vendredi 9 janvier 2015

Foo Fighters - Echoes, Silence, Patience and Grace



FOO FIGHTERS - ECHOES, SILENCE, PATIENCE AND GRACE (2007)
RCA ‎ -  88697 11516-1 - 2 × Vinyl, (Europe)

Le cap des 10 ans pour Foo Fighters a divisé les amateurs du groupe, certains trouvent In Your Honour trop long et trop mou et la partie acoustique un peu inutile, d’autres y trouvent leur compte, c’est donc avec circonspection que certains vont aborder ce  Silence Patience And Grace. Pour ma part les Foo Fighters n’ont jamais véritablement baissé niveau qualité c’est donc avec plaisir que je retrouve la bande à Dave Grolh.
Et comme d’habitude cet album ne sera pas l’album rock du siècle, ni peut-être même de l’année, mais il risque fort de rester de longs mois non loin de la chaine stéréo car au final on prend toujours du plaisir à se prendre le rock catchy des Foo dans les oreilles.
La recette est connue, du mélodique, du rentre dedans avec la voix écorchée de Dave, des références rock piochant autant du coté de Led Zeppelin que de Mötorhead (le spectre est large) et toujours ce songwriting incroyable de Dave. 

Silence Patience And Grace compte évidemment son lot de « tubes », titres accrocheurs dès la première écoute (The Pretender,Cheer UpLet It Die, …), de ballades rock plutôt réussies  (Come Alive, Stranger Things, Home) et d’autres plus insipides (But, Honestly). On notera quelques titres à part comme Ballad Of The Beaconsfield Miners en hommage aux mineurs coincés dans une mine pendant plusieurs jours en Nouvelle Zélande (l’un d’eux avait demandé un Ipod avec des titres de Foo Fighters pour attendre les secours) avec la participation de Kaki Kings.

Echoes Silence Patience And Grace s’avère donc être l’album manquant entre One By One et In Your Honour, proposant toujours les titres énergiques et énervés façon premiers albums et des passages plus doux plus proches de In Your Honour.
Ce Echoes Silence Patience And Grace est donc un album de Foo Fighters pur jus, accrocheur, efficace et qui se réécoute régulièrement avec plaisir mais sans véritable surprise (sans pour autant lasser). Ceux désappointés par le précédent opus devraient ici retrouver le sourire, sauf peut être pour les aficionados des premiers albums qui trouveront que les Foo ont tendance à s’empâter quelque peu. Avec 12 ans au compteur difficile de demander plus aux Foo que de nous servir du rock sympathique et de ce côté ils savent y faire.


TRACKLIST:
A1The Pretender4:29
A2Let It Die4:05
A3Erase/Replace4:13
B1Long Road To Ruin3:44
B2Come Alive5:10
B3Stranger Things Have Happened5:21
C1Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running)3:41
C2Summer's End4:37
C3Ballad Of The Beaconsfield Miners2:32
D1Statues3:47
D2But, Honestly4:35
D3Home4:53







jeudi 8 janvier 2015

Green Day - Warning




GREEN DAY - WARNING (2000)
Adeline Records
 ‎- ADN 30012-1 - (U.S.A.)

Le titre de l'album peut être pris comme un avertissement: attention au changement. Beaucoup de fans ont surement été déçus, d'autres se sont réjouis ( moi-même ) de la tournure qu'a pris la musique chez Green Day
La pochette tout d'abord. Elle peut paraître vraiment laide, mais elle va en opposition avec tous ces groupes néo-punk: le style vieux groupe des années fin 80 est mis en avant, la police du titre passe plutôt inaperçue, en gros, rien ne pousse l'acheteur lambda à vider son portefeuille pour un cd banal... Et pourtant... 

Green Day est tout d'abord un nom qui fait vendre, vu leur discographie plus que remplie, tout le monde connait, même de nom Green Day: c'est le groupe qui a rénové le punk en son temps (NDA: je peux pas m'empêcher de la sortir à chacune des chro's de ce groupe hein...).

Donc, un changement brutal pour le packaging, et aussi pour la musique. Alors qu'on s'attendait à un nouvel album dans la lignée de "Nimrod." qui fut un carton après "Dookie", avec dans ses tripes des tubes à tout va, "Warning" décide de calmer le jeu. Non, ce n'est pas calme dans le style gros légume à l'hosto, mais calme par rapport aux tracks précédents. Là où "Nice Guys Finish Last" pétait et donnait envie de courir comme un taré un peu partout en gueulant "puuuuuuuunk rullllles !!!!!!!!!", "Warning" donne tout juste envie de bouger la tête de haut en bas. Oui, l'album est rock.
La 6ème piste, "Misery" passerait bien dans une soundtrack d'un film de Pedro Almodovar, avec des instruments qui peuvent dérouter, tellement que je n'ai pas pu les reconnaître.. ( tout le monde sait que je connais tous les instruments, rien qu'à l'âge du capitaine. ). On passe alors de l’harmonica à une sorte accordéon, en passant par les traditionnelles batteries et gratt'... Mais attention, l'originalité de l'album est que la gratt' n'est pas électrique pas pour toutes les chansons, ce qui contribue à la sonorité à laquelle Green Day nous avait habitué.

Bien que les chansons soient différentes, c'est toujours du green day, avec des tubes bien rapides comme "Castaway", "Warning" (qui est lui dans la continuité de "Nimrod."), "Waiting", etc... Donc, on ne peut pas vraiment être déçu à moins d'avoir une pâle copie de "Nimrod.". Mais bon, si on veut ce genre de musique, c'est à dire que des tubes en réserve, autant aller se procurer Green Day "International Superhits!", sorti novembre 2001.



TRACKLIST:

A1Warning3:42
A2Blood, Sex And Booze3:33
A3Church On Sunday3:18
A4Fashion Victim2:48
A5Castaway3:52
A6Misery5:05
B1Deadbeat Holiday3:35
B2Hold On2:56
B3Jackass2:43
B4Waiting3:13
B5Minority2:49
B6Macy's Day Parade3:34






A Flock Of Seagulls - A Flock Of Seagulls





A FLOCK OF SEAGULLS - A FLOCK OF SEAGULLS
Music On Vinyl ‎- MOVLP796 - Album, Reissue, 180 Gr – Europe - 1982



OUI, c'est bien sur cet album que figure le méga-tube "I Ran (So Far Away)", que vous avez sûrement déjà entendu dans GTA Vice City. Voilà. J'ai lâché le morceau. Z'êtes contents ? J'suis sûr que vous avez fébrilement cliqué sur la chronique dans le seul espoir de lire ça. Eh bien c'est fait. Je me sens... comme libéré d'un poids, en fait. A présent, peut-être vais-je pouvoir vous parler de l'album dans son ensemble.

Nous sommes en 1979 dans la ville des Beatles quand deux frères fondent un groupe de new wave / synthpop dont le nom provient d'une chanson des Stranglers. Le premier album, éponyme, sort en 1982, et rencontre un assez joli succès, notamment grâce à ce fameux "I Ran". Voyons ça en détails.

Ah, avant que nous commencions, je tiens à dire que la tracklist de ma version de l'album est différente de l'originale, et comprend un onzième titre : "Tokyo."
Ainsi, au lieu de commencer par le tube mentionné, ma version s'ouvre avec "Modern Love Is Automatic", qui, dans ses gimmicks, dans ses vocaux froids et désincarnés, me rappellerait presque Kraftwerk. Transition réussie avec "Messages" qui dégage une réelle sensation d'urgence ; les synthés répondent sans répit au chant sur un tempo bien soutenu, et on a même le droit à quelques chœurs sur les dernières secondes. Un des meilleurs titres de l'album, en dépit de sa courte durée.
Ce n'est qu'en 3e place qu'arrive enfin le single mentionné plusieurs fois un peu plus haut. On fait pas mieux niveau accroche. Lignes de guitare furtives mais léchées, refrain imparable, break bien mené... ce n'est pas le tube pour rien.
Je pourrai continuer comme ça, titre après titre, mais le track by track n'est pas une pratique je j'apprécie particulièrement.

Pour aborder le disque de manière un peu plus globale, je dirais que nous avons donc affaire à un bon album de synthpop bien typique, bien produit, bien chanté, et assez digeste (car homogène et court : 41 minutes pour la version 11 titres, moins de 40 pour celle qui en comporte 10). Et malgré des titres qui coulent dans l'oreille sans faire trop de vagues ("You Can Run", "Telecommunication" : mélodies un peu trop faciles, où le chant vient se calquer sur les synthés ; "Man Made", conclusion traînante), l'album se réserve quelques moments de fraîcheur fort bienvenus. Je citerais volontiers "Standing in the Doorway", l'occasion pour la six-cordes de se risquer à quelques hardiesses. En effet, ce n'est clairement pas Paul Reynolds, le guitariste, que l'on entend le plus au sein de l'album, celui-ci faisant la part belle au trio chant-batterie-synthés. "DNA", titre instrumental, se révèle vachement plaisant aussi : ce morceau serait parfait comme générique d'une série de SF kitsch, à mon avis. Et puisque vous vous demandez à quoi ressemble la bonus track "Tokyo", eh bien elle ne fait pas partie des moins bons titres, avec ses quelques effets asiatiques (très discrets cependant !) et son coup de gong final.

Ainsi, on se retrouve avec un petit album sans prétention, où les titres les plus urgents, les plus immédiats, côtoient quelques-uns plus lourdauds. Les mordus de synthpop bien kitschouille 80's devraient adorer, les autres passeront leur chemin gentiment. Après tout, chacun est juge. (FROMAGE_ENRAGE - FP).




TRACKLIST:

A1       Modern Love Is Automatic    
A2       Messages                               
A3       I Ran                                      
A4       Space Age Love Song           
A5       You Can Run                          

B1       Telecommunication               
B2       Standing In The Doorway      
B3       Don't Ask Me                          
B4       D.N.A.                                    
B5       Tokyo                                     
B6       Man Made 


                             


A Flock Of Seagulls - I Ran from Friedrich Mary on Vimeo.

Manic Street Preachers - Gold Against The Soul




MANIC STREET PREACHERS - GOLD AGAINST THE SOUL (1993)
Columbia ‎– 474064 1 - (United Kingdom)

Durant la période Generation Terrorist (1992), les Manics avaient déclaré qu’ils splitteraient après le premier album. Heureusement pour nous, ce ne fût pas le cas, et dès 1993 les revoilà avec un nouvel opus : Gold Against The Soul.

Les membres du groupe renient l’album, coupable selon eux d’être le fruit d’un renoncement, d’une capitulation devant les injonctions des majors à devenir un groupe plus “bankable”, ce que James Dean Bradfield résumera dans cette déclaration : “Tout ce qu’on voulait faire, c’était aller sous l’aile de la corporation. On pensait qu’on pouvait l’ignorer mais on est quand même affectés”. Et de fait, il est vrai que le son et le discours sont beaucoup plus policés que sur Generation Terrorists, rendant leur rock bien plus mainstream et accessible au plus grand nombre, faisant de ce Gold Against The Soul le premier contrepied d’une discographie qui n’en sera pas avare.

Pourtant, à y regarder de plus près, et n’en déplaise aux Manics, ce Gold Against The Soul possède de nombreux points forts. Tout d’abord les textes, toujours signés Edwards / Wire, s’ils s’avèrent bien moins ouvertement politiques (excepté sur le morceau titre), trouvent un nouvel angle en explorant plus subtilement l’introspection, la face intime du désespoir et de la mélancolie. En témoignent des chansons comme le baggy “La Tristesse Durera (Scream To A Sigh)” dont le titre est tiré d’une lettre de Van Gogh écrite juste avant sa mort, le rock désabusé “From Despair To Where” illuminé par le chant habité de James Dean Bradfield, ou encore ‘Life Becoming A Landslide” qui sait traduire de très belle manière la confusion et la peur du passage d’un enfant à l’âge adulte.

Musicalement ensuite, Gold Against The Soul peut être vu comme un précurseur à “l’après The Holy Bible (1994)”, à savoir une pop orchestrée. Bien sûr, cet album n’arrive pas à la cheville de Everything Must Go (1996) ou de This Is My Truth Tell Me Yours (1998), mais le fait est qu’il s’agit d”un album solide qui sait manier les ambiances sans perdre en cohésion. La face pop s’insère aussi parfaitement dans des morceaux bien rocks comme les MANIC STREET PREACHERS les aiment tant. En témoignent l’introductif “Sleepflower” encore sous influence GUNS N ROSES - période Use Your Illusion (1991) , ou le sinueux “Yourself” qui, entre rytmique sournoise et solo heavy, se voit joliment agrémenté de cordes en pizzicato.

On peut noter quelques faux pas, comme l’horrible “Roses In The Hospital”, rock de stade un peu honteux avec pont central destiné à faire claquer des mains tel un “Radio Gaga” de bas étage, ou l’inutile “Nostalgic Pushead”, mais l’album n’a vraiment rien du disque honteux. Il se termine d’ailleurs par un morceau de haute volée et seul titre politique de l’album, l’éponyme “Gold Against The Soul”. Rythmique groovy, riff rock qui s’incruste dans le cerveau, chant épique sur refrain hymnesque, ce morceau est une réussite totale. Une manière de dire que les Manics n’ont pas vendu leur âme contre de l’or. (Korama - FP).



TRACKLIST:
A1Sleepflower
A2From Despair To Where
A3La Tristesse Durera (Scream To A Sigh)
A4Yourself
A5Life Becoming A Landslide
B1Drug Drug Druggy
B2Roses In The Hospital
B3Nostalgic Pushead
B4Symphony Of Tourette
B5Gold Against The Soul





The Jimi HENDRIX EXPERIENCE - Axis: Bold As Love




THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE - AXIS:BOLD AS LOVE (1967)
Music On Vinyl ‎- MOVLP079  - Reissue, Remastered, 180 Gram, Gatefold (Europe)

1967 est sur le point de s'achever: nous sommes le 1er décembre et Axis: Bold As Love vient de sortir. L'année bénie du rock psychédélique avait déjà donné de beaux enfants des deux côtés de l'Atlantique. Pour les plus renommés on peut citer les deux géniaux premiers albums des DOORS, le Disreali Gears du supergroupe CREAM (avec Clapton à la guitare), le Sergent Pepper des BEATLES, le premier PINK FLOYD avec Syd Barrett à la guitare et au chant... En comptant également les autres pépites qui n'ont pas connu la même postérité, mais qui ont tout de même contribué à la réputation de ce grand millésime (13th FLOOR ELEVATORS, JEFFERSON AIRPLANE, THE BYRDS...).

La plupart des groupes cités ci-dessus ont en commun une passion nouvelle pour les psychotropes, notamment le L.S.D. Il suffit de voir les pochettes d'albums pour comprendre l'influence de la drogue dans la perception des artistes. Les musiques, elles, se font désormais plus lancinantes, hypnotiques et répétitives, souvent ponctuées de soli tortueux. La présence de nouvelles technologies modifiant les sons des instruments est fréquente, à commencer par les pédales Wah-Wah et Fuzz qui deviennent de plus en plus populaires. Quoi de mieux pour l'expérimentateur en chef, j'ai nommé Jimi Hendrix, que ces nouveaux moyens d'explorer toutes les possibilités sonores de sa chère guitare? Pas la peine de dresser un portrait de l'homme, tant les mythes et légendes à son sujet s'en sont chargés.
Pour ceux qui ne connaissent pas la courte carrière du virtuose, cet Axis: Bold As Love son second album avec son groupe sous le nom de JIMI HENDRIX EXPERIENCE. Son premier album lui avait apporté le succès de la découverte; le nouveau défi et de réaliser la confirmation de son talent.

Sous cette pochette mystique et orientale se cache sûrement l'album le plus exotique du groupe. Quelques sons de clochette ou de xylophone sont là pour nous rappeler à quel point le guitariste (qui compose toutes les chansons de l'album à l'exception de "She's So Fine") s'inspire de tout ce qu'il peut trouver pour élaborer ses chansons. Car même si l'album s'ouvre sur un prélude radiophonique composé de feedback à la manière du premier album, le reste du disque reste relativement posé et différent de Are You Experienced, comme le démontre le premier vrai morceau de l'album: "Up From The Skies" et sa guitare wah-wah hypnotique, rythmée par les balais du batteur Mitch Michell. On remarque ici comment Hendrix cherche constamment à modifier le son de sa guitare afin d'en tirer les plus fines sonorités Jazzy. On peut d'ailleurs souligner, et ce comme dans tous les albums d'Hendrix, une grande virtuosité et une parfaite maitrise des harmonies et de la mélodie.

Même si on ne retrouve plus autant de riffs saturés comme ceux qui ont fait la renommée de son premier album ("Purple Haze"), les morceaux heavy n'ont pas disparus. Ils se sont simplement raréfiés au profit de morceaux plus planants aux guitares cleans pénétrantes. Naissent alors de formidables balades aux soli exceptionnels, comme l'émouvant "Little Wing" que de milliers de guitaristes se sont risqués à reprendre, Stevie Ray Vaughan et Eric Clapton en tête. En moins de 2 minutes 30, Hendrix recale toute la concurrence sur le plan émotionnel et technique. Un exploit qu'il reproduit sur "Castles Made Of Sands", méditation mélancolique sur la fatalité et le côté éphémère de la vie... Tragique quand on sait le sort qui l'attend trois ans plus tard.

Le groupe se la joue parfois Pop ("Wait Until Tomorrow"), parfois Rock brittish ("She's So Fine"), parfois totalement lyrique et poétique ("One Rainy Wish"), mais toujours avec ses accents psychédéliques mentionnés plus haut, très remarquables sur "If 6 Was 9" qui figurera deux ans plus tard sur la B.O. d'Easy Rider.

L'album se conclût sur le libérateur "Bold as Love", qui m'oblige à vous toucher un mot sur l'excellent travail des deux autres membres de l’expérience, éclipsés par le génie et le charisme de leur leader. En effet, les parties de basse de Noël Redding sont très inspirées (même si on peut soupçonner une éventuelle "aide" du guitariste pour la composition de ces lignes), et ces dernières, sans non plus prendre une place très importante dans les morceaux, constituent les piliers de la rythmique sur laquelle Hendrix joue ses soli. Cependant, c'est vraiment le batteur Mitch Michell qui se démarque ici avec un jeu incomparable, truffé de breaks habiles. Sûrement la clé du génie de chacun des morceaux au même titre que la Stratocaster de Jimi Hendrix. On comprend d'ailleurs aisément pourquoi les meilleurs albums d'Hendrix sont bien ceux enregistrés avec l'EXPERIENCE. Autre élément notable et important: l'évolution des lignes de chant. Je m'explique: si Jimi Hendrix n'avait pas brillé au micro de son premier album, il réalise des performances vocales toutes en justesse, avec une voix apaisée et complètement maîtrisée.

Chaque album sorti du vivant de Jimi Hendrix offre une approche différente de la musique. Après ses innovation Heavy Blues (Are You Experienced?), avant ses longues expérimentations techniques (Electric Ladyland) et ses longues improvisations Soul (Band Of Gypsys), Le musicien offre un rock psychédélique aux tendances de l'époque, c'est à dire toujours très original, et toujours avec le petit plus qui fait sa force : des inspirations multiples qui se ressentent sur l'album. Cela n'engage que moi, mais cet Axis: Bold As Love représente à mes yeux l'album le plus réussi du guitariste, toutes périodes confondues. Pas de tube ni de riff assassin ici, juste de la poésie et de la douceur orchestrées par le plus grand guitariste de tout les temps. (Pinhead - FP).



TRACKLIST:
A1EXP1:55
A2Up From The Skies2:55
A3Spanish Castle Magic3:00
A4Wait Until Tomorrow3:00
A5Ain't No Telling1:46
A6Little Wing2:24
A7If Six Was Nine5:32
B1You Got Me Floating2:45
B2Castles Made Of Sand2:46
B3She's So Fine2:37
B4One Rainy Wish3:40
B5Little Miss Lover2:20
B6Bold As Love4:09







vendredi 12 décembre 2014

Eurythmics - We Too Are One




EURYTHMICS - WE TOO ARE ONE (1989)
RCA ‎– PL 74251 – (Europe)

Ceci est une tentative désespérée d'un groupe phare des eighties pour conserver un semblant de statut à l'orée des années 90. La new wave a évolué, nous sommes bien loin des éléments punks ou électro qui ont été à la base du rayonnement du duo britannique lors de ses succès intersidéraux et galactiques. Souvenez-vous juste que nous voici à nouveau avec les compositeurs de "Sweet dreams". Pour mettre un max de chance de leur coté, Annie et Dave choisissent d'inonder les charts de singles. Il y en aura pas moins de cinq. C'est un véritable quitte ou double auquel s'exposent nos icônes de la synth pop. La pochette présente d'ailleurs une Annie décomplexée assumant son statut de diva et Dave trouble loin derrière...

Bref allons y sur une analyse chronologique de l'armée des singles présents ici. C'est "Revival" qui ouvre le bal. Titre médiocre sans plus qui n'apporte rien à la gloire du duo britannique, c'est tout juste si le refrain assorti du beat de synthé se remarque. On enchaîne avec "Don't ask me why", la guitare typée "Here comes the rain" et les trémolos d'Annie en font un titre moyen mais pas désagréable. Le débridé "King and queen of america" propose une approche très pop rock, on se souvient des "Would I lie to you" et autres "Missionnary man" ce toutefois sans atteindre au succès de ces dernières, c'est sympa sans plus. "Angel" poursuit la quête des tops du billboard avec une volonté de fusionner la pop d'aujourd'hui avec une blue eyed soul pas désagréable, mais le résultat final est tout à fait dispensable. Dave Stewart partage le chant sur le dernier essai "Baby's gonna cry" qui voit la guitare prendre le plaisir. Je retiens un refrain pas mal fichu mais des gimmicks finalement éculés. Il faut bien admettre que le choix des singles sur cet album est une vraie catastrophe.

Car c'est ailleurs qu'il faut chercher les faits d'armes de cette huitième livraison. Tout d'abord sur la superbe "You hurt me" et cette introduction qui met de manière fabuleuse la voix unique d'Annie en exergue. Enfin, on touche à de la vraie bonne musique. L'instrumentation est à la hauteur avec notamment une basse groovante de derrière les fagots. Le refrain est légèrement en deçà du reste de la compo mais cela reste de la bonne came.
Enfin, c'est "Sylvia" qui enlève la palme du titre de l'opus. L'ambiance dramatique des instruments à cordes sert d'écrin diaphane à la voix de la diva peroxydée. Une vraie petite merveille que je vous conseille vivement.
Les deux derniers titres sont de bonne qualité et annoncent la future carrière solo de Stewart : "How long" et "When the day goes down".

Ce huitième opus sera le dernier de la série des eighties. EURYTHMICS est déjà une légende, Annie Lennox est une des chanteuses les plus aimées de sa génération et une riche carrière de producteur attend Dave Stewart. On entre dans un hiatus d'une dizaine d'années pour le duo. Après 100 millions d'albums vendus, pas de raison de s'inquiéter pour le futur ! (Erwin - FP).



TRACKLIST:
A1We Two Are One4:32
A2The King And Queen Of America4:31
A3(My My) Baby's Gonna Cry4:54
A4Don't Ask Me Why4:21
A5Angel5:10
B1Revival4:06
B2You Hurt Me (And I Hate You)4:23
B3Sylvia4:25
B4How Long?4:41
B5When The Day Goes Down5:57






Simple Minds - Big Music




SIMPLE MINDS - BIG MUSIC (2014)
Embassy Of Music ‎– SMBM05 ‎– 2 × Vinyl, LP, Album, 180g (Europe)


Si "Graffiti Soul" n'avait rien de particulièrement révolutionnaire, il avait cependant le mérite de redonner espoir en Simple Minds. En effet, les Ecossais semblaient avoir enfin retrouvé l'inspiration pour un album qui devait finalement représenter la meilleure vente du combo depuis "Good News From The Next World" (1995). D'ailleurs à l'époque, Jim Kerr annonçait à qui voulait l'entendre, que le groupe se sentait en capacité de sortir 2 albums dans la même année. Après un live ("5X5 Live" - 2012) et une compilation ("Celebrate – The Greatest Hits" - 2013), ce n'est pourtant que 5 années plus tard que débarque ce "Big Music" attendu avec fébrilité. Avec un line-up voyant Andy Gillespie officiellement intronisé aux claviers, et Ged Grimes remplacer Eddie Duffyau poste de bassiste, ce nouvel opus semble être l'occasion de confirmer l'éclaircie aperçue en 2009 et ainsi, de replacer Simple Minds sur le devant de la scène.

Mêlant habilement nouvelles compositions et anciennes démos retravaillées, Jim Kerr et Charlie Burchillredonnent une grande partie de son éclat à la légende des 80's, retrouvant la formule qui faisait sa réputation, à savoir ce mélange de rock, de pop synthétique et de new-wave. La production, en grande partie confiée àAndy Wright (Eurythmics, Cock Robin, etc…), donne à la fois ampleur et puissance à la musique du quintet qui trouve ainsi un équilibre entre des claviers prégnants, une rythmique discrète mais efficace et les interventions lumineuses de Charlie Burchill, le tout mené de main (de voix) de maître par Jim Kerr. La plupart des titres réussissent ainsi à se faire à la fois planants et énergiques, comme l'hypnotisant 'Blindfolded' à la carrure de futur hymne, ou un 'Blood Diamonds' au refrain majestueux et sur lequel les claviers se fond magistraux en réponse aux échos de la guitare. Plus mélancolique, 'Honest Town', premier single, reprend également ses caractéristiques pour un résultat tubesque qui voit les couches de synthétiseurs se superposer sans devenir envahissantes.

D'une cohérence parfaite, l'ensemble alterne les titres taillés pour la scène avec des refrains catchy ('Big Music'), profitant parfois de l'apport des chœurs de Sarah Brown (Annie Lennox, Phil Collins) dont les interventions ne sont pas sans rappeler les plus belles heures de Robin Clark sur les albums de la grande époque ('Kill Or Cure'), et quelques morceaux plus légers et entraînants ('Midnight Walking') et aux refrains obsédants ('Broken Glass Heart'). Confirmant ce qui semble devenir une habitude, le quintet se fend également d'une reprise qu'il se réapproprie totalement ('Let The Day Begin' de The Call) pour un résultat dynamique et accrocheur. Enfin, s'il est un domaine de prédilection pour Simple Minds, c'est bien lorsque les Ecossais laissent l'émotion devenir plus palpable le temps de refrains dont l'optimiste élève l'auditoire ('Human') ou de titres à la mélancolie envoûtante ('Spirited Away').

Sans forcément atteindre les sommets de la fin des années 80, "Big Music" n'en est pas moins une réponse sans ambigüité à tous ceux qui avaient enterré Simple Minds trop vite. Avec toute la classe qui les caractérise,Jim Kerr et ses compagnons semblent définitivement renaître des leurs cendres pour nous offrir cette subtile recette qui avait construit leur légende, et ceci tout en étant capables de l'enrichir avec quelques notes plus actuelles, question de ne pas sombrer dans la redite ou l'auto-parodie. Il serait dommage que les amateurs qui avaient laissé tomber le groupe durant sa traversée du désert, ne saisissent pas l'opportunité de revenir vers lui avec ce nouvel opus qui ne les décevra pas.
(Loloceltic-Musicwaves).



TRACKLIST:
A1Blindfolded5:24
A2Midnight Walking3:54
A3Honest Town4:47
B1Big Music4:12
B2Human3:42
B3Blood Diamonds4:21
C1Let The Day Begin5:10
C2Concrete And Cherry Blossom3:33
C3Imagination3:42
D1Kill Or Cure4:12
D2Broken Glass Park4:41
D3Spirited Away4:09