une place accrue des claviers, tressant un canevas d’une rare richesse. 


Malgré la présence des synthétiseurs, Strangeways, Here We Come est l’album des Smiths qui vieillit peut-être le mieux, comme certains esprits éclairés l’ont justement fait remarquer. L’œuvre s’éloigne sensiblement des sonorités eighties qui stigmatisent les premiers disques du groupe, préférant un son onirique, rêveur, intemporel. Néanmoins, à cause de quelques chansons indéniablement faibles, de mélodies parfois peu inspirées et de structures hasardeuses, l’opus ne peut malheureusement rivaliser avec The Queen Is Dead. Il faut prendre ce disque pour ce qu’il est : une œuvre de transition. Il est certain que les Smiths auraient continué sur cette voie, mais le destin en a voulu autrement. A l’instar de In Through the Out Door ou de Who Are You, Strangeways, Here We Come est un chant du cygne déconcertant, car inattendu.


L’amateur éclairé trouvera néanmoins dans cet album de quoi le contenter, et même de quoi lui susciter quelques frissons. La voix de Morrissey est à son zénith, Johnny Marr est flamboyant tout en restant humble, la section rythmique est irréprochable, l’ensemble formant l’un des meilleurs groupes anglais des années 80. Aujourd’hui, devant cette carrière météorique, qui n’a duré que cinq ans, on ne peut que regretter la cruelle disparition des Smiths, en conjecturant sur ce qu’aurait pu devenir le groupe s’il avait continué sa voie. Peut-être est-ce mieux ainsi ? Nul ne saura jamais. Reste quatre albums, comme autant de manifestes d’un talent, ou plutôt d’un génie qui ne se rencontre que peu souvent.

(Ullysangus).




TRACKLIST :

A1A Rush And A Push And The Land Is Ours2:59
A2I Started Something I Couldn't Finish3:46
A3Death Of A Disco Dancer5:24
A4Girlfriend In A Coma2:02
A5Stop Me If You Think You've Heard This One Before3:31
B1Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me5:04
B2Unhappy Birthday2:43
B3Paint A Vulgar Picture5:33
B4Death At One's Elbow1:59
B5I Won't Share You2:45







samedi 11 mai 2013

Siouxsie & The Banshees - Kaleidoscope




SIOUXSIE AND THE BANSHEES - KALEIDOSCOPE (1980)
Polydor - 2442 - 177 - UK pressing.


Le groupe Siouxsie And The Banshees a exercé une influence considérable sur la musique de ces 25 dernières années. Pour s'en rendre compte, on peut rappeler en préambule les quatre artistes de premier plan qui ont fait des covers de leurs chansons, et aussi les deux grandes pointures anglaises très connues qui ont collaboré avec eux...


Massive Attack a samplé en 1997 la musique de "Metal Poscard" du classique The Scream, pour le cd de The Jackal Movie Soundtrack. Les Massive avaient rebaptisé pour l'occasion leur version "Super Predators (Metal Poscard)". 
Tricky, a quant à lui repris en 1996, sur son cd Nearly God, le fameux "Tattoo", sorte de manifeste trip-hop que les Banshees avaient enregistré en 1983 avec déja tous les ingrédients du genre (voix susurrée, basse ronronnante et sons de batterie cotonneux). On peut entendre la version originale de "Tattoo" sur le coffret Downside Up.
Jeff Buckley a pour sa part interprété plusieurs fois sur scène "Killing Time" (une lovesong que Siouxsie a composée et chantée sur l'album Boomerang de son deuxième groupe The Creatures). Les fans de J. Buckley connaissent bien cette cover puisqu'elle est disponible sur plusieurs bootlegs du fils de Tim.
Plus récemment, les membres de The Beta Band ont fait eux aussi un clin d'oeil au groupe sur le titre "Liquid Bird" de leur cd Heroes To
Zeros
. Pour cela, ils ont carrément samplé un passage de "Painted Bird" (extrait de l'album et du dvd live Nocturne).


Autre fait important, les deux chanteurs anglais les plus importants des eighties ont travaillé avec Siouxsie.
Morrissey a ainsi enregistré un duo avec elle en 1994, le single "Interlude". 
L'ex-chanteur des Smiths est incontestablement le fan le plus connu que le groupe ait jamais eu. Quoique, certains ne le savent peut être pas mais...
Robert Smith de The Cure a été un membre à part entière de Siouxsie And The Banshees entre 1982 et 1984. On peut d'ailleurs le voir jouer de la guitare sur le dvd live Nocturne, et l'entendre sur l'album Hyaena.


C'est par ce genre de détails que l'on mesure l'importance d'un groupe et son aura dans l'histoire de la musique car, en effet, peu d'artistes ont été autant reconnus par leurs pairs que Siouxsie & The Banshees.
L'album Kaleidoscope, publié en 1980, est vraiment magnifique. Il est éclectique et comme tout chef d'oeuvre digne de ce nom, il est précurseur de nouveaux styles musicaux. "Red Light" fait par exemple penser à ce que DM et Massive Attack feront plus tard dans les années 90. "Clockface" et "Paradise Place" sonnent comme du 'Breeders / Pixies' et "Desert Kisses" est tout simplement une ballade à couper le souffle...

Kaleidoscope est de la trempe du Broken English de Marianne Faithfull et du Idiot d'Iggy Pop : pop-rock dans sa structure et audacieux dans sa forme. C'est vraiment un must à (re)découvrir. 
D'ailleurs, pour l'anecdote, Robert Smith l'avait placé dans ses cinq disques préférés quand il était venu parler à Alain Chabat sur Canal +, un soir de décembre en 1985...

(Merci a Franck pour sa chronique.)


TRACKLIST :
A1     Happy House                  
A2      Tenant                               
A3      Trophy                               
A4      Hybrid                
A5      Clockface                          
A6      Lunar Camel                    
B1      Christine                           
B2      Desert Kisses                  
B3      Red Light                          
B4      Paradise Place                
B5      Skin




mardi 7 mai 2013

Ramones - Leave Home



RAMONES - LEAVE HOME (1977)
SIR 56646 - 180 GRAM REISSUE


Un an après leur premier album éponyme en 1976, tout le monde attendait les Ramones au tournant pour savoir si le groupe n'était qu'un pétard mouillé ou une véritable machine de guerre. C'est "Leave Home" qui la dure tâche de succéder à "Ramones" en 1977. Autant vous le dire tout de suite, ce deuxième album ne fera que transformer l'essai de la première offrande du quatuor new-yorkais. Joey, Dee Dee, Johnny et Tommy sont donc de retour et en grande forme !

Dès l'opener "Glad To See You Go", il apparaît clair que les Ramonespartent là ou le premier album s'était arrêté. Et pour cause, lors de sa signature sur Sire Records, le groupe avait composé environ 30 morceaux et s'est décidé à les intégrer dans l'ordre de leur création sur ses albums à venir. A partir de là, on sent bien que l'évolution des Ramones est réelle et cohérente. Le style est toujours rentre dedans mais devient beaucoup plus fluide, beaucoup plus structuré. L'impact de "Leave Home" est donc énorme. Ici encore, l'apport de composition de Dee Dee Ramone y est pour beaucoup. L'homme est en plein période d'inspiration (et de paradis artificiel) et s'en donne à cœur-joie dans un solide rock n' roll accrocheur ("Suzy Is a Headbanger", "Gimme Gimme Shock Treatment", "Commando", "Pinhead", "Swallow My Pride" …). Le groupe maîtrise parfaitement son sujet même si quelques tensions internes pointent le bout de leur nez (dès le départ Johnny et Joey n'ont jamais pu tellement se blairer, et ça ne va pas s'arranger pour la suite…) mais le batteur Tommy garde la tête sur les épaules et reste toujours le vecteur de cohésion du groupe.

D'un côté plus musical, on sent que le quatuor est à l'aise dans son punk rock qui devient plus mélodique et beaucoup plus structuré dans ses approches ("Oh Oh I Love Her So", "I Remember You", "You're Gonna Kill That Girl"…). Les Ramones se permettront même une excellente reprise de "California Sun" des Rivieras avec une touche de surf music du plus bel effet. Mais loin de mettre de l'eau dans son vin, la formation garde toujours sa ligne directrice rentre dedans avec des titres ne dépassant jamais les 3 minutes. C'est redoutable d'efficacité, c'est condensé, accrocheur…c'est du bon rock n' roll, quoi !

En définitive, "Leave Home" est l'album de la parfaite transition entre le brutal "Ramone" et le légendaire "Rocket To Russia". Les Ramonesviennent encore une fois de gravir un échelon dans leur rapide ascension du rock n' roll et poser les jalons punk rock énergiques teintés de pop de ce qui va faire sa gloire dans l'avenir. Les Ramones ont toutes les cartes en main pour exploser aux oreilles du monde entier, et les bougres ne vont pas s'en priver ! Mais ça, ce sera pour le prochain album… (Mr Zède).


TRACKLIST:

A1Glad To See You Go2:10
A2Gimme Gimme Shock Treatment1:38
A3I Remember You2:15
A4Oh Oh I Love Her So1:56
A5Sheena Is A Punk Rocker2:45
A6Suzy Is A Headbanger2:08
A7Pinhead2:42
B1Now I Wanna Be A Good Boy2:10
B2Swallow My Pride2:03
B3What's Your Game2:33
B4California Sun1:58
B5Commando1:50
B6You're Gonna Kill That Girl2:36
B7You Should Never Have Opened That Door1:54





Ramones - Rocket To Russia



RAMONES - ROCKET TO RUSSIA (1977)
Sire - 8122 79766 8 - Reissue LP 180 Gram


Novembre 1977. Moins d'un an après la sortie de "Leave Home" qui montrait une certaine évolution chez les Ramones, voici que s'échoue dans les bacs, la masterpiece du groupe "Rocket To Russia" qui va enfoncer le clou quant à la mainmise du quatuor du Queens sur le punk rock ricain et qui va définitivement plomber toute la concurrence du moment. A cette époque, les Ramones sont les rois et sont touchés par la grâce…

En effet, "Rocket To Russia" est l'archétype de l'album qui, plus de 30 ans après sa sortie possède encore une aura particulière qui n'a pas pris une ride, celle des grands groupes. Utilisant encore une fois la bonne vieille recette du punk rock à 3 accords et des morceaux de dépassant pas les 2 minutes 30, les Ramones vont nous gratifier d'hymnes rock n' roll qui aujourd'hui encore, résonnent dans toutes les oreilles ("Teenage Lobotomy", "Cretin Hop", "Sheena Is A Punk Rocker", "We're A Happy Familly"…). Encore une fois, le talent de composition de Dee Dee, qui se pose de plus en plus comme l'âme du groupe, fait mouche à tous les coups ("All Good Cretins Go To Heaven", "Sheena Is A Punk Rocker"). L'homme n'a pas son pareil pour nous sortir des riffs entraînants et des mélodies accrocheuses au possible ("Rockaway Beach", "Locket love", "Here Today, Gone Tomorrow"…). Bref, les Ramones réussissent encore une fois à s'imposer dans le milieu punk rock en évoluant tranquillement dans la fluidité et dans les approches artistiques des morceaux et ce, sans jamais renier le côté agressif et efficace qui a toujours fait leur force.

"Rocket To Russia" propulse donc les new-yorkais à l'avant-garde du punk rock et concurrence ainsi les Sex Pistols qui cartonnent outre-manche et en Europe avec le terrible "Nevermind The Bollocks". L'année 1977 s'impose donc comme l'année du rock n' roll crasseux et efficace. Les loosers du Queens sont donc parvenus en l'espace de quelques années à imposer leur style et devenir le symbole contestataire de toute une génération. Ainsi, les textes de "Rocket To Russia" sont acérés, sarcastiques à souhait et s'enfoncent dans l'esprit des kids qui s'y retrouvent parfaitement ("We're A Happy Familly", "I Can't Give You Anything", "I Don't Care"…). Loin des clichés du rock grandiloquents, lesRamones vont droit au but, à l'essence même du rock n' roll et emportent avec eux une énorme adhésion. La face du rock est entrain de changer outre-atlantique !

Ce troisième album clôture la sainte trinité des premières années desRamones - avec le premier disque éponyme et "Leave Home" - si chères à tous les fans de punk rock qui se respectent. Maintenant une chose est sûre, le quatuor a mis un pied dans le succès et devient le porte drapeau de toute une génération. Suite à cet album, le batteur Tommy sera mis à la porte et les problèmes intrinsèques vont alors commencer à pointer sérieusement le bout de leurs nez entre Johnny, Joey et Dee Dee du fait de la perte de la voix de la raison du quatuor…et ça va durer très loooooongtemps ! (Merci a M. Zède.)


TRACKLIST :

A1Cretin Hop1:55
A2Rockaway Beach2:06
A3Here Today, Gone Tommorrow2:47
A4Locket Love2:09
A5I Don't Care1:38
A6Sheena Is A Punk Rocker2:49
A7We're A Happy Family2:47
B1Teenage Lobotomy2:00
B2Do You Wanna Dance?1:52
B3I Wanna Be Well2:28
B4I Can't Give You Anything1:57
B5Ramona2:35
B6Surfin' Bird2:37
B7Why Is It Always This Way?2:32





dimanche 5 mai 2013

Ramones - Road To Ruin



RAMONES - ROAD TO RUIN (1978)
Sire Records 8122 79766 6 - 180 Gram Re-edit


1978. Exit le batteur Tommy Ramone qui cède sa place à un certain Marc Bell (Voivoid) qui prend aussitôt le surnom de Marky Ramone. Après 3 albums hors norme qui posèrent les bases du punk rock ricain, lesRamones se rendent compte, en observant leurs homologues anglais que sont les Sex Pistols, que leur rock n' roll primaire est encore loin de toucher le grand public. C'est pouquoi "Road To Ruin" va entamer une lente évolution vers un punk rock de plus en plus teinté de pop et de mélodies sans pour autant perdre ses véritables racines...

En effet, dès l'opener "I Just Want to Have Something To Do" on sent ici qu'on a à faire avec une nouvelle facette des Ramones un peu plus posée et plus mélodique puisque le groupe nous gratifiera d'un gros punk rock délicatement mâtiné de pop du plus bel acabit ("Don't Come Close", "Questioningly", "I'm Against It"). Même si le style n'est pas radicalement changé, il faut avouer que la dimension des compositions est toute autre. On sent que le quatuor du Queens cherche à évoluer et à se renouveler, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il le fait bien ("Go Mental", "Bad Brain").

Cependant, il ne fait pas croire que les Ramones se soient assagis. Non bien au contraire, nous aurons droit à quelques morceaux d'une efficacité redoutable dans la plus pure tradition avec "I Don't Want You", "I Wanted Everything" ou le terrible "I Wanna Be Sedated". Une sorte de rupture tranquille, quoi...

A la production, Tommy Ramone fait des merveilles. En plus de très bien connaître le groupe et sa nouvelle direction artistique qu'il a souvent porté à bout de bras, l'homme va s'attacher à parfaitement retranscrire l'énergie live des Ramones sur galette et ainsi de capter cette ambiance propre au groupe. Loin de la production édulcorée de Phil Spector qu'on retrouvera sur "End Of The Century", Tommy Ramone se concentre sur le côté acéré du groupe. Et ça marche très bien ! ("I Wanna Be Sedated", "I Just Want to Have Something To Do").

Mais celui qui tire le plus son épingle du jeu, c'est ce bon vieux Joey qui se pose encore une fois comme un excellent chanteur punk rock et n'hésite pas de s'aventurer hors des sentiers battus pour nous offrir un vibrant "Needle And Pins" en acoustique, qui dévoile un côté mélodico-torturéesceptionnel.

Malgré d'excellentes compositions et toujours cette superbe énergie, les die hard fans du groupe bouderont quelque peu cet album, reprochant aux "frangins" de mettre de l'eau dans leur vin. Rien n'est moins faux, car le groupe s'attèle juste à évoluer dans sa musique sans pour autant se fourvoyer dans les bas fonds du commercial et de la facilité. "Road To Ruin" démontre la capacité d'adaptation des Ramones dans le petit monde du rock n' roll.
Cependant, le torchon brûle entre les membres du groupes qui ne s'adressent quasiment plus la parole (Joey et Johnny ne se sont jamais aimés et la situation empire, Dee Dee s'enfonce dans la drogue et Markyest un habitué de la bouteille...). Le départ de Tommy est aussi celui de la cohésion du groupe... (Merci A M. Zéde).


TRACKLIST :

A1I Just Want To Have Something To Do
A2I Wanted Everything
A3Don't Come Close
A4I Don't Want You
A5Needles And Pins
A6I'm Against It
B1I Wanna Be Sedated
B2Go Mental
B3Questioningly
B4She's The One
B5Bad Brain
B6It's A Long Way Back