jeudi 5 décembre 2013

Duran Duran - The Wedding Album



DURAN DURAN - THE WEDDING ALBUM (1992)
Parlophone - 7988761 - DDB34 (UK)
A la fin des années 80 et au tout début des 90, les DURAN DURAN sortirent deux albums, dans plus où moins, une indifférence générale. Une traversée du désert commercialement parlant, en comparaison à leur période dorée, lorsqu'est apparu "The wedding album" en février 93, le septième du groupe, qui sera salué par les critiques et s'arrachera à 7 millions d'exemplaires.
Le premier single fut la magnifique, la scintillante ballade "Ordinary world", tube planétaire par excellence (#6 en GB, #3 USA, #6 FRANCE (Mai 93). Le second à en être extrait "Come undone" et son riff de guitare larmoyant connut également un beau succès (#10 GB, #7 USA, #26 FRANCE Novembre 93). Quand au troisième, "Too much information", ses ventes seront anecdotiques (#35 GB, #45 USA, non sorti en FRANCE) du fait de la commercialisation du LP depuis déjà un bon moment. Pour les autres titres, on navigue toujours entre la funk et leur pop à inspiration glam rock convaincante, tout en y ajoutant une touche latino sur "Breath after breath".


TRACKLIST :


A1Too Much Information
A2Ordinary World
A3Love Voodoo
A4Drowning Man
A5Shotgun
A6Come Undone
A7Breath After Breath
B1U.M.F.
B2Femme Fatale
B3None Of The Above
B4Shelter
B5To Whom It May Concern
B6Sin Of The City









mercredi 4 décembre 2013

Soft Cell - Non-Stop Erotic Cabaret



SOFT CELL - NON-STOP EROTIC CABARET (1981)
Celluloid - 529814 - (France)

Vue de 2012, il y a deux façons d'aborder ce premier album de Soft Cell. Il y a ceux qui n'y voit que le support du hyper giga tube "Tainted Love" et il y a ceux qui n'y voit ni plus ni moins qu'un monument de la pop synthétique anglaise.

Soft Cell c'est la rencontre de deux étudiants : Dave Ball le manieur de synthétiseur et Marc Almond et son chant de crooner des bas fonds sordides. 1981 voit donc la sortie de ce premier disque du groupe. Le premier album qui est l'album le plus tout. Le plus fou, le plus perturbant, le plus sulfureux. Marc Almond le décrit comme une bande originale de Peep show et c'est bien toute une vision de la sexualité qui va sauter aux oreilles. A la manière d'un Lou Reed c'est une poésie des bas-fonds, extrême, vicieuse. Ce qui frappe dans ce disque c'est l'approche pop totale. Si on a un méga tube, il y en a au moins quatre ou cinq en puissance. A l'accroche pop a été greffé une approche synthétique et quelques touches jazzy, le tout sur des rythmiques héritées du disco. Ce qui en fait un disque défricheur des mouvances electroclash à venir.
Il y a de tout dans ce disque, de la douce mélodie de "Say Hello Wave Goodbye" au totalement déjanté et pervers "Sexdwarf". Ce dernier titre vaut le détour sur youtube pour voir le clip original. Anti commercial au possible comme un contre pied à "Tainted Love".

Si vous avez aimé, vous aimerez : les solos de Marc Almond sur "Mother Fist" (burlesque et excentrique) et "Enchanted" (épique et corsé). (Chaurionde).


TRACKLIST :

A1Frustration4:11
A2Tainted Love2:34
A3Seedy Films5:05
A4Youth3:15
A5Sex Dwarf5:16
B1Entertain Me3:36
B2Chips On My Shoulder4:07
B3Bedsitter3:36
B4Secret Life3:38
B5Say Hello, Wave Goodbye5:25




Pat Benatar - Tropico



PAT BENATAR - TROPICO (1984)
Chrysalis - 206 582 - (Germany)


Quand je pense qu'en six années de CrossRocks, je n'ai toujours pas bouclé la discographie de PAT BENATAR, j'ai un peu honte de moi. Il faut dire que chroniquer les albums d'artistes qu'on vénère et suit depuis toujours s'avère souvent compliqué. On connait les albums par coeur, mais on ressent comme un blocage, on se sent un peu gauche, on éprouve un certain vertige devant pareille splendeur. Serai-je à la hauteur ? J'imagine que Pat Benatar ne s'est pas trop posé cette question en abordant l'enregistrement deTropico, qui marque non pas un tournant, mais un changement de cap temporaire dans sa discographie. Il était évident qu'elle serait à la hauteur du défi que lui proposait son mari Neil Geraldo. Et ce défi, c'était de lever le pied et d'enregistrer un album nettement plus soft que les brûlots du passé. Tropico est donc un album un peu à part, et en même temps, très "Benatarien", dans le sens où la chanteuse s'est toujours montrée capable de tout interpréter, et de se l'approprier. 
Tropico
 est donc l'album le plus pop de la chanteuse, et on le découvre dès le premier titre, le superbe Diamond Fields, un titre doux et mélancolique (atmosphère que l'on retrouve sur la plupart des titres), doté comme toujours d'un refrain qu'on ne peut oublier. Depuis le dernier album en date, le chaud bouillant Get Nervous, le son avait clairement changé, des orchestrations plus sobres (des arrangements parfois même totalement dépouillés comme sur le très éthéré et non moins remarquable Suburban King), des riffs pour ainsi dire inexistants (la guitare étant souvent acoustique), et malgré tout, le pari se révélait gagnant sur tous les plans.

Ce souffle nouveau permettait à Geraldo et ses collaborateurs habituels de renouveler leur inspiration, et de dénicher encore et toujours de superbes mélodies, comme le hit 
We Belong, le superbe Painted Desert et son ambiance suave portée par un groove langoureux, ou encore le très beau et tourbillonnant A Crazy World Like This (repris quelques années plus tard par Eric Martin ou encore Robin Beck). Dans une orientation country / bluegrass, Ooh Ooh Songse démarque un peu du reste du cd, sans pour autant le ternir, loin s'en faut (le single fut d'ailleurs assez bien reçu). Comme d'habitude, il faut bien chercher les fautes de goût et même les baisses de régime, car de ces 10 titres, chacun mérite sa place. Loin de rebuter les fans, Tropico s'imposera comme un nouveau succès de la rockeuse américaine (le dernier album vendu à plus d'un million d'exemplaires), un succès amplement mérité. (Crossrocks)



TRACKLIST:
A1Diamond Field3:20
A2We Belong3:40
A3Painted Desert5:24
A4Temporary Heroes4:30
A5Love In The Ice Age4:08
B1Ooh Ooh Song4:28
B2The Outlaw Blues3:47
B3Suburban King1:57
B4A Crazy World Like This4:02
B5Takin' It Back4:02





mardi 3 décembre 2013

Pat Benatar - Get Nervous




PAT BENATAR - GET NERVOUS (1982)
Chrisalis - CHR1396 - (France)


Après un Precious Time un chouia moins terrassant qu'à l'habitude, PAT BENATAR faisait son retour avec un album bien plus fort, plus proche du chef d'oeuvre Crimes Of Passion, tant dans l'esprit que dans la richesse des mélodies. Comme à l'habitude, ce nouvel album de la Reine du rock était jonché de classiques avec pour commencer le magnifique Shadows Of The Night, un morceau d'une classe inouïe, et comme souvent indémodable... Comme la pochette le suggérait, un léger brin de folie planait sur ce disque, et se concrétisait principalement par le frénétique Anxiety, un brûlot mêlant émotion et douce bizarrerie comme le vidéo clip le laissait entrevoir (avec la belle Pat en assistante du dentiste à faire fuir un serial killer qu'interprétait l'hilarant batteur Myron Grombacher !). Il est difficile d'évoquer un album de Pat Benatar sans passer en revue chacun des titres, tous se démarquant très clairement les uns des autres. On notera par exemple les poignants Fight It Out, sorte de réplique au monumental Hell Is For Children composé deux ans plus tôt, et Tell It To Her dans un genre plus posé mais tout aussi troublant, ou encore le somptueux et injustement méconnu I'll Do It, une véritable bombe qui aurait largement mérité une sortie single à l'époque. La paire Neil Geraldo / Billy Steinberg (I-TEN) - qui collaborait pour la première fois dans le travail d'écriture - faisait véritablement des étincelles, joignant ainsi leur immense talent sur quatre des dix titres, comme par exemple sur le furieux I Want Out, devenu depuis un classique du répertoire de l'irrésistible Pat. Au risque de me répéter, je ne saurais conclure sans évoquer la performance toujours aussi grandiose de la chanteuse... Ce qui m'en amène à me demander comment il est possible de rester insensible à pareille artiste. Que les hérétiques soient damnés ou revêtent la camisole à jamais !


TRACKLIST:

A1Shadows Of The Night4:20
A2Looking For A Stranger3:24
A3Anxiety (Get Nervous)3:30
A4Fight It Out3:54
A5The Victim4:41
B1Little Too Late4:06
B2I'll Do It4:07
B3I Want Out3:42
B4Tell It To Her3:40
B5Silent Partner3:43



Muse - The Resistance



MUSE - THE RESISTANCE (2009)
Warner Bross Records - 521130-1 - (EU)

« They will not force us / They will stop degrading us / They will not control us /We will be victorious ».D’emblée le ton de ce nouveau Muse baptisé Resistance est donné avec le refrain du titre d’ouverture UprisingMatthew Bellamy et ses deux comparses luttent avec une belle énergie contre les tyrannies passives des gouvernements et des multinationales, à grands coups d’un rock’n roll déglingué et polymorphe. Il faut bien reconnaîtra que ce nouvel album studio de Muse est un joyeux mélange foutraque de sons d’ici et d’ailleurs, d’influences curieuses et surprenantes qui renouvèlent agréablement le style du groupe dont le dernier album studio remonte à 2006 avec Black Holes & RevelationsUnited State of Eurasiaillustre le propos faisant clairement référence à Queen et ajoutant sa touche de sonorités orientales auxquelles se mêlent judicieusement quelques mouvements de musique classique empruntés à Chopin. On songe aussi à Depeche Mode ou Prince avec Undisclosed Desires. Le groupe multiplie les clins d’œil pour au final créer un ensemble composé de morceaux originaux qui ne ressemblent pas au précédent Muse tout en se distinguant clairement les uns des autres. Chaque morceau de ce Resistance est unique tout comme cette trilogie de titres symphoniques baptisée Exogenesis qui pourrait passer pour un extrait de la bande originale d’un Tim Burton barré comme on les aime. Ceux qui s’inquiétaient pour l’avenir du Brit Rock peuvent être rassurés : paradoxalement, ce Resistance est une belle offensive contre la morosité ambiante, l’automne et tous ceux qui croient encore candidement qu’on se laissera faire.


TRACKLIST :


A1Uprising
A2Resistance
A3Undisclosed Desires
B1United States Of Eurasia (+ Collateral Damage)
B2Guiding Light
C1Unnatural Selection
C2MK Ultra
C3I Belong To You (+ Mon Cœur S'ouvre A Ta Voix)
D1Exogenesis: Symphony Part 1 (Overture)
D2Exogenesis: Symphony Part 2 (Cross-Pollination)
D3Exogenesis: Symphony Part 3 (Redemption)


Iron Maiden - No Prayer For The Dying



IRON MAIDEN - NO PRAYER FOR THE DYING (1990)
EMI - EMDPD1017 - Picture Disc (UK)
1990 fut une année charnière pour IRON MAIDEN. Le départ du guitariste Adrian Smith pour les sempiternelles "divergences musicales" en février de la même année a quelque peu jeté le trouble chez les musiciens et chez les fans. Responsable en grande partie de la direction plus mélodique empruntée par les 5 hommes depuis quelques années, Smith était avec Bruce Dickinson un des compositeurs du groupe (avec Steve Harris). Or, il a suffit que l’ombrageux bassiste réaffirme sa position pre-éminente au sein de son bébé et décidé de revenir vers des chansons et un son plus "bruts" pour que le clash ait lieu. Steve avait en quelque sorte envie de reprendre les choses en main et les révélations que fera Bruce quelques années plus tard confirmeront cet état de fait ("Depuis 1986, nous avions de plus en plus de mal Adrian et moi à faire part de nos idées").

Conséquence peut-être de ce resserrage de boulons, Bruce sera fort occupé cette même année et un peu plus en retrait puisqu'il en profitera pour mettre à contribution ses talents d'écrivain ("Lord Iffy Boatrace") et démarrer timidement une carrière solo (l'album "Tattooed Millionaire", où officie à la guitare un musicien ayant joué dans WHITE SPIRIT et GILLAN, un certain Janick Gers). C'est donc tout naturellement que le groupe fit appel à ce dernier pour remplacer Adrian Smith.

Le tant attendu "No Prayer For The Dying" sort donc courant 1990 et se veut être plus dépouillé et direct. Le groupe déclare ainsi à qui veut l'entendre que ce disque est un retour aux sources et un opus de la race de "Killers". Or, si ce huitième album se fait effectivement plus percutant et direct qu'un "Piece Of Mind", "Somewhere In Time" ou "Seventh Son Of A Seventh Son", il s'avère largement moins inspiré que ses prédécesseurs. En effet et pour la première fois, IRON MAIDEN sort un album mitigé : 5 titres entre bons et moyens mais largement en deçà de ses possibilités côtoient 5 morceaux carrément bouche-trous.

Dans la première catégorie, "Tailgunner" fait figure de morceau d'introduction acceptable. Le premier single "Holy Smoke" marquera surtout par son texte très vindicatif qui critique les évangélistes télévisuels et son clip ridicule. "No Prayer For The Dying" est plutôt bien fichu : c'est un morceau typique IRON MAIDEN avec démarrage en douceur et évolution vers une partie rapide. "Hooks In You" (seul morceau où est crédité le démissionnaire Adrian Smith) vaut surtout par son refrain entraînant. "Bring Your Daughter ... To The Slaughter" (second single) est un morceau de Bruce Dickinson, plutôt aventureux aux couplets mystérieux et au refrain facile à retenir. Enfin, "Mother Russia" se range dans la tradition des morceaux épiques d'IRON MAIDEN, avec ses petits chœurs russes : le groupe se fait le témoin alors des bouleversements de l'ex-empire soviétique. Un titre qui manque quand même un peu de panache quand on le compare à un "Alexander The Great" ou "Seventh Son Of A Seventh Son".

Dans la deuxième catégorie (morceaux "bouche-trous"), on a "Public Enema Number One", "Fates Warning", "The Assassin" et "Run Silent, Run Deep" qui passeront sans vraiment provoquer le délire et ne marqueront pas l'histoire. Fades. IRON MAIDEN commence les années 90 timidement avec cet album sans réelle saveur par rapport à leur passionnante discographie. Étrange pour un combo qui avait tant ébloui depuis ses débuts. On a tellement l'impression d'une régression à l'écoute de ce disque, surtout quand on sait que les anglais peuvent faire beaucoup mieux. Mais peut-être que "No Prayer" est le reflet des premières tensions internes ? Un cri d'alarme ? C'est au groupe qu'il convient de donner la réponse. De plus, Bruce qui nous avait émerveillé par ses vocaux en constante progression a ici une façon plutôt agressive de gérer son chant, et il faut avouer que cette façon de chanter lui sied beaucoup moins qu'à un Paul Di Anno. Le travail des guitares est beaucoup moins soutenu, le vide laissé par Adrian Smith est palpable et son successeur devra encore trouver ses marques au sein du monstre IRON MAIDEN.

Un grande déception donc que ce disque qui est sûrement l'album le moins aimé des fans. Et un 2/5 qui s'impose en ce qui me concerne tant son écoute me laisse encore aujourd'hui un goût amer dans la bouche (et puis, qui aime bien châtie bien). Heureusement le groupe saura rebondir quelque peu avec son successeur qui, même s'il ne possédera pas non plus l'éclat du passé saura nous laisser entrevoir qu'IRON MAIDEN n'a pas dit son dernier mot et qu’il est encore capable d’apporter son talent et son ambition pour la cause du heavy metal.
(Powersylv).


TRACKLIST:

A1Tailgunner
A2Holy Smoke
A3No Prayer For The Dying
A4Public Enema Number One
A5Fates Warning
B1The Assassin
B2Run Silent Run Deep
B3Hooks In You
B4Bring Your Daughter... ...To The Slaughter
B5Mother Russia