vendredi 10 mars 2017

No Doubt - Tragic Kingdom



No Doubt ‎– Tragic Kingdom (1995)

Interscope Records ‎– 92580-1 – Limited Edition, Reissue, Clear  – (2016)



Et voici un des plus grands succès rock des années 90. Dire que Tragic Kingdom a fait un carton est un tendre euphémisme. A quoi ça tient parfois... comme à leur habitude, les membres de No Doubt ont composé un ensemble déjanté, celui-ci étant nettement plus nerveux que les précédents. Ils y ont glissé une petite ballade bien faite et hop, ils ont fait le supertube international de la mort qui tue. Bon, il y a d'autres chansons aussi connues que « Don't speak » mais le cercle est assez restreint. Moi qui était ado en 1996, je ne compte plus les fois où je l'ai entendue. Elle passait en radio à tout bout de champ. Et pourtant je n'étais pas du tout branché sur la musique pop/rock à cette époque, je n'ai d'ailleurs pu mettre un nom là-dessus qu'en 2000, quand je me suis intéressé au groupe. Et il a suffi de ce single pour provoquer le succès de l'album, pourtant d'un abord assez délicat. Quand on lit les critiques de l'époque, on sent d'ailleurs que les gens se grattaient un peu la tête devant un tel fatras.

Et pourtant, indiscutablement, Tragic Kingdom a du sens. Pendant les quelques mois qui se sont écoulés depuis la sortie clandestine de leur deuxième album, le style a peu évolué, il est juste devenu encore un peu plus axé sur les guitares. Il s'agit donc de rock alternatif mâtiné de musique jamaïcaine (ska et reggae ), avec diverses tentations pop, le tout étant ici en moyenne assez speedé. Une différence importante cependant, Gwen Stefani a commencé à s'occuper des textes. Avant ils étaient un peu divers et variés, souvent un peu satiriques. Ici, ça tourne plus autour de l'identité féminine en plus de ce qui se rapporte à la rupture entre Gwen et le bassiste Tony Kanal. Sans rancune, ils ont quand même continué à se côtoyer dans le groupe sans problème apparent. A part ça, c'est plus éclectique que jamais, il faut dire que l'album est plutôt long, avec quatorze chansons réparties sur une heure, dont la moitié ont été des singles. Il faut avouer que dans ces conditions, il est difficile de vraiment toutes les aimer, mais en ce qui me concerne, on n'est pas loin du compte.

J'ai toujours trouvé qu'on pouvait diviser le disque en trois parties d'environ vingt minutes. La première va de « Spiderwebs » à « Different people » et oscille entre ska et rock binaire, avec plusieurs interventions de cuivres semblables à celles des premiers albums. « Spiderwebs » et « Just a girl » sont très notables et avaient d'ailleurs été les deux premiers singles de l'album, sans grand succès malheureusement. « Excuse me Mr » est presque punk mais avec un amusant passage jazzy. Alors que « Happy now » est du bon remplissage, je n'ai jamais été très convaincu par « Different people », mais je pense que c'est surtout à cause de ses paroles plutôt naïves et creuses.

La partie centrale est, à mon sens, ce que le groupe a fait de mieux. « Hey you » joue la carte des sons indiens, avec un rock beaucoup plus carré. « The climb » est un vrai délire. Un rock lent un peu rétro qui décrit une ascension. Est-ce de l'alpinisme ou une métaphore, aucune idée mais je trouve ça vraiment marrant, en particulier le refrain. Et ensuite s'enchaînent « Sixteen » et « Sunday morning », qui oscillent incroyablement facilement entre punk et reggae. Je suis vraiment bluffé à chaque fois, même en ayant écouté l'album à de nombreuses reprises. Et quand survient « Don't speak », elle s'encastre si parfaitement après les quatre autres que je sais alors que je suis en présence de vrais artistes.

Bon, la troisième partie m'emballe un rien moins. Le groupe y complète son éclectisme, avec notamment de la dance sur « You can do it » et des éléments country sur « World go round ». Les deux dernières chansons abordent un style plus dramatique. « Let's end it on this » et surtout la chanson-titre sont d'excellents numéros, plus complexes que ce qui précède, ce pourquoi ils n'avaient aucune chance d'être single, mais qui s'en soucie... A mon sens, cette fin est plutôt incroyable, on y sent la maîtrise rythmique du groupe, sans doute leur plus gros point fort.

Pour la petite histoire, Eric Stefani, le frère de Gwen, claviériste et fondateur du groupe, qui a beaucoup écrit et composé, a jeté l'éponge avant la parution de l'album, pressentant un échec de plus. Quelle erreur... et pourtant il n'est pas revenu sur sa décision, laissant ses quatre comparses partir en tournée. Une tournée qui s'est avérée monumentale... ils ont parcouru le monde pendant deux ans et demi, n'ayant pas l'occasion de vraiment travailler à du nouveau matériel avant 1999. Entre-temps, les amateurs du groupe ont eu l'occasion de se mettre la réédition du deuxième album sous la dent en 1997 mais le quatrième album n'est sorti que début 2000. Si Return of Saturn est une nouvelle réussite artistique, il présente une grosse évolution du style et une construction d'album très différente.

Tragic Kingdom restera donc un phénomène unique, un album étrange et gonflé au succès inespéré et sans véritable équivalent. Pour quelque chose d'aussi décousu, je ne parlerai pas de chef-d’œuvre, mais c'est tout comme, la densité musicale est étourdissante. Qu'on aime ou pas les mélanges des genres, ceci restera un des disques qui comptent dans l'histoire du rock, il s'agit d'un des vrais incontournables des années 90 que tout le monde connaît ou devrait connaître. (ARP2600 - FP).


TRACKLIST:

A1       Spiderwebs
A2       Excuse Me Mr.
A3       Just A Girl
A4       Happy Now?
A5       Different People
A6       Hey You
A7       The Climb

B1       Sixteen
B2       Sunday Morning
B3       Don't Speak
B4       You Can Do It
B5       World Go 'Round
B6       End It On This
B7       Tragic Kingdom









K's Choice - Paradise In Me



K's Choice ‎– Paradise In Me
Music On Vinyl ‎– MOVLP15432 Vinyls, LP, Etched, Limited Edition, Numbered, 180 gram, Gold & Black Mixed


Est-ce à cause du ciel trop bas et des canaux qui se pendent ? Ce que je connais du rock belge m'évoque beaucoup plus la gueule de bois des lendemains qui ne chantent pas que les flonflons de la fête de la bière. VenusDeus, K's Choice... Tous ces groupes ont au moins une chanson qui serre le cœur. C'est d'autant plus le cas de K's Choice que la chanteuse Sarah Bettens a reçu des dieux une voix légèrement rocailleuse, un peu traînante et totalement exceptionnelle. Moi qui d'ordinaire suis beaucoup plus sensible à la musique qu'au chant, je dois confesser que je suis complètement accro à ce timbre magnifique et naturellement mélancolique. Paradise In Me a beau être nettement plus rock que le précédent album, il y a toujours une tristesse qui affleure insidieusement au beau milieu des lourdes croches de basse et des gros accords de guitare. Le génial geignement qui introduit Not An Addict exprime d'ailleurs bien mieux toutes ces sensations mêlées que mes mots usés en cette nuit de fatigue avancée. (Starless).


TRACKLIST:

A1. Not An Addict
A2. A Sound That Only You Can Hear
A3. White Kite Fauna
A4. Mr. Freeze
A5. Song For Catherine

B1. To This Day
B2. Iron Flower
B3. Wait
B4. Paradise In Me

C1. My Record Company
C2. Only Dreaming
C3. Dad
C4. Old Woman
C5. Something's Wrong





mercredi 8 mars 2017

George MICHAEL - Listen Without Prejudice





GEORGE MICHAEL - LISTEN WITHOUT PREJUDICE
Epic ‎– 467295 1 ‎– (1990)


Ses cheveux brushés bien dans le vent, son meilleur profil présenté aux objectifs, la barbe taillée au millimètre, tout frôle la perfection dans le look de Georginna la plus célèbre anglo chypriotte du show biz. Et si on arrivait à être sérieux deux minutes lorsqu'il s'agit de l'ex égérie de WHAM, on dirait que sa voix est bien dans la droite lignée de son look : quasi parfaite. On se souvient tous de Faith et de son incroyable postérité. Il semble toutefois que le tour soit difficile à rejouer. Pourtant, trois années ont passé et George repart à l'assaut des charts, des dancefloor, des cœurs de ses admiratrices et rateurs... Pas simple !

Alors quand en Aout 1990 - été fort studieux pour votre serviteur qui prépare Sciences Po avec le plus grand sérieux, si si ! -, sort ce "Praying for time" on se dit qu'il n'y a rien à faire, que ce mec transforme en or tout ce qu'il touche, et que vraiment yen a qui ont du talent ! Car cette chanson est une merveille absolue, elle contient tout ce qui fait d'une composition un standard : douceur, volupté, smooth, mélodie, chant d'airain - pour un descendant d'Achille, c'est la norme palsambleu ! -. C'est "Waiting for the day" sa ritournelle plus pop à la VELVET UNDERGROUND - mais oui c'est un pastiche de "Take a walk on the wild side", écoutez donc la fin ! - qui prend le relais mais ô scandale n'atteint pas la marche suprême du billboard, loin du compte... Quel camouflet pour notre mignonne petite princesse méditerranéenne ! Mais on va pas s'arrêter là pour autant, par Zeus ! D'autant que le titre suivant va casser la baraque ! En effet "Freedom 90" va rafler toutes les pole positions de notre bas monde... Ouais tout le monde la connaît, je vais tout de même pas vous la chanter ! George est à nouveau sur l'Olympe ! "Heal the pain", malgré ses percus son esprit festif et sa coolitude ne chartera pas aux US... Enfin nous achevons la ronde des singles avec le torride mid slow "Cowboys and angels", son piano typée eighties, cette basse ondoyante et ce smooth ultime qui n'appartient qu'à George MICHAEL, grande classe ! Malgré toutes ses qualités la composition ne sera pas un succès...

Comme toujours avec notre grande folle, le reste de l'album est de qualité. Ainsi "They won't go when I go", son esprit gospel, ses chuchotements, l'esprit pourrait sortir d'une des grandes paroisses de Harlem, cela ne choquerait personne. Un chef d'oeuvre ou notre artiste fait preuve d'une capacité encore accrue à faire passer les émotions. Magnifique ! je ne suis en revanche pas spécialement fan du titre dance qu'est "Soul free", un brin trop "entendu" à mon goût, mais il faut admettre qu'il bouge bien. Le petit titre poppy qu'est "Waiting" avec sa jolie guitare folk s'écoute lui très bien. "Waiting for the day"est juste jouissive, bien que toute calme. Enfin, on ne peut éviter d'évoquer le morceau "Mother pride", titre très personnel de George qui sera "l'hymne" de la guerre du golfe en 1991, pas vraiment un titre de gloire, mais une postérité comme une autre. La composition est très belle et la voix de George y est superbe.

Ce très bel album ne fera pas le poids face à son intouchable aîné. Il est pourtant de qualité. Mais seulement 8 millions d'exemplaires vont s'écouler - 3 fois moins que faith - de par le monde. Certes... Pourtant il contient plusieurs standards de la musique populaire et George y fait la preuve de son immense talent. Foin des moqueries, on ne peut lui daigner toutes les qualités qui en font un des plus grands chanteurs de l'histoire.



TRACKLIST:

A1. Praying For Time
A2. Freedom 90
A3. They Won't Go When I Go
A4. Something To Save
A5. Cowboys & Angels
B1. Waiting For That Day
B2. Mothers Pride
B3. Heal The Pain
B4. Soul Free
B5. Waiting (Reprise)






INDOCHINE - Dancetaria




INDOCHINE - DANCETARIA
Indochine Records ‎– 88985303031 ‎– 2
 LP, Album, Reissue (2016)


Achevé quelques semaines après la mort brutale de Stéphane (le guitariste) en février 99, Dancetaria se révèle comme l’album le plus sombre et abouti de toute la carrière d’Indochine. Bien qu’il ne fasse toujours pas grand écho dans les médias (soutien de MCM et Europe 2), le groupe acquiert une notoriété neuve et le soutien d’un public qui ne le lâchera plus. Un succès inespéré pendant une période des plus noires.

Comme « Stef 2 » qui fera office de second extrait, « Juste toi et moi » reprend plutôt les sonorités brutes et électriques de Wax et n’annonce donc pas vraiment la couleur de l’album, plus électro noisy et écléctique. Dancetaria rappelle parfois Garbage (sans doute grâce à Gareth Jones derrière les manettes), Depeche Mode (« Venus ») ou même le Cure de Disintegration (« Le message ») à la sauce Indochine ; le résultat s’avère aussi percutant que peu convenu. La touche électro très particulière de Jean-Pierre Pilot et surtoût celle d’Oli de Sat se reconnaissent d’emblée et annoncent la troisième vie que connaîtra le groupe en 2002 (Paradize).

Nicola Sirkis accouche de ses textes les plus poétiques et ciselés (« Justine », suite logique des « Silences de Juliette ») tout en participant davantage à la composition (« Venus », « Le message », « Justine »). Les émois adolescents se partagent ici la couverture avec le vide intérieur que procure la perte d’un proche (« Dancetaria »), voire l’espoir de le retrouver (« Halleluya »). Pour le reste, Jean-Pierre Pilot rattrape les musiques inachevées de Stéphane (« Atomik sky », « Manifesto »). De cette diversité émane une contradiction musicale riche, à califourchon entre le rétro (la new et cold wave eighties) et le futurisme (le rock à tendance indus, électro voire même métal des années 2000). Une véritable prouesse artistique.

Dancetaria ne peut se comparer à un simple album tant l’émotion qui le parsème côtoie l’impudeur. LE chef-d’œuvre d’Indochine, qui ne retrouvera plus la même inspiration par la suite. Indispensable. (Arno Mothra).


TRACKLIST:

A1. Dancetaria
A2. Juste toi et moi
A3. Manifesto (les divisions de la joie)
B1. Justine
B2. Atomic sky
B3. Rose song
C1. Stef II
C2. She Night
C3. Venus
D1. Astroboy
D2. Halleluya
D3. Le message





mardi 7 mars 2017

Hooverphonic - In Wonderland



Hooverphonic ‎– In Wonderland
Columbia ‎– 88875190301 - 2016


Depuis 1995, le groupe belge crée de l’excellente musique pop clairement inspirée de l’univers du cinéma. Alex Callier n’a jamais caché son adoration pour John Barry.  Il suffit d’écouter leurs hits : de Mad About You et Eden à The Night Before et Anger Never Dies jusqu’au récent single Badaboum.
Hooverphonic c’était aussi une histoire de femmes. L’histoire d’une saga pour ce groupe qui aura vu Liesje SadoniusKyoko BaertsoenEsther Lybeert, la mythique Geike Arnaert et Noémie Wolfs se succéder avec plus ou moins de succès. Ces deux dernières décennies Hooverphonic a bâti sa légende de faiseurs de tubes malgré cette perpétuelle rotation de chanteuses. Carlier, ce réputé perfectionniste, semblait à la recherche de la voix féminine ultime.
« On est très fidèles donc on a toujours travaillé qu’avec une seule chanteuse. Quand on a décidé d’arrêter avec Noémie, on s’est dit qu’on n’allait pas être monogame toute notre vie ! » disait récemment Carlier dans une interview du Soir Mag.
Avec six chanteurs invités et trois nouvelles voix pour le live, dont une masculine, Hooverphonic 2.0 est un né. Après le départ de Noémie, le groupe choisit consciemment l’incohérence sur In Wonderland. « On met en lumière notre éclectisme en ces temps éclectiques », dit Alex Callier.
Toutefois, sur les dix chansons figurant sur In Wonderland, neuf contiennent des cordes. Les cordes constituent le fil conducteur de cet album, mais aussi de toute la production de la formation.
Face A et B
Pour In Wonderland, Hooverphonic abandonne le principe de l’album concept typique. Ils ont compris les nouvelles habitudes d’écoute de leurs contemporains, l’ère des playlists, de Spotify, de Deezer et d’Apple Musique. Chaque chanteur et chanteuse at hérité de deux chansons, une radio friendly, et une autre plus expérimentale. Le résultat est un album en dix pistes, ou plutôt cinq singles avec une face A et une face B. Et ce n’est pas un hasard si l’ensemble est présenté sous la forme d’une boîte avec cinq pochettes pour vinyle, chacune dans une couleur différente, comme dans les 60’s.
Melting-pot d’artistes
Le casting retenu est très international : Emilie Satt (cfr. Madame Monsieur, Oxmo Puccino, Benjamin Siksou…) est Française. Christa Jérôme (Marc Moulin, Starflam) est Belge, Tjeerd Bomhof (aka Dazzled Kid) est Hollandais. Janie Price (aka BIRD), Neil Thomas (aka Litlo Tinz) et Felix Howard sont Anglais.
Les chansons ont été chantées dans des endroits différents. Une petite île en Norvège, à Milan, à Londres et en Belgique bien sûr, où ils ont leur propre studio. Tous les chanteurs ont collaboré à l’élaboration de leur chanson. C’est pourquoi chaque morceau a sa propre saveur, sa propre approche. A voir maintenant comment le groupe gérera les lives.
L’album s’ouvre sur « Badaboum! Hey ho, t’es tombé sur un salaud. Patatras, Eh bas c’est sûrement celui de trop ! »  C’est sans conteste le tube du moment sur les ondes radio. Voix sexy, envolées de violons et un joli rythme balancé.
 Suivi de I Like The Way I Dance, une chanson pop-souplette qui ne restera pas dans les annales.
 Des rythmes et des mélodies très différentes, pour ne pas dire opposées.
Cocaine Kids qui n’est pas sans rappeler les jeunes années de David Bowie, est un rock n’roll psychédélique qui nous emmène tout droit dans un monde coloré et déjanté. Alors que Deep Forestrappelle Hiding In A Song de Portishead à la sonorité western chère à Alex Carlier.
 Les fans d’Hooverphonic pourront se sentir un peu décontenancé à l’écoute de l’album. On retrouve toujours l’esprit pop vintage et les cordes cinématographiques, mais ils ont réussi leur pari de se donner un coup de fraîcheur. Il s’agit de l’album le plus éclectique et le plus varié du duo et le résultat est assez intéressant.  (Sophie Roman).


TRACKLIST:

A1. In Wonderland
A2. I Like The Way I Dance
A3. Badaboum
A4. Cocaine Kids
A5. Deep Forest

B6. Thin Line
B7. Hiding In A Song
B8. Praise Be
B9. God's Gift
B10. Moving




mercredi 1 mars 2017

The Birthday Massacre - Superstition



THE BIRTHDAY MASSACRE - SUPERSTITION
Metropolis ‎– MET 965 - (2014)

Superstition est mine de rien le sixième album de la formation canadienne The Birthday Massacre, pour déjà 15 ans de carrière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la charismatique Chibi et sa bande sont restés fidèles à eux-mêmes malgré le temps et leurs différentes modes. Intemporel, c’est ce qui pourrait décrire le mieux le son du sextet de Toronto. Entre un nu-metal pêchu, une synthpop envoûtante et un goth-rock lumineux, le son de TBM est unique. Et à peine les premières notes de "Divide" lancées, on retrouve avec bonheur l’univers atypique du groupe. Le précédent album, Hide & Seek, avait cela dit amorcé une tendance plus douce, plus pop, et bien il est ici accentué, si bien que les ambiances aux synthés prennent bien souvent le dessus sur les guitares. On notera évidemment quelques éclats de ces dernières sur les excellentes "Destroyer", mais surtout sur "The Other Side" et son riff très lourd. Un petit mot sur le travail vocal de l’énigmatique frontwoman, toujours au top, qui délivre des lignes vocales très accrocheuses. Réalisée via une campagne de crowdfunding concluante, produite par Dave Ogilvie (Skinny Puppy, Nine Inch Nails, Puscifer) et sortie via Metropolis Records, cette nouvelle galette du combo est une réussite.(Axel R. - Alternative News).


TRACKLIST:

01. Divide
02. Diaries
03. Superstition
04. Destroyer
05. Surrender
06. Oceania
07. Rain
08. Beyond
09. The Other Side
10. Trinity






dimanche 6 septembre 2015

Carlos Santana & Buddy Miles ! Live !



CARLOS SANTANA & BUDDY MILES ! LIVE ! (1972)
CBS ‎- S 65142 - Netherlands

L’année 1972 semble être une année de repos pour l’ami Carlos SANTANA. Entre les enregistrements des albums III et Caravanserai, le virtuose de la six cordes révélé à Woodstock s’accorde une tournée avec son ami, le batteur Buddy MILES, connu pour son jeu percutant et pour avoir coulé le Band Of Gypsys en s’étant attiré les foudres des puristes d’Hendrix qui regrettaient le jeune Mitch MITCHELL… Monumentale erreur selon moi. Quoiqu’il en soit, ladite tournée est aussi un prétexte qui permet à SANTANA de s’éloigner de son groupe étouffant et sombrant de plus en plus à mesure que le succès grandit (et il est pour la troupe, à l’époque, monumental) dans la trilogie sex, drugs and rock n’ roll. Finalement, la tournée s’achève sur cet album qu’il s’agit maintenant de décortiquer.

Joué et enregistré dans le cratère d’un volcan Hawaïen (sans déconner), ce concert ne pouvait en être que brûlant. Les deux premiers titres sont des instrumentaux, plutôt brefs par rapport à ce que nous avait habitué l’ami mexicain, mais joués à la vitesse de la lumière avec tous les instrumentistes du groupe réunis (peut-on imaginer un Santana sans ses divines percussions ?), la frappe funky de Buddy Miles en prime. Car là est tout l’intérêt de la galette : la guitare est là, cela ne fait aucun doute, les ingrédients de tous les (bons) Santana aussi, mais le tout se trouve magnifié par l’impulsion funky de MILES, impulsion qu’il avait parvenu à transmettre à HENDRIX quelques temps plus tôt mais qui n’avait pas su se libérer du carcan du trio. N’écoutons que « Them Changes », déjà interprétée dans le live du Band Of Gypsys mais de manière plutôt mollassonne (cet échec avait été attribué au batteur, aussi compositeur et chanteur du titre). Or, quand on entend ce que, cette fois-ci, la dizaine de musiciens présents sur scène a réussi à en faire, le solo de Santana, la voix de Miles enfin épanouie et qui hurle sur la fin comme emportée par sa propre folie, on peut se dire que c’est le Voodoo Child qui n’avait su tirer pleinement partie de l’immense potentiel de son batteur. Vous l’aurez compris, « Them Changes » est furieuse, Santana, Miles et leurs compagnons y excellent, chacun dans leur domaine.

Et puis il y a « Evil Ways », reprise d’une reprise parue sur le premier Santana. Tout d’abord, d’où sort cette intro ?? S’en suit la totale : jouée deux fois plus rapidement, trois chanteurs à la SLY AND THE FAMILY STONE, ces trompettes fabuleuses (comme sur « Them Changes » d’ailleurs), le riff magnifiquement exécuté par un SANTANA qui laisse ses copains claviéristes, trompettistes et percussionnistes s’éclater comme bon leur semble. Dansant tout simplement (à en croire les réactions du public, manifestement conquis par la fiesta générale), et un chroniqueur de disque de salsa vous l’expliquera mieux que moi.

Mais bon voilà, ces deux titres sont les deux seuls potentiellement écoutables : l’intérêt du dernier titre réside dans ses 25 minutes de délire portée par une basse proéminente, tendant irrémédiablement cette fois vers le funk, et où chacun des solistes a son mot à dire. Mention spéciale au son de la guitare de SANTANA, particulièrement acerbe et vicieux. Impossible de vous en décrire ici toutes les ficelles, je signale juste ce petit roulement militaire aux alentours des 11 minutes où guitare, basse, synthé (qui fait aussi des merveilles ne l’ai-je pas assez souligné ?), flûte (?) et bien sûr batterie fricotent avec un groove implacable avant l’explosion et les « whoohoo » incantatoires de MILES.

Vous l’avez sûrement compris, ce live est porté par des musiciens d’exception et par des titres en fusion, à la croisée entre les genres latinos propres à Carlos SANTANA, le jazz électrique qui allait bientôt accaparer sa carrière et le funk apporté par Buddy MILES. Rien n’est à jeter ça non, mais on peut regretter le peu de chansons (on en vent encore !) et les instrumentaux qui, délirants au premier abord et très bien menés (d’autant plus qu’improvisés de A à Z, j’ose le croire, dans le cas de « Free Form Funkafide Filth »), s’avèrent vite lourds et à ne pas écouter tous les jours. Tout cela reste quand même plus que recommandable, si ce n’est que pour (re)découvrir ce guitariste d’exception et se batteur/chanteur infiniment mal jugé. (TomTom - FP).


TRACKLIST:

A1. Marbles
A2. Lava
A3. Evil Ways
A4. Faith Interlude
A5. Them Changes

B. Free Form Funkafide Filth