vendredi 18 juillet 2014

Asylum Party - Mère




ASYLUM PARTY - MERE (1990)
Lively Art ‎- ARTY 28 - (France)

J'ai toujours trouvé qu'il y avait une étrange beauté intrinsèque dans la sobriété de ce titre...'Mère'...Un mot à la fois poli, distant et extrêmement chaleureux, empli de respect et d'affection...Un peu comme cette couverture montrant une mygale veillant sur des photos d'enfance aux teintes sépia; recul d'effroi ou sentiment de sécurité, qui tranchera ? Plus encore que sur 'Borderline', Asylum Party démontre le charme trouble de son talent en signant une collection de titres aux ambiances 'noir grenier', des mélodies sombres mais cosy. Hiver, oui, mais la nuit car réduire la musique du groupe à l'étiquette de 'froide' ne lui rendrait pas justice. Les musiciens ont ce talent pour dégotter des mélodies séduisantes, presque pop, dont ils travaillent ensuite les atmosphères avec soin. 'Pure joy in my heart' avec basse et guitare appuyées se teinte de mélancolie grâce à une simple ligne de clavier, 'It's over' affiche un dédain maussade qui se nuance vite de tristesse sincère, une tristesse non travestie dans le brumeux et nostalgique 'Un sang d'hier', sans oublier 'Le temps des serpents' qui flirte carrément avec le rock gothique de par ses accords inquiétants. Voilà l'univers de Asylum Party qui ne renie pas un certain goût de la pop (comme en témoigne la reprise des Beatles fournie en bonus) mais a trop de poison à éjecter pour s'en contenter. Tels des ébénistes, ses membres aiment à polir les reflets noirs de leur sculptures sonores car l'objet est aussi important que l'intention. 'Mère', un mot aussi simple que mystérieux, aussi beau qu'il peut être laid...Un album magnifique et intense mais le dernier hélas. (Twilight).


TRACKLIST:

A1Pure Joy In My Heart3:41
A2Sur La Route3:00
A3It's Over4:03
A4Mother5:00
A5Pas Très Loin5:09
B1Someone Else4:52
B2Un Sang D'Hier3:55
B3Madhouse Grass2:59
B4Euphoria1:16
B5Le Temps Des Serpents3:54
B6Inner World Is Up4:58





The Chameleons - Strange Times




THE CHAMELEONS - STRANGE TIMES (1986)
Geffen Records - 924 119-1 - (Germany)

The Chameleons est l'un des groupes de post-punk les plus importants et les plus influents.

Strange Times est leur troisième album, il clôt leur première période, car ils se séparent peu après, en 1987, pour se reformer brièvement au début des années 2000 (comme beaucoup de groupes de cette époque).

Contrairement à la plupart des groupes de cette époque et de ce style, The Chameleons accordaient beaucoup de place aux guitares – il y avait d'ailleurs deux fines lames jouant de cet instrument, rivalisant de créativité et d'audace –, et moins à la basse, jouée par le chanteur, et la batterie avait un son assez lourd, ample et puissant. On connaît le talent de ce groupe pour les compositions à la fois énergiques et mélodiques, puisant dans le double héritage du punk et de la pop, et contribuant à inventer un genre nouveau. The Chameleons a acquis un statut culte : ce n'est pas un hasard s'il existe au moins 19 lives et compilations de ce groupe (et 7 lives en vidéo), sans compter les bootlegs...

Strange Times, dont la pochette me semble représenter un détail d'une toile de Salvador Dali, ne déroge pas à la règle. Il est sous-estimé, beaucoup de gens ne retenant que le premier album, et est pourtant d'un excellent niveau, et très varié. Parmi les pièces de choix, mentionnons "Mad Jack", "Soul In Isolation" (qui sera repris par Faith And The Muse une quinzaine d'années plus tard), "Swamp Thing" (la Créature des Marais), référence au fameux comic book, et "Time/The End Of Time". Mais le chef-d'œuvre de cet album est sans conteste "Tears", fragile petit bijou de grâce mélancolique, avec des guitares acoustiques cristallines (j'aime décidément beaucoup ce mot, mais plus encore la sensation qui lui correspond) et une électrique plaintive. L'album vaut son acquisition rien que pour ce morceau. En réalité, aucun titre n'est faible, même "Seriocity" qui utilise pourtant une boîte à rythmes (très cheap) et un synthé (même remarque), à part peut-être l'instrumental "I'll remember".

Un très grand album des années 80, à une époque où pourtant ceux-ci foisonnaient.




TRACKLIST:


A1Mad Jack3:55
A2Caution7:46
A3Tears (Original Arrangement)5:05
A4Soul In Isolation7:28
A+1Swamp Thing5:56
A+2Time / The End Of Time5:41
A+3Seriocity3:00
A+4In Answer4:54
A+5Childhood4:39
A+6I'll Remember3:39






mardi 15 juillet 2014

Yazoo - Upstairs At Eric's




YAZOO - UPSTAIRS AT ERIC'S (1982)
Mute ‎– STUMM 7 - (United Kingdom)

Vince Clark ou l'art de filer d'un projet à l'autre (il lui faudra attendre Erasure pour rester plus de deux ans dans un même groupe)...Ayant participé à la fondation et au premier album de Depeche Mode, le jeune homme les quitte aussitôt pour lancer une nouvelle idée avec une jeune punkette croisée dans un pub qui l'a impressionné par sa voix soul. Yazoo naît officiellement en 1982 pour splitter un an et demi et deux disques plus tard...Le premier, de loin le plus intéressant, fera un carton; qui, en effet, n'a pas dansé sur les rythmes de 'Don't go' ? Le duo oeuvre dans une pop qui repose sur le contraste entre le timbre chaud mais puissant de Alison Moyet et la musique froide, synthétique, composée à base de claviers et de programmation. Il y a bien sûr le cultissime 'Don't go', dansant en diable, mais avec un beat sec, tranchant, presque agressif (il m'est déjà arrivé de fantasmer sur une reprise de ce titre par le Nitzer Ebb des débuts), ses sonorités dépouillés, glacées...Dans le même esprit, 'Goodbye 70's' qui aurait pu être écrit pour Depeche Mode, sauf qu'il est hanté par le chant si particulier, presque masculin, de la jeune femme. Viennent ensuite quelques pièces plus lentes comme l'excellent 'Tuesday' mélancolique, gris, à l'image de la pochette, une forme de mal-être urbain sur fond synthétique, 'Winter kills' plus froid encore...Le parallèle avec Depeche Mode est flagrant, on aurait pu imaginer Martin Gore la chanter, sauf que cette gravité, Martin et sa bande ne l'ont pas encore développée (eux qui ne sont encore considérés que comme une formation pour les filles) et que malgré tout son talent, ce dernier n'a pas la flamme de Alison dans la voix. Parmi les moments forts, il convient de citer 'In my room' débutant par une voix masculine récitant d'une voix monocorde, presque robotique, une partie du 'Notre Père' tandis que le chant féminin s'installe et qu'un beat sec, martelant, haché, se met en place, ainsi que 'I before E except after C' composé d'un collage de bribes de conversation, de rires, d'étranges notes de clavier...Un peu à l'image de Soft Cell, Yazoo parvient à exprimer au travers de sa musique le sentiment de solitude, d'isolement, l'incapacité à communiquer d'une foule de destins brisés égarés dans une jungle urbaine où ils ne se sentent ni étrangers ni indigènes. Si ce premier essai ne connaît pas de véritable raté, une poignée de chansons se révèlent moins indispensables parmi lesquelles je retiendrais 'Bad connection' dont la base est de par trop piquée à 'Just can't get enough' de Depeche Mode, et 'Bring your love down on it', parfait (un peu trop) pour danser mais moins glacial que 'Don't go' par exemple, même si une fois encore Alison amène un plus non négligeable. Comme bien des groupes classés pop, Yazoo a été réduit à une étiquette 'variété' injustifiée, du moins sur ce 'Upstairs at Eric's'...
(
gutsofdarkness).


TRACKLIST:


A1Don't Go3:08
A2Too Pieces3:14
A3Bad Connection3:20
A4I Before E Except After C4:36
A5Midnight4:22
A6In My Room3:52
B1Only You3:14
B2Goodbye 70's2:35
B3Tuesday3:22
B4Winter Kills4:06
B5Bring Your Love Down (Didn't I)4:40







Red Hot Chili Peppers - Blood Sugar Sex Magik




RED HOT CHILI PEPPERS - BLOOD SUGAR SEX MAGIK (1991)
Warner Bros. Records ‎- 7599-26681-1 - (United Kingdom & Europe)


« Blood Sugar Sex Magik » fut écrit dans un célèbre manoir de Californie dont l'ancien propriétaire fût Rudolf Valentino. Un manoir hanté d'après John Frusciante, mais de légendes puisque Jimi Hendrix et les Beatles y ont habité. Mis en boite par la dream team US de l’époque à savoir l’énergique Rick Robin associé pour l’occasion à Brendan O’Brian le producteur rock des années 90 (le son Seattle, c’est lui !), cet album est dédié à Mike Watt d’où une certaine mélancolie sur les morceaux plus lents dont le cultissisme « Under The Bridge » demeure un fabuleux témoignage.

Le premier single « Give It Away », très représentatif du style des Red Hot de l’époque à savoir un groupe funky sévèrement burné, lance cette galette à l’assaut des charts mondiaux. D’entré de jeu on est pris à la gorge par un « Power of Equality », original, inspiré à la mélodie imparable et au groove transcendant. Cette dynamique ne nous quittera pas car il y a que du très beau matériel sur ce disque à côté des deux tubes mondiaux cités plus hauts on se doit de citer les moins connus mais tout aussi jouissif « If You Have To Ask » qui semble issu tout droit d’une jam improbable (et pour cause !) entre Prince et Hendrix, les jolies ballades dont « Breaking the Girl » avec son riff typiquement Led Zeppelinien (« The Battle of Evermore » pour être précis) ou le crépusculaire « I Could Have Lied » (avec ses guitares abrasives me renvoyant immanquablement au Neil Young des seventies), des morceaux compléments déjantés tel « Funcky Monks », des hymnes rocks tel l’immédiat « Suck My Kiss », le plus middle tempo « The Righteous & The Wicked » ou le psychédélique et éponyme « Blood Sugar Sex Magik ». Bref, ce disque est un condensé de classiques et est, chose rare, peut-être la plus grande réussite artistique et commerciale des californiens.

Suite aux succès rencontré par « Blood Sugar Sex Magik » le groupe s’embarquera pour une gigantesque tournée mondiale. Cette dernière installera durablement les Peppers aux sommets de la hiérarchie rock mais laissera le groupe exsangue ainsi le 7 mai 1992, en pleine tournée japonaise, John Frusciante, épuisé et n'arrivant pas à faire face au succès, quitte le groupe. Mais ça c’est une autre histoire…. (Momo Metal Nightfall).


TRACKLIST:


A1The Power Of Equality4:00
A2If You Have To Ask4:11
A3Breaking The Girl5:03
A4Funky Monks5:22
A5Suck My Kiss3:35
B1I Could Have Lied4:10
B2Mellowship Slinky In B Major4:00
B3The Righteous & The Wicked4:05
B4Give It Away4:45
C1Blood Sugar Sex Magik4:31
C2Under The Bridge4:34
C3Naked In The Rain4:30
C4Apache Rose Peacock4:43
D1The Greeting Song3:14
D2My Lovely Man4:45
D3Sir Psycho Sexy8:24
D4They're Red Hot1:44





Placebo - Placebo





PLACEBO - PLACEBO (1996)
Elevator Music Ltd. ‎- LPFLOORY2 - (United Kingdom)
Il y a dix huit ans, ce premier Placebo déboulait dans nos oreilles pour changer la donne de la pop-rock. On était encore en pleine guégerre Oasis-Blur, les premiers cités ayant pris une certaine longueur d'avance avec le génial (What's The Story) Morning Glory, et l'horizon semblait bouché par ces deux mastodontes à côté desquels vivotaient tant bien que mal des challengers tels que Pulp ou Kula Shaker. Puis un beau jour débarqua ce groupe insolent au leader androgyne inimitable et à la musique aussi directe qu'émotionnellement chargée. Et la concurrence alla pleurer…

Rien que la pochette de ce premier album suffirait à générer un culte (c'est d'ailleurs le cas). Cette image dérangeante et familière, touchante et effrayante à la fois incarne on ne peut mieux l'univers personnel de Placebo à ce moment de sa carrière. Placebo attaque en effet son album et son auditeur par une agression, le martèlement de batterie puis le riff saccadé de "Come Home". Très direct, très précis, très "pan dans ta face"… Et juste après arrive ce développement ultra mélodique sur lequel la voix quasi-féminine du père Molko vient nous cueillir sans prévenir. Tout est dit, et pourtant tout ne fait que commencer. Le chant de Molko n'est pas encore aussi maîtrisé que sur les albums suivants mais il prend déjà aux tripes tant il est inhabituel : haut-perché, lyrique en diable, rageur… Combien de personnes n'ont pu croire à la première écoute qu'il s'agissait bien d'un homme derrière le micro ? Molko joue de plus énormément sur son ambiguïté sexuelle à cette époque et apparaît systématiquement maquillé voire habillé en femme dans les photos presse, ce qui associé aux excès en tout genre du chanteur condamnera le groupe à un classement d'office dans le glam. Mais si l'imagerie glam est bien présente, la musique n'a pourtant rien à voir avec du Poison.

Placebo pratique sur son premier album une pop-rock au spectre très large, qui ondule entre ambiance calme et morceaux diablement énergiques. Le déjà mentionné "Come Home", "36 Degrees", "Bruise Pristine" et "Nancy Boy" : voilà des compos qui sont bien plus heavy que les standards habituels de la pop. Le jeu de guitare de Molko -inspiré par Sonic Youth- sait en effet se faire très incisif, et le mur sonore de "Nancy Boy" couplé à un mid-tempo très lourd laissent des traces. "Bruise Pristine" remporte la palme du morceau le plus méchant, l'alternance riff/mélodie du couplet mettant merveilleusement en valeur la montée bien bœuf du refrain. On est loin du métal, mais on est également très loin de la pop gentillette de Coldplay ou R.E.M.. Les lignes de chant sont également particulièrement alambiquées, allant chercher des mélodies imprévues et apportant une dimension supplémentaire aux morceaux. La section rythmique est de plus totalement béton: Stefan Olsdal est un des meilleurs bassistes de la scène, et l'éphémère Robert Schultzberg est un batteur technique au jeu très sec, moins brouillon (mais aussi moins énergique) que son successeur Steve Hewitt. Autant dire que ça joue sérieusement.

L'autre facette de cet album, ce sont les compos calmes qui reposent l'auditeur entre chaque déferlante d'énergie. On retiendra "I Know", ballade semi-acoustique de toute beauté dans laquelle Molko brille de mille feux au chant : sa montée vertigineuse lors du refrain reste encore aujourd'hui un morceau de bravoure ! Les percussions comme le son de didjeridoo en fond lors des couplets rendent cette chanson extrêmement douce et réussie. "Hang On To Your IQ" est une compo de pure pop mélodique et on trouve en "Bionic" et "Lady Of The Flowers" des compos répétitives et hypnotiques réellement typiques de Placebo. On appréciera leur côté contemplatif ou on s'ennuiera ferme selon sa sensibilité… L'album se clôt sur deux instrumentaux très réussis: "Swallow", son côté tribal et mélodique ainsi que sa voix enregistrée, et un morceau caché très joli en majeur bâti autour d'un piano inspiré et qui exprime un profond bien-être. Le contraste entre ce "générique de fin" tout happy et les thèmes abordés dans l'album, qui tournent autour du mal-être, de l'angoisse, du rejet et de la névrose est saisissant, et la musique elle-même est extrêmement apaisante.


Placebo n'a pas créé un tel buzz pour rien. Ce premier album est considéré par beaucoup comme leur meilleur encore aujourd'hui et il renferme un nombre impressionnant de qualités. Le son, l'énergie, le côté torturé et la sincérité évidente de la démarche ont su toucher un public qui a rapidement érigé le groupe en référence. Bouffés un temps par l'image envahissante de leur leader accro à la décadence médiatique (mais qui s'est bien calmé depuis), les Placebo ont souvent été réduits au statut de groupe à sensation qui choque aux dépends de leur musique. C'était une erreur, car ce premier album reste aujourd'hui une petite perle dans son genre. A posséder impérativement. (Les éternels).



TRACKLIST:


A1Come Home5:09
A2Teenage Angst2:42
A3Bionic5:00
A436 Degrees3:05
A5Hang On To Your IQ5:13
B1Nancy Boy3:48
B2I Know4:44
B3Bruise Pristine3:35
B4Lady Of The Flowers4:47
B5Swallow22:24










lundi 14 juillet 2014

Manic Street Preachers - Futurology




MANIC STREET PREACHERS - FUTUROLOGY (2014)
Columbia ‎- 88843049621 - (Europe)

Il y a moins d'un an de cela, les Manic Street Preachers sortaient Rewind The Film, un des albums les plus faibles de leur discographie. Ils avaient déclaré à cette époque qu'ils avaient enregistré suffisamment de contenu pour un second disque et que celui-ci sortirait au printemps 2014. C'est finalement en juillet que Futurology verra le jour. Ce petit contretemps n'est finalement pas le plus important à notre égard. L'interrogation porte bien entendu sur le contenu du disque. Rewind The Film n'étant pas brillant, qu'en allait-il être de son successeur enregistré, de surcroit, au même moment ?

Première réaction à l'entame de l'album, c'est le retour des guitares électriques. Elles qui avaient disparu de l'opus précédent sont bien plus présentes ici. Elles trouvent leur place dans un univers plus électronique qu'à l'accoutumée. La chanson d'ouverture, Futurology, en est d'ailleurs une parfaite illustration. Cette orientation du moment s'avère par ailleurs très connotée années 80s. Sans pleinement retrouver les gars de Cardiff, on se sent un peu soulagé à l'écoute de cette entame. Pourtant dès la seconde plage, Walk Me To The Bridge à la construction particulièrement bancale, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce que cherche le trio avec notamment ce refrain ringard qui nous replonge dans les très mauvais moments des eighties. Il reste toutefois onze chansons avant de pouvoir parler de second naufrage.

Cet album s'apparente d'ailleurs à une forme de montagnes russes, passant du peu inspiré au très bon. Si l'on ne devait parler que du bon, on s'attarderait sur The Next Jet To Leave Moscow, qui constitue un des moments les plus intéressants du disque. Lorgnant vers les Simple Minds période Life In A Day, les Manic Street Preachers affichent enfin sur cette chanson une certaine finesse et nous font découvrir un réel virage musical séduisant. Europa Geht Durch Mich, plus rugueux, mais toujours connecté à la bande de Glasgow précitée, s'avère un single efficace et accrocheur. Mais l'hommage le plus vibrant que le trio gallois rendra à la bande à Jim Kerr sur ce disque, c'est bien Dreaming A City (Hugueskova) où le fantôme de Theme For Great Cities est omniprésent.

Comme sur leurs efforts précédents, les gallois ont enregistrés quelques chansons avec des invités. Cette fois-ci ce sont un ex-Scritti Politti, un Super Furry Animals, ainsi que Nina Hoss et Georgia Ruth qui s'y collent. Tout ce beau monde apporte sa contribution avec plus ou moins de réussite, la palme revenant à Nina Hoss pour sa partie vocale dans Europa Geht Durch Mich. L'album se termine avec deux compositions plutôt de haute tenue. Tout d'abord le délicat The View From Stow Hill, suivi du redoutable Mayakovski, quasi-instrumental, qui voit tout de même le groupe tirer un peu sur la corde dans un style guitar hero mais s'apparente à une forme de renaissance pour les gallois.

En définitive, on peut se demander si les Manic Street Preachers n'auraient pas dû sortir un seul album, plutôt que deux disques à dix mois d'intervalle. En gardant les deux ou trois chansons réussies de Rewind The Film et en les intégrant à la place de deux ou trois titres plutôt ratés de Futurology, le groupe aurait pu constituer un bon album, et non pas à la place un disque faible et un autre moyen même si bien meilleur que son prédécesseur. On se consolera probablement avec l'édition limitée du disque, luxueuse comme à son habitude, même si celle-ci ne nous empêchera pas d'avoir d'inévitables regrets. (E. Stranidica).




TRACKLIST:
A-IFuturology
A-IIWalk Me To The Bridge
A-IIILet's Go To War
A-IVThe Next Jet To Leave Moscow
A-VEuropa Geht Durch Mich
A-VIDivine Youth
A-VIISex, Power, Love And Money
B-VIIIDreaming A City (Hughesovka)
B-IXBlack Square
B-XBetween The Clock And The Bed
B-XIMisguided Missile
B-XIIThe View From Stow Hill
B-XIIIMayakovsky