samedi 18 mars 2017

The Dandy Warhols - Welcome To The Monkey House




The Dandy Warhols ‎– Welcome To The Monkey House
Capitol Records ‎- 7243 5 82022 1 2 - Europe (2003).


Le quatrième album des Dandy Warhols est sûrement le plus abouti de tous. Plus abouti autant dans le fond que dans la forme. Car si les gars de Portland nous avaient jusqu'ici habitués à d'excellents albums rock, aucun d'entre eux n'avaient une âme aussi palpable que celui-ci. 

L'album est d'une cohérence sans failles, on entre chez les singes par la première piste, et on n'en sort qu'une fois la chaîne éteinte. 

La maison des singes se veut accueillante dès le début, le single très énergique "We Used To Be Friends" et son frère jumeau "Plan A", ouvrent les portes d'une excellente manière. Suit ensuite une petite période de flottement, les nappes de synthés très présentes dans cet album sont moins convaincantes sur un titre comme "Wonderful You", mais il contribue tout de même à l'application de cette ambiance très spéciale que propose l'album. La voix presque étouffée de Courtney Taylor, le synthé très aérien, le rythme lent, ... la maison des singes ressemblerait presque à une maison close des sons, où l'on entre à toute heure de la journée et de la nuit pour se substanter de ces titres très doux, et très recommandables. 
Le meilleur exemple est "You Were The Last High", vrai single en puissance, où la voix invitante de Taylor se mêle à quelques bidouillages electro de haute volée, tout ça dans un rythme lent et régulier. Viens alors l'épique "Heavenly", titre très révélateur du talent de nos dandys favoris, combinant vastes couplets aériens et refrains acharnés. L'album se termine aussi calmement qu'il a débuté, et c'est heureux, limite radieux que l'on quitte cette maison, en sachant très bien que l'on reviendra vite pour entendre ce Welcome To The Monkey House.


TRACKLIST:

A1       Welcome To The Monkey House
A2       We Used To Be Friends
A3       Plan A
A4       The Dope (Wonderful You)         
A5       I Am A Scientist      
A6       I Am Over It  
A7       The Dandy Warhols Love Almost Everyone    
A8       Insincere Because I          
B1       You Were The Last High  
B2       Heavenly     
B3       I Am Sound 
B4       Hit Rock Bottom      

B5       You Come In Burned         









vendredi 17 mars 2017

Linkin Park - Hybrid Theory





Linkin Park ‎– Hybrid Theory
Warner Bros. Records ‎- 9 47755-1 - Vinyl, LP, Album, Gatefold - U.S.A. (2001)



Les 5 gars de Linkin Park sortent tout juste de leurs studios, et nous servent cet album, incarnation vivante de la fusion hip-hop/metal/indus. On met sa galette dans le lecteur, et on se rend tout de suite compte que cet album ne peut être qu'excellent : le premier titre, Papercut, plante le décor de façon magistrale : couplets rap sur un fond de guitares lourdes, refrain plus gueulé sur une mélodie très neo, fin style bouquet final au chant clair et aérien... Personnes allergiques au neo metal s'abstenir ! Ici il n'y a ni soli de guitare, ni titres de plus de 3min 30 ! On enchaîne avec le single One step closer, véritable monstre d'efficacité, guitares saturés qui vous met dans la tête une mélodie inoubliable et un rapper qui se fait cette fois presque absent pour laisser le temps au chanteur de faire exploser sa puissante voix : ce titre est un des meilleurs que LP ait jamais fait !

On enchaîne avec le titre With you, plus sombre et plus lourd tant au niveau vocal qu'instrumental, viennent ensuite les titres radicalement chant Crawling et Runaway, tous 2 très différents : Runaway se montre très efficace, une mélodie bien acrocheuse et un chant quasi incessant avec passage très nü metal à grands renforts de chuchotements altérnant aux gueulantes écorchées, le tout soutenu par de grosses guitares bien lourdes ; Crawling est une chanson plus lente, plus monotone, voire presque chiante en fin de compte : elle respecte à tort un plan très carré typique du single, la version demo était infiniment plus intéressante, mais allez savoir pourquoi, ce titre est devenu une référence pour les fans de la première heure et les medias (Gramy Award en 2001 comme meilleure performance metal) mais pour moi c'est bien la seule faiblesse de cet album ...

On en vient à 2 titres radicalement rap-metal : By myself qui prône le calme avant la tempête, où les 2 frontmen se répondent avec agressivité et In the end, beaucoup plus carré, futur single qui marquera les esprits. On continue avec les excellents A place for my head, et Forgotten, vrais chefs d'oeuvre de fusion, ce sont en fait les 2 seuls titres qui rompent vraiment avec le rythme habituel des autres chansons, faisant intervenir tous types de chant ; l'instru Cure for the itch (marrant) et le titre final Pushing me away, qui sent fort la pop metal, viennent mettre un terme à l'ensemble ...
12 pistes pour une durée d'un peu plus d'une demie heure... c'est peu. Mais les titres sont tous tellement efficaces, tellement variés que rien ne peut empêcher un esprit fanatique de les écouter en boucle ...

Hybrid Theory est un fruit de l'inconscience, la finalisation de plusieurs mois de dur travail... Lors de la session d'enregistrement de cet album, les 5 très jeunes membres de Linkin Park, unis comme les doigts de la main, ne pouvaient en aucun cas imaginer, ni même prévoir le monumental succès que remportera leur musique suite à une toute aussi monumentale campagne de publicité menée tambours battants par les medias... Mais quand on signe chez la Warner, ce genre de miracle est parfaitement réalisable.
Cet album est donc tout ce qu'il y a de plus sincère, il n'est pas formaté, a été réalisé honnêtement, et est donc à aborder sans préjugés, chose qu'on ne peut se permettre de faire vis-à-vis d'un Reanimation ou d'un Meteora, ou encore de la scandaleuse arnaque que fut la collaboration de Linkin Park avec le rapper Jay-Z 4 ans plus tard... Hybrid Theory est un produit de la scène underground neo metalleuse californienne, et un très bon produit, ce n'est pas le mini chef d'oeuvre sorti un an auparavant, mais ça reste une valeur sûre. A écouter, donc... (ALANKAZAME - Metalnightfall).


TRACKLIST:

A1. Papercut      
A2. One Step Closer    
A3. With You     
A4. Points Of Authority
A5. Crawling     
A6. Runaway    

B1. By Myself    
B2. In The End  
B3. A Place For My Head       
B4. Forgotten    
B5. Cure For The Itch
B6. Pushing Me Away




Manic Street Preachers - Send Away The Tigers



Manic Street Preachers ‎– Send Away The Tigers
Sony BMG Music Entertainment ‎- 88697 07563 1 - 2007



Les manic street preachers continuent leur bonhomme de chemin au travers des époques et des modes.

Ce huitième album des gallois comprend de nombreux instants de grâce où on retrouve le talent et l’entièreté qui nous avait fait aimer "Everything must go" et "this is my truth...".
Les violons retrouvent ainsi pour notre joie leur place derrière les guitares et le chant.
Les titres ne sont pas tous de cette outre, mais ça fait grand plaisir de retrouver ce son particulier.


Dans le rayon de ces bons moments on retiendra donc Autumn song, I'm just a patsy, "Indian Summer" (qui rappellera "A design for life" dans ses arpèges et sa construction).

Petit plaisir supplémentaire, on découvre la voix de Nina Persson (des Cardigans) qui vient apporter un supplément de fraîcheur sur le très "Preachien" ; "Your love is not enough". Morceau imparable, single au succès prévisible.L'autre partie des morceaux est plus rageuse, plus rock. On oublie alors les violons sur "Imperial body bags", "Winterlovers" ou sur l'excellent "Rendition". Là encore l'efficacité ne nuit jamais au la lyrisme .Cet album est certainement ce que les Manic street Preachers ont fait de meilleurs ces dernières années, plus direct, moins compliqué et pourtant toujours aussi touchant. Leur musique trouve ici un second souffle.

Une écoute de cet album vous est donc recommandée chers lecteurs! (Fred. de Mes critiques.Be).



TRACKLIST:

A1       Send Away The Tigers
A2       Underdogs
A3       Your Love Alone Is Not Enough
A4       Indian Summer
A5       The Second Great Depression
B1       Rendition
B2       Autumnsong
B3       I'm Just A Patsy
B4       Imperial Bodybags
B5       Winterlovers







jeudi 16 mars 2017

Evanescence - Fallen



Evanescence ‎– Fallen

Wind-Up - 602537402472 - USA - 2013


En 11 titres, j'ai pris une petite claque, quasi-équivalente à celle reçue lors des premières écoutes d' "In a reverie", le premier album de Lacuna Coil. C'est très bien foutu et pour un premier album (note auteur: en fait erreur de ma part c'est leur deuxième), il y a vraiment un très gros potentiel. Alors évidemment, on pourra dire que c'est commercial, c'est du néo-metal.... Mais bon l'important c'est la musique, et les amateurs de Within Temptation ou Lacuna Coil seraient bien avisés de préter une oreille attentive au premier effort d'Evanescence. 

Ils risquent fort de devenir rapidement accro! C'est surtout grâce à ses titres les plus rock qu' Evanescence tire son épingle du jeu: Impossible de résister en effet à "going under" (le titre majeur de l'album), "everybody's fool", "haunted" (dans lequel on trouvera même un solo de guitare, c'est si rare qu'il faut le préciser !!), "Tourniquet" ou "whisper". D'autres titres plus atmosphériques comme "imaginary" possède une force envoûtante gràce à des vocaux inspirés et des parties musicales riches et planantes. 

Par contre, les ballades au piano/violon ("hello", "my immortal") sont un peu trop "quelquonques". C'est dommage dans la mesure où le metal atmosphérique est en général un genre à ballade assez réussies. Bon c'est pas encore trop grave, elles sont écoutables quand même! Reste à examiner le cas du hit "bring me to life", c'est une belle chanson, avec intro au piano et intervention d'un chant rappé sur le refrain qui pourra déranger certains. Une belle carte de visite pour se faire connaitre du plus grand nombre, rapidement adopté sur les ondes radios (faut dire que c'est calibré pour).

Grâce à cet album, un nouvel espoir de la scène Metal Atmosphérique vient de faire une entrée remarquée parmi les valeurs sûres de genre (Lacuna Coil, The Gathering, Within Temptation entre autres), gràce à des mélodies inspirées, une musique riche en instruments et choeurs divers et surtout voit l'éclosion d'une nouvelle diva, Amy Lee. Une sortie majeure de 2003 tout simplement. (Stef - Metal Nightfall).


TRACKLIST:


A1. Going Under
A2. Bring Me To Life
A3. Everybody's Fool
A4. My Immortal
A5. Haunted
A6. Tourniquet

B1. Imaginary
B2. Taking Over Me
B3. Hello
B4. My Last Breath
B5. Whisper




samedi 11 mars 2017

RAMMSTEIN - Liebe Ist Für Alle Da



RAMMSTEIN - Liebe Ist Für Alle Da - 2009
Universal Music Group ‎– 2721463 – 2 × Vinyl, LP, Album, Limited Edition, Gatefold


Accrochez-vous à vos basques, mes amis, car ce "Liebe Ist Für Alle Da" est tout simplement EPOUSTOUFLANT !



Dire que c'est leur meilleur album est délicat... même s'il paraissait difficile de dépasser "Reise Reise" ou encore "Mutter" (passons "Rosenrot" sous silence). Et pourtant ils l'ont fait. Incroyable ! Un tel talent se rencontre rarement, et il a tout de même fallu beaucoup de douleur aux membres du groupe pour accoucher de cette merveille (au lieu de spliter, ce qui constitue quand même un extrême inverse assez fort, comme tout ce qu'ils font d'ailleurs), qui renferme tout ce que l'on aime de Rammstein... et plus encore. Rythmiques martiales, choeurs altiers, murs de guitares (merci R. Kruspe), un son dantesque (dû à Jacob Hellner), des beats technoïdes saupoudrés juste ce qu'il faut de samples ingénieux, et surtout, surtout, SURTOUT : une inspiration folle. Après tant de titres forts écrits au cours de ces années, comment ont-ils pu puiser encore tant de nouveauté, tant... d'inspiration, c'est vraiment le mot ! Je ne sais pas quelle muse les suit, mais elle a la besace bien remplie de poudre de perlimpimpin. Tous les titres sans exception sont des tueries, les uns après les autres. Tous font mouche, qu'ils soient lents ou rapides, drôlatiques (disons plutôt cyniques) ou ténébreux. Till Lindeman nous a encore gratifié de textes somptueux souvent à double sens (pour ceux qui comprennent la langue de Goethe), terriblement acérés et intelligents, un peu à la manière d'un Brian molko (Placebo) encore plus retors.



Vous aurez déjà remarqué que Rammstein a poussé le vice (sans jeu de mot) jusqu'à réaliser un clip carrément porno de "Pussy", qui risque bien de défrayer la chronique... provoc ou art poussé au paroxysme ? En tout cas ils sont bel et bien les 1ers à aller si loin.

On attaque donc les hostilités avec un "Rammlied" fédérateur qui renvoie presque "Mein Herzt brennt" aux oubliettes : le bulldozer est en marche ! Un énorme "Ramm-stein" nous est asséné en choeurs rehaussés d'un riff monstrueux. Ca démarre fort. Derrière, "Ich Tu Dir Weh" (je te fais mal) s'incruste immédiatement dans le cortex, très heavy lui aussi, ultra-direct, au beat imparable. On est ensuite convié à la chasse à cours avec "Waidmann's Heil" au son du cor, se déroulant sur une rythmique martiale typique et effreinée aux sonorités "folkloriques", avant de passer à "Haifisch", titre entrainant nappés de claviers/samples old school. Avec "B*******", on retrouve le coté ténébreux du groupe, lent et lourd, majestueux, du type "Wo bist Du ?". Le marteau de Thor nous écrase. "Pussy" déboule en fanfare, dans la droite lignée de "Benzin" par exemple... torride et furieux, rapide et original, avec ses ambiances que seul rammstein sait distiller. "Frühling in Paris" (printemps) est un pur ovni déjanté et superbe, démarré en acoustique/claviers, puis monté en chantilly saturée jusqu'à entendre Till gueuler "Non, rien de rien...", clin d'oeil post apocalyptique à la Môme bien sûr... Ter-ri-ble ! "Wiener Blut" (le sang de Vienne), dédié à l'autrichienne sequestrée dans une cave, nous plonge d'entrée dans une ambiance sépulcrale, dérange et nous oblitère tout net à l'aide d'un riff sans pitié accompagné de murs de guitares cyclopéens... wow, quelle baffe ! Till déclame d'une voie glacée son texte. Frissons garantis. Suit "Liebe ist für alle Da", éponyme, puissant, qui permet tout de même de récupérer de l'upercut précédent. Puis "Mehr" remet la pression dans le rouge, semblable à "Rammlied", avec un pilonnage en règle de nos tympans" axé sur un riff génial, une fois de plus (mais où vont-ils les chercher ?!!!). Clôture de la fête avec "Roter Sand" en beauté, titre 100% rammsteinien et novateur en même temps. Boum, on peut débrancher...

Inutile de préciser que tous les fans du groupe vont crier au génie, mais ce que je suis curieux de voir, c'est l'effet que va avoir cet album impérial sur tous les autres, et la deferlante live que va engendrer ce phénomène.

Chapeau bas messieurs pour ce coup de maître (un de plus, mais le plus fort).

Une seule question me vient à l'esprit : seront-ils un jour capables de faire mieux, et si oui, lequel d'entre eux va vendre son âme au diable pour y arriver ? Sera-ce le dernier album d'un groupe parvenu au sommet ?



TRACKLIST:

A1. Rammlied
A2. Ich Tu Dir Weh
A3. Waidmanns Heil

B1. Haifisch
B2. B********
B3. Frühling In Paris

C1. Wiener Blut
C2. Pussy
C3. Liebe Ist Für Alle Da

D1. Mehr
D2. Roter Sand





Rammstein - Ich Tu Dir Weh from Friedrich Mary on Vimeo.

vendredi 10 mars 2017

No Doubt - Tragic Kingdom



No Doubt ‎– Tragic Kingdom (1995)

Interscope Records ‎– 92580-1 – Limited Edition, Reissue, Clear  – (2016)



Et voici un des plus grands succès rock des années 90. Dire que Tragic Kingdom a fait un carton est un tendre euphémisme. A quoi ça tient parfois... comme à leur habitude, les membres de No Doubt ont composé un ensemble déjanté, celui-ci étant nettement plus nerveux que les précédents. Ils y ont glissé une petite ballade bien faite et hop, ils ont fait le supertube international de la mort qui tue. Bon, il y a d'autres chansons aussi connues que « Don't speak » mais le cercle est assez restreint. Moi qui était ado en 1996, je ne compte plus les fois où je l'ai entendue. Elle passait en radio à tout bout de champ. Et pourtant je n'étais pas du tout branché sur la musique pop/rock à cette époque, je n'ai d'ailleurs pu mettre un nom là-dessus qu'en 2000, quand je me suis intéressé au groupe. Et il a suffi de ce single pour provoquer le succès de l'album, pourtant d'un abord assez délicat. Quand on lit les critiques de l'époque, on sent d'ailleurs que les gens se grattaient un peu la tête devant un tel fatras.

Et pourtant, indiscutablement, Tragic Kingdom a du sens. Pendant les quelques mois qui se sont écoulés depuis la sortie clandestine de leur deuxième album, le style a peu évolué, il est juste devenu encore un peu plus axé sur les guitares. Il s'agit donc de rock alternatif mâtiné de musique jamaïcaine (ska et reggae ), avec diverses tentations pop, le tout étant ici en moyenne assez speedé. Une différence importante cependant, Gwen Stefani a commencé à s'occuper des textes. Avant ils étaient un peu divers et variés, souvent un peu satiriques. Ici, ça tourne plus autour de l'identité féminine en plus de ce qui se rapporte à la rupture entre Gwen et le bassiste Tony Kanal. Sans rancune, ils ont quand même continué à se côtoyer dans le groupe sans problème apparent. A part ça, c'est plus éclectique que jamais, il faut dire que l'album est plutôt long, avec quatorze chansons réparties sur une heure, dont la moitié ont été des singles. Il faut avouer que dans ces conditions, il est difficile de vraiment toutes les aimer, mais en ce qui me concerne, on n'est pas loin du compte.

J'ai toujours trouvé qu'on pouvait diviser le disque en trois parties d'environ vingt minutes. La première va de « Spiderwebs » à « Different people » et oscille entre ska et rock binaire, avec plusieurs interventions de cuivres semblables à celles des premiers albums. « Spiderwebs » et « Just a girl » sont très notables et avaient d'ailleurs été les deux premiers singles de l'album, sans grand succès malheureusement. « Excuse me Mr » est presque punk mais avec un amusant passage jazzy. Alors que « Happy now » est du bon remplissage, je n'ai jamais été très convaincu par « Different people », mais je pense que c'est surtout à cause de ses paroles plutôt naïves et creuses.

La partie centrale est, à mon sens, ce que le groupe a fait de mieux. « Hey you » joue la carte des sons indiens, avec un rock beaucoup plus carré. « The climb » est un vrai délire. Un rock lent un peu rétro qui décrit une ascension. Est-ce de l'alpinisme ou une métaphore, aucune idée mais je trouve ça vraiment marrant, en particulier le refrain. Et ensuite s'enchaînent « Sixteen » et « Sunday morning », qui oscillent incroyablement facilement entre punk et reggae. Je suis vraiment bluffé à chaque fois, même en ayant écouté l'album à de nombreuses reprises. Et quand survient « Don't speak », elle s'encastre si parfaitement après les quatre autres que je sais alors que je suis en présence de vrais artistes.

Bon, la troisième partie m'emballe un rien moins. Le groupe y complète son éclectisme, avec notamment de la dance sur « You can do it » et des éléments country sur « World go round ». Les deux dernières chansons abordent un style plus dramatique. « Let's end it on this » et surtout la chanson-titre sont d'excellents numéros, plus complexes que ce qui précède, ce pourquoi ils n'avaient aucune chance d'être single, mais qui s'en soucie... A mon sens, cette fin est plutôt incroyable, on y sent la maîtrise rythmique du groupe, sans doute leur plus gros point fort.

Pour la petite histoire, Eric Stefani, le frère de Gwen, claviériste et fondateur du groupe, qui a beaucoup écrit et composé, a jeté l'éponge avant la parution de l'album, pressentant un échec de plus. Quelle erreur... et pourtant il n'est pas revenu sur sa décision, laissant ses quatre comparses partir en tournée. Une tournée qui s'est avérée monumentale... ils ont parcouru le monde pendant deux ans et demi, n'ayant pas l'occasion de vraiment travailler à du nouveau matériel avant 1999. Entre-temps, les amateurs du groupe ont eu l'occasion de se mettre la réédition du deuxième album sous la dent en 1997 mais le quatrième album n'est sorti que début 2000. Si Return of Saturn est une nouvelle réussite artistique, il présente une grosse évolution du style et une construction d'album très différente.

Tragic Kingdom restera donc un phénomène unique, un album étrange et gonflé au succès inespéré et sans véritable équivalent. Pour quelque chose d'aussi décousu, je ne parlerai pas de chef-d’œuvre, mais c'est tout comme, la densité musicale est étourdissante. Qu'on aime ou pas les mélanges des genres, ceci restera un des disques qui comptent dans l'histoire du rock, il s'agit d'un des vrais incontournables des années 90 que tout le monde connaît ou devrait connaître. (ARP2600 - FP).


TRACKLIST:

A1       Spiderwebs
A2       Excuse Me Mr.
A3       Just A Girl
A4       Happy Now?
A5       Different People
A6       Hey You
A7       The Climb

B1       Sixteen
B2       Sunday Morning
B3       Don't Speak
B4       You Can Do It
B5       World Go 'Round
B6       End It On This
B7       Tragic Kingdom









K's Choice - Paradise In Me



K's Choice ‎– Paradise In Me
Music On Vinyl ‎– MOVLP15432 Vinyls, LP, Etched, Limited Edition, Numbered, 180 gram, Gold & Black Mixed


Est-ce à cause du ciel trop bas et des canaux qui se pendent ? Ce que je connais du rock belge m'évoque beaucoup plus la gueule de bois des lendemains qui ne chantent pas que les flonflons de la fête de la bière. VenusDeus, K's Choice... Tous ces groupes ont au moins une chanson qui serre le cœur. C'est d'autant plus le cas de K's Choice que la chanteuse Sarah Bettens a reçu des dieux une voix légèrement rocailleuse, un peu traînante et totalement exceptionnelle. Moi qui d'ordinaire suis beaucoup plus sensible à la musique qu'au chant, je dois confesser que je suis complètement accro à ce timbre magnifique et naturellement mélancolique. Paradise In Me a beau être nettement plus rock que le précédent album, il y a toujours une tristesse qui affleure insidieusement au beau milieu des lourdes croches de basse et des gros accords de guitare. Le génial geignement qui introduit Not An Addict exprime d'ailleurs bien mieux toutes ces sensations mêlées que mes mots usés en cette nuit de fatigue avancée. (Starless).


TRACKLIST:

A1. Not An Addict
A2. A Sound That Only You Can Hear
A3. White Kite Fauna
A4. Mr. Freeze
A5. Song For Catherine

B1. To This Day
B2. Iron Flower
B3. Wait
B4. Paradise In Me

C1. My Record Company
C2. Only Dreaming
C3. Dad
C4. Old Woman
C5. Something's Wrong