mercredi 8 mars 2017

George MICHAEL - Listen Without Prejudice





GEORGE MICHAEL - LISTEN WITHOUT PREJUDICE
Epic ‎– 467295 1 ‎– (1990)


Ses cheveux brushés bien dans le vent, son meilleur profil présenté aux objectifs, la barbe taillée au millimètre, tout frôle la perfection dans le look de Georginna la plus célèbre anglo chypriotte du show biz. Et si on arrivait à être sérieux deux minutes lorsqu'il s'agit de l'ex égérie de WHAM, on dirait que sa voix est bien dans la droite lignée de son look : quasi parfaite. On se souvient tous de Faith et de son incroyable postérité. Il semble toutefois que le tour soit difficile à rejouer. Pourtant, trois années ont passé et George repart à l'assaut des charts, des dancefloor, des cœurs de ses admiratrices et rateurs... Pas simple !

Alors quand en Aout 1990 - été fort studieux pour votre serviteur qui prépare Sciences Po avec le plus grand sérieux, si si ! -, sort ce "Praying for time" on se dit qu'il n'y a rien à faire, que ce mec transforme en or tout ce qu'il touche, et que vraiment yen a qui ont du talent ! Car cette chanson est une merveille absolue, elle contient tout ce qui fait d'une composition un standard : douceur, volupté, smooth, mélodie, chant d'airain - pour un descendant d'Achille, c'est la norme palsambleu ! -. C'est "Waiting for the day" sa ritournelle plus pop à la VELVET UNDERGROUND - mais oui c'est un pastiche de "Take a walk on the wild side", écoutez donc la fin ! - qui prend le relais mais ô scandale n'atteint pas la marche suprême du billboard, loin du compte... Quel camouflet pour notre mignonne petite princesse méditerranéenne ! Mais on va pas s'arrêter là pour autant, par Zeus ! D'autant que le titre suivant va casser la baraque ! En effet "Freedom 90" va rafler toutes les pole positions de notre bas monde... Ouais tout le monde la connaît, je vais tout de même pas vous la chanter ! George est à nouveau sur l'Olympe ! "Heal the pain", malgré ses percus son esprit festif et sa coolitude ne chartera pas aux US... Enfin nous achevons la ronde des singles avec le torride mid slow "Cowboys and angels", son piano typée eighties, cette basse ondoyante et ce smooth ultime qui n'appartient qu'à George MICHAEL, grande classe ! Malgré toutes ses qualités la composition ne sera pas un succès...

Comme toujours avec notre grande folle, le reste de l'album est de qualité. Ainsi "They won't go when I go", son esprit gospel, ses chuchotements, l'esprit pourrait sortir d'une des grandes paroisses de Harlem, cela ne choquerait personne. Un chef d'oeuvre ou notre artiste fait preuve d'une capacité encore accrue à faire passer les émotions. Magnifique ! je ne suis en revanche pas spécialement fan du titre dance qu'est "Soul free", un brin trop "entendu" à mon goût, mais il faut admettre qu'il bouge bien. Le petit titre poppy qu'est "Waiting" avec sa jolie guitare folk s'écoute lui très bien. "Waiting for the day"est juste jouissive, bien que toute calme. Enfin, on ne peut éviter d'évoquer le morceau "Mother pride", titre très personnel de George qui sera "l'hymne" de la guerre du golfe en 1991, pas vraiment un titre de gloire, mais une postérité comme une autre. La composition est très belle et la voix de George y est superbe.

Ce très bel album ne fera pas le poids face à son intouchable aîné. Il est pourtant de qualité. Mais seulement 8 millions d'exemplaires vont s'écouler - 3 fois moins que faith - de par le monde. Certes... Pourtant il contient plusieurs standards de la musique populaire et George y fait la preuve de son immense talent. Foin des moqueries, on ne peut lui daigner toutes les qualités qui en font un des plus grands chanteurs de l'histoire.



TRACKLIST:

A1. Praying For Time
A2. Freedom 90
A3. They Won't Go When I Go
A4. Something To Save
A5. Cowboys & Angels
B1. Waiting For That Day
B2. Mothers Pride
B3. Heal The Pain
B4. Soul Free
B5. Waiting (Reprise)






INDOCHINE - Dancetaria




INDOCHINE - DANCETARIA
Indochine Records ‎– 88985303031 ‎– 2
 LP, Album, Reissue (2016)


Achevé quelques semaines après la mort brutale de Stéphane (le guitariste) en février 99, Dancetaria se révèle comme l’album le plus sombre et abouti de toute la carrière d’Indochine. Bien qu’il ne fasse toujours pas grand écho dans les médias (soutien de MCM et Europe 2), le groupe acquiert une notoriété neuve et le soutien d’un public qui ne le lâchera plus. Un succès inespéré pendant une période des plus noires.

Comme « Stef 2 » qui fera office de second extrait, « Juste toi et moi » reprend plutôt les sonorités brutes et électriques de Wax et n’annonce donc pas vraiment la couleur de l’album, plus électro noisy et écléctique. Dancetaria rappelle parfois Garbage (sans doute grâce à Gareth Jones derrière les manettes), Depeche Mode (« Venus ») ou même le Cure de Disintegration (« Le message ») à la sauce Indochine ; le résultat s’avère aussi percutant que peu convenu. La touche électro très particulière de Jean-Pierre Pilot et surtoût celle d’Oli de Sat se reconnaissent d’emblée et annoncent la troisième vie que connaîtra le groupe en 2002 (Paradize).

Nicola Sirkis accouche de ses textes les plus poétiques et ciselés (« Justine », suite logique des « Silences de Juliette ») tout en participant davantage à la composition (« Venus », « Le message », « Justine »). Les émois adolescents se partagent ici la couverture avec le vide intérieur que procure la perte d’un proche (« Dancetaria »), voire l’espoir de le retrouver (« Halleluya »). Pour le reste, Jean-Pierre Pilot rattrape les musiques inachevées de Stéphane (« Atomik sky », « Manifesto »). De cette diversité émane une contradiction musicale riche, à califourchon entre le rétro (la new et cold wave eighties) et le futurisme (le rock à tendance indus, électro voire même métal des années 2000). Une véritable prouesse artistique.

Dancetaria ne peut se comparer à un simple album tant l’émotion qui le parsème côtoie l’impudeur. LE chef-d’œuvre d’Indochine, qui ne retrouvera plus la même inspiration par la suite. Indispensable. (Arno Mothra).


TRACKLIST:

A1. Dancetaria
A2. Juste toi et moi
A3. Manifesto (les divisions de la joie)
B1. Justine
B2. Atomic sky
B3. Rose song
C1. Stef II
C2. She Night
C3. Venus
D1. Astroboy
D2. Halleluya
D3. Le message





mardi 7 mars 2017

Hooverphonic - In Wonderland



Hooverphonic ‎– In Wonderland
Columbia ‎– 88875190301 - 2016


Depuis 1995, le groupe belge crée de l’excellente musique pop clairement inspirée de l’univers du cinéma. Alex Callier n’a jamais caché son adoration pour John Barry.  Il suffit d’écouter leurs hits : de Mad About You et Eden à The Night Before et Anger Never Dies jusqu’au récent single Badaboum.
Hooverphonic c’était aussi une histoire de femmes. L’histoire d’une saga pour ce groupe qui aura vu Liesje SadoniusKyoko BaertsoenEsther Lybeert, la mythique Geike Arnaert et Noémie Wolfs se succéder avec plus ou moins de succès. Ces deux dernières décennies Hooverphonic a bâti sa légende de faiseurs de tubes malgré cette perpétuelle rotation de chanteuses. Carlier, ce réputé perfectionniste, semblait à la recherche de la voix féminine ultime.
« On est très fidèles donc on a toujours travaillé qu’avec une seule chanteuse. Quand on a décidé d’arrêter avec Noémie, on s’est dit qu’on n’allait pas être monogame toute notre vie ! » disait récemment Carlier dans une interview du Soir Mag.
Avec six chanteurs invités et trois nouvelles voix pour le live, dont une masculine, Hooverphonic 2.0 est un né. Après le départ de Noémie, le groupe choisit consciemment l’incohérence sur In Wonderland. « On met en lumière notre éclectisme en ces temps éclectiques », dit Alex Callier.
Toutefois, sur les dix chansons figurant sur In Wonderland, neuf contiennent des cordes. Les cordes constituent le fil conducteur de cet album, mais aussi de toute la production de la formation.
Face A et B
Pour In Wonderland, Hooverphonic abandonne le principe de l’album concept typique. Ils ont compris les nouvelles habitudes d’écoute de leurs contemporains, l’ère des playlists, de Spotify, de Deezer et d’Apple Musique. Chaque chanteur et chanteuse at hérité de deux chansons, une radio friendly, et une autre plus expérimentale. Le résultat est un album en dix pistes, ou plutôt cinq singles avec une face A et une face B. Et ce n’est pas un hasard si l’ensemble est présenté sous la forme d’une boîte avec cinq pochettes pour vinyle, chacune dans une couleur différente, comme dans les 60’s.
Melting-pot d’artistes
Le casting retenu est très international : Emilie Satt (cfr. Madame Monsieur, Oxmo Puccino, Benjamin Siksou…) est Française. Christa Jérôme (Marc Moulin, Starflam) est Belge, Tjeerd Bomhof (aka Dazzled Kid) est Hollandais. Janie Price (aka BIRD), Neil Thomas (aka Litlo Tinz) et Felix Howard sont Anglais.
Les chansons ont été chantées dans des endroits différents. Une petite île en Norvège, à Milan, à Londres et en Belgique bien sûr, où ils ont leur propre studio. Tous les chanteurs ont collaboré à l’élaboration de leur chanson. C’est pourquoi chaque morceau a sa propre saveur, sa propre approche. A voir maintenant comment le groupe gérera les lives.
L’album s’ouvre sur « Badaboum! Hey ho, t’es tombé sur un salaud. Patatras, Eh bas c’est sûrement celui de trop ! »  C’est sans conteste le tube du moment sur les ondes radio. Voix sexy, envolées de violons et un joli rythme balancé.
 Suivi de I Like The Way I Dance, une chanson pop-souplette qui ne restera pas dans les annales.
 Des rythmes et des mélodies très différentes, pour ne pas dire opposées.
Cocaine Kids qui n’est pas sans rappeler les jeunes années de David Bowie, est un rock n’roll psychédélique qui nous emmène tout droit dans un monde coloré et déjanté. Alors que Deep Forestrappelle Hiding In A Song de Portishead à la sonorité western chère à Alex Carlier.
 Les fans d’Hooverphonic pourront se sentir un peu décontenancé à l’écoute de l’album. On retrouve toujours l’esprit pop vintage et les cordes cinématographiques, mais ils ont réussi leur pari de se donner un coup de fraîcheur. Il s’agit de l’album le plus éclectique et le plus varié du duo et le résultat est assez intéressant.  (Sophie Roman).


TRACKLIST:

A1. In Wonderland
A2. I Like The Way I Dance
A3. Badaboum
A4. Cocaine Kids
A5. Deep Forest

B6. Thin Line
B7. Hiding In A Song
B8. Praise Be
B9. God's Gift
B10. Moving




mercredi 1 mars 2017

The Birthday Massacre - Superstition



THE BIRTHDAY MASSACRE - SUPERSTITION
Metropolis ‎– MET 965 - (2014)

Superstition est mine de rien le sixième album de la formation canadienne The Birthday Massacre, pour déjà 15 ans de carrière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la charismatique Chibi et sa bande sont restés fidèles à eux-mêmes malgré le temps et leurs différentes modes. Intemporel, c’est ce qui pourrait décrire le mieux le son du sextet de Toronto. Entre un nu-metal pêchu, une synthpop envoûtante et un goth-rock lumineux, le son de TBM est unique. Et à peine les premières notes de "Divide" lancées, on retrouve avec bonheur l’univers atypique du groupe. Le précédent album, Hide & Seek, avait cela dit amorcé une tendance plus douce, plus pop, et bien il est ici accentué, si bien que les ambiances aux synthés prennent bien souvent le dessus sur les guitares. On notera évidemment quelques éclats de ces dernières sur les excellentes "Destroyer", mais surtout sur "The Other Side" et son riff très lourd. Un petit mot sur le travail vocal de l’énigmatique frontwoman, toujours au top, qui délivre des lignes vocales très accrocheuses. Réalisée via une campagne de crowdfunding concluante, produite par Dave Ogilvie (Skinny Puppy, Nine Inch Nails, Puscifer) et sortie via Metropolis Records, cette nouvelle galette du combo est une réussite.(Axel R. - Alternative News).


TRACKLIST:

01. Divide
02. Diaries
03. Superstition
04. Destroyer
05. Surrender
06. Oceania
07. Rain
08. Beyond
09. The Other Side
10. Trinity






dimanche 6 septembre 2015

Carlos Santana & Buddy Miles ! Live !



CARLOS SANTANA & BUDDY MILES ! LIVE ! (1972)
CBS ‎- S 65142 - Netherlands

L’année 1972 semble être une année de repos pour l’ami Carlos SANTANA. Entre les enregistrements des albums III et Caravanserai, le virtuose de la six cordes révélé à Woodstock s’accorde une tournée avec son ami, le batteur Buddy MILES, connu pour son jeu percutant et pour avoir coulé le Band Of Gypsys en s’étant attiré les foudres des puristes d’Hendrix qui regrettaient le jeune Mitch MITCHELL… Monumentale erreur selon moi. Quoiqu’il en soit, ladite tournée est aussi un prétexte qui permet à SANTANA de s’éloigner de son groupe étouffant et sombrant de plus en plus à mesure que le succès grandit (et il est pour la troupe, à l’époque, monumental) dans la trilogie sex, drugs and rock n’ roll. Finalement, la tournée s’achève sur cet album qu’il s’agit maintenant de décortiquer.

Joué et enregistré dans le cratère d’un volcan Hawaïen (sans déconner), ce concert ne pouvait en être que brûlant. Les deux premiers titres sont des instrumentaux, plutôt brefs par rapport à ce que nous avait habitué l’ami mexicain, mais joués à la vitesse de la lumière avec tous les instrumentistes du groupe réunis (peut-on imaginer un Santana sans ses divines percussions ?), la frappe funky de Buddy Miles en prime. Car là est tout l’intérêt de la galette : la guitare est là, cela ne fait aucun doute, les ingrédients de tous les (bons) Santana aussi, mais le tout se trouve magnifié par l’impulsion funky de MILES, impulsion qu’il avait parvenu à transmettre à HENDRIX quelques temps plus tôt mais qui n’avait pas su se libérer du carcan du trio. N’écoutons que « Them Changes », déjà interprétée dans le live du Band Of Gypsys mais de manière plutôt mollassonne (cet échec avait été attribué au batteur, aussi compositeur et chanteur du titre). Or, quand on entend ce que, cette fois-ci, la dizaine de musiciens présents sur scène a réussi à en faire, le solo de Santana, la voix de Miles enfin épanouie et qui hurle sur la fin comme emportée par sa propre folie, on peut se dire que c’est le Voodoo Child qui n’avait su tirer pleinement partie de l’immense potentiel de son batteur. Vous l’aurez compris, « Them Changes » est furieuse, Santana, Miles et leurs compagnons y excellent, chacun dans leur domaine.

Et puis il y a « Evil Ways », reprise d’une reprise parue sur le premier Santana. Tout d’abord, d’où sort cette intro ?? S’en suit la totale : jouée deux fois plus rapidement, trois chanteurs à la SLY AND THE FAMILY STONE, ces trompettes fabuleuses (comme sur « Them Changes » d’ailleurs), le riff magnifiquement exécuté par un SANTANA qui laisse ses copains claviéristes, trompettistes et percussionnistes s’éclater comme bon leur semble. Dansant tout simplement (à en croire les réactions du public, manifestement conquis par la fiesta générale), et un chroniqueur de disque de salsa vous l’expliquera mieux que moi.

Mais bon voilà, ces deux titres sont les deux seuls potentiellement écoutables : l’intérêt du dernier titre réside dans ses 25 minutes de délire portée par une basse proéminente, tendant irrémédiablement cette fois vers le funk, et où chacun des solistes a son mot à dire. Mention spéciale au son de la guitare de SANTANA, particulièrement acerbe et vicieux. Impossible de vous en décrire ici toutes les ficelles, je signale juste ce petit roulement militaire aux alentours des 11 minutes où guitare, basse, synthé (qui fait aussi des merveilles ne l’ai-je pas assez souligné ?), flûte (?) et bien sûr batterie fricotent avec un groove implacable avant l’explosion et les « whoohoo » incantatoires de MILES.

Vous l’avez sûrement compris, ce live est porté par des musiciens d’exception et par des titres en fusion, à la croisée entre les genres latinos propres à Carlos SANTANA, le jazz électrique qui allait bientôt accaparer sa carrière et le funk apporté par Buddy MILES. Rien n’est à jeter ça non, mais on peut regretter le peu de chansons (on en vent encore !) et les instrumentaux qui, délirants au premier abord et très bien menés (d’autant plus qu’improvisés de A à Z, j’ose le croire, dans le cas de « Free Form Funkafide Filth »), s’avèrent vite lourds et à ne pas écouter tous les jours. Tout cela reste quand même plus que recommandable, si ce n’est que pour (re)découvrir ce guitariste d’exception et se batteur/chanteur infiniment mal jugé. (TomTom - FP).


TRACKLIST:

A1. Marbles
A2. Lava
A3. Evil Ways
A4. Faith Interlude
A5. Them Changes

B. Free Form Funkafide Filth







vendredi 19 juin 2015

Scorpions - Savage Amusement





SCORPIONS - SAVAGE AMUSEMENT (1988)
Harvest ‎- SHSP 4125 - (United Kingdom)



Il flotte sur ce Savage Amusement comme une étrange odeur de fin de cycle. Sorti plus de quatre ans après le succès majeur des SCORPIONS que fut l'album Love At First Sting, ce nouvel opus marque la fin d'une collaboration de 13 ans avec le producteur fétiche du groupe, Dieter Dierks, et aurait pu sortir plus tôt sans le perfectionnisme exacerbé de celui-ci. Dès 1987, le groupe propose à son « sixième membre » de nouvelles compositions. Dierks, peu satisfait de la qualité de celles-ci, les rejette en bloc et renvoie les SCORPIONS travailler leurs chers instruments. Ce conflit marquera la scission entre les arachnides et leur producteur. Ce dernier se chargera de la production d'un tiers des morceaux du nouvel album, tandis que le britannique Nigel Green (Iron Maiden) s'occupera de mixer le reste. Le résultat montre un groupe à l'esthétique renouvelée, dont la musique est à l'image du look de ses membres : gonflée et quelque peu précieuse (qui a dit maniérée ?).

Il est vrai que succéder à un album du calibre de Love At First Sting n'était pas chose aisée. En prenant son temps avant d'offrir une suite à cet album, SCORPIONS se permet également d'éviter d'inutiles comparaisons. Savage Amusement témoigne d'un groupe renouvelé et toujours inspiré. Sans céder aux sirènes de la mode Hard US (bien que la moustache permanentée de Rudolf Schenker soit un signe extérieur de tentation), le combo fait preuve d'une sophistication accrue et offre une facette plus polie et affinée de sa musique. Moins fédérateur et « bombastic » que les deux précédents, l'album comporte également moins de tubes. Bien entendu, certains rencontreront un succès planétaire, dont le sensuel « Rhythm of Love », illustré par un clip polisson, ou encore la ballade finale « Believe in Love », qui peine à égaler l'émotion dégagée par ce titre intemporel qu'est « Still Loving You ». En proposant une musique plus léchée, SCORPIONS reste très convaincant, et se fait le porte-parole d'un hard rock riche et travaillé, comme l'époque l'exigeait. Le titre introductif « Don't Stop At the Top », le délicat « Passion Rules the Game » (seul titre de l'opus composé par Herman Rarebell) et surtout le formidable « Every Minute Every Day » et son formidable refrain sont à placer dans cette catégorie, et font preuve d'une efficacité à toute épreuve. Les brûlots, rageurs et rugueux, sont également de la partie, et sont à compter parmi les plus réussis de SCORPIONS. Alors que « The Same Thrill » sur Love At First Sting péchait par un manque évident de structure et de cohésion, « We Let it Rock...You Let it Rock » et « Love On the Run » sont tout bonnement imparables. Le premier, agrémenté des chœurs virils de Peter Baltes (bassiste d'Accept), se fit le titre d'ouverture des concerts de la tournée qui suivit la sortie de l'album. Agressif et taillé pour le live, ce morceau se verra malheureusement totalement éclipsé des tournées suivantes, et constitue sans doute l'un des titres les plus sous-estimés du groupe. Le second est pour sa part un véritable rouleau-compresseur, marqué par une batterie aux allures de panzer d'un Herman Rarebell métronomique et un chant surpuissant du toujours formidable Klaus Meine.

Si chaque membre du groupe effectue son travail de manière remarquable sur cet album, c'est néanmoins l'aura de Matthias Jabs qui rejaillit de plus sur Savage Amusement. Agrémentant chaque composition de touches discrètes et imparables de sa guitare lead intenable, le bonhomme est partout, et s'impose comme un soliste d'exception. Au service des chansons, l'artiste n'hésite pas à varier son propos, usant une nouvelle fois de sa célèbre talk-box sur un « Media Overkill », farouche critique des médias, mid-tempo sympathique et original. Original est l'adjectif qui caractérise également cette magnifique fausse ballade qu'est « Walking On the Edge », mid-tempo alternant délicatesse et énergie brute et qui s'inscrit parfaitement dans l'ambiance globale de cet album. (Gegers-FP).



TRACKLIST:

A1
Don't Stop At The Top
4:03
A2
Rhythm Of Love
3:47
A3
Passion Rules The Game
3:58
A4
Media Overkill
3:32
A5
Walking On The Edge
5:05
B1
We Let It Rock...You Let It Roll
3:38
B2
Every Minute Every Day
4:21
B3
Love On The Run
3:35
B4
Believe In Love
5:20







Annie Lennox - Diva





ANNIE LENNOX - DIVA (1993)
RCA ‎- PL 75326 - (Germany)



EURYTHMICS n'est plus. Annie LENNOX n'a que 37 ans alors qu'elle et Dave STEWART ont décidé de mettre un terme à leur collaboration. La vie continue donc, d'une autre manière. Elle a encore beaucoup à faire, beaucoup à dire, et comme l’Écossaise n'a pas sa langue dans sa poche, on peut s'attendre à de belles envolées. C'est avec l'appui du grand Trevorn Horn que sa carrière va se poursuivre. Mais voyez donc cette photo : Annie en brunette, l'air plus énigmatique que jamais, toute chamarrée, bien loin de l'icône blond platine de son personnage New wave. Et ce titre : Diva ! Peu de doute sur ses capacités à symboliser celle de notre temps, à des années lumières à mon sens des -pseudos- divas américaines. Toujours est-il que nous voici confronté à son premier album. Peu de doute sur le fait qu'on ne s'attendra pas ici à des essais new Wave mais bien à des tentatives plus proches de la soul ou d'une pop sophistiquée.

La vie a continué depuis la dissolution d'EURYTHMICS. Elle est devenue maman et s'est beaucoup investie dans la composition puisque la totalité des titres portent sa marque. La renaissance démarre avec "Why", quelques semaines avant la sortie de l'album. Difficile de ne pas être dithyrambique à l'écoute de cette sublime mélodie portée par des synthés lourds et intemporels. Visiblement, la solitude convient magnifiquement à la native d'Aberdeen, cette chanson ouvre les portes et notamment celle des tops 50 qui étaient restées depuis plusieurs années fermées aux singles produits par le duo. Ce refrain angélique est connu de tous, je vous laisse juge, votre mémoire devrait suffire quelques soient vos goûts.
"Precious" prend le relais deux mois plus tard avec quelques intonations jazzy progressives sur l'intro, puis une énorme basse, des nappes de synthés, et un chant d'une profondeur totale. Ca alors, mais oui ! Vous risquez bien encore de vous en souvenir !

L'esprit frondeur de "Walking on broken glass" rappellera aux spécialistes l'époque de "Right by your side"... Comme quoi Annie ne faisait pas que la potiche dans EURYTHMICS, c'est désormais une certitude ! S'ensuit la fabuleuse et éthérée "Cold" qui sied si bien à l'originale beauté d'Annie LENNOX, rarement une chanson aura aussi bien symbolisée son interprète. La voix s'élève avec la sensibilité rare qui la caractérise, une superbe réalisation. "Little bird" sera le dernier single, le seul réminiscent de la new wave pratiquée auparavant par Annie et Dave. En revanche, le titre est très adictif, et bien meilleur que ce qu'avait proposé dans ce même genre le groupe peu auparavant - On se souvient que les deux derniers albums n'avaient guère passionné les esprits des critiques -.

Mais le reste de l'album n'est pas à l'image de ce que le groupe proposa trop souvent... Ouais, c'est rempli les gars, et pas qu'à moitié ! La Synth popesque de "Legend in my living room" jouxte le piano rétro début 20eme de "Keep young and beautiful", mais Annie est à l'aise partout. On erre ensuite dans le cosmos avec "Money can't buy it", l'argent n'achète pas le bonheur, non ! De bien belles paroles, qui font honneur à sa jolie personnalité  ! On est emporté dans l'onirisme de "Primitive" et "Stay by me" est une merveille de contemplation. La voix magique ne faiblit nulle part et achève au même niveau d'excellence l'opus sur "The gift", un cadeau évident d'Annie LENNOX au monde la musique.

Album de l'année 93 au Royaume-Uni, ce Diva est une réussite totale et relance complètement la carrière de la blonde péroxydée. Furieusement recommandé pour découvrir la voix unique de l'artiste écossaise. (Erwin - FP).



TRACKLIST:


A1. Why
A2. Walking On Broken Glass
A3. Precious
A4. Legend In My Living Room
A5. Cold
B1. Money Can't Buy It
B2. Little Bird
B3. Primitive
B4. Stay By Me
B5. The Gift