mardi 13 janvier 2015

Electric Light Orchestra - Electric Light Orchestra




ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA - ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA (1971)
EMI ‎- 1E 064-92970 - (United Kingdom)

Quand on évoque Electric Light Orchestra ou ELO (prononcez I-L-O), ce qui vient immédiatement à l’esprit des connaisseurs c’est : une pop sucrée sous forte influence Beatles, des tonnes de violons et violoncelles, des rayons lasers (pour les concerts), la tête barbue aux lunettes noires de Jeff Lynne (le leader du groupe) et dernièrement, une pub pour une célèbre marque de téléphones mobiles reprenant « Mr Blue Sky ». S’il y a du vrai dans tout ça, ELO c’est aussi une aventure et une ambition au départ, celle d’associer le rock et le classique dans une formule unique pour Jeff Lynne (ex Idle Race) et Roy Wood (ex The Move).

En 1971, les deux hommes avec l’assistance de Bev Bevan (ancien batteur de The Move) s’associent donc pour créer Electric Light Orchestra. Jeff Lynne se charge des instruments « rock » : guitares, basse, piano et voix, tandis que Roy Wood se met au violoncelle, hautbois, clarinette, basson, à la guitare acoustique ainsi qu’au chant. Le premier album qui résulte de cette rencontre est une vraie curiosité. Pour la petite histoire, il est appelé également « No answer » aux Etats-Unis en raison d’un coup de fil resté sans réponse d’une secrétaire qui cherchait le nom de l’album (comme quoi, un nom tient parfois à peu de chose). On imagine sans peine la difficulté que cela a du être à l’époque de mixer des instruments acoustiques avec des instruments électriques sans que les premiers ne soient écrasés par les seconds, mais cette décennie naissante était aussi tournée vers l’expérimentation (fin du rêve hippie et naissance du rock progressif) et ces problèmes techniques n’arrêtèrent pas le groupe fort heureusement.

L’album s’ouvre avec la bien nommée « 10538 Overture » de Jeff Lynne et déjà, on peut dire que tout est là : le son sec et grave du violoncelle plane par dessus le chant pop bercé par la douceur des guitares (électriques et acoustiques), une parfaite entrée en matière. « Look at me now », entièrement acoustique, prend des airs de musique élisabéthaine tandis que « Nellie takes her bow » est une ballade pop très agréable comme le groupe nous en offrira beaucoup par la suite. Les choses se corsent avec « The battle of Marston Moor (July 2nd 1644) », un instrumental de Roy Wood. Voici le genre de morceau ambitieux (progressif ?) qui disparaîtra avec son créateur l’année suivante quand celui-ci décidera de quitter la formation pour laisser la place de leader à Jeff Lynne. Le reste de l’album alterne les compositions de Wood et Lynne, ce dernier plus tourné vers la pop, étant visiblement déjà bien influencé par la musique des Fab Four. Une mention spéciale à « First movement (Jumping biz )» dont la mélodie à la guitare acoustique est de toute beauté ainsi qu’à « Queen of the Hours », digne de figurer sur la face B d’ « Abbey Road ».

De tous les albums d’ELO, « No answer » est celui qui est le plus à même de plaire aux détracteurs du groupe tellement il se démarque du reste de leur discographie. La production particulière, l’absence de synthétiseurs, la présence de Roy Wood... Tout cela fait qu’il s’agit de leur album le plus progressif, le plus expérimental, tout en restant facile d’accès (grâce à Jeff Lynne). Un album à part mais une petite merveille à découvrir ou à redécouvrir pour les amateurs de pop aventureuse et les esprits curieux. (A. Sane - Music Waves).



TRACKLIST:

A110538 Overture5:30
A2Look At Me Now3:16
A3Nellie Takes Her Bow5:58
A4The Battle Of Martston Moor (July 2nd, 1644)6:02
B1First Movement (Jumping Biz)2:58
B2Mr. Radio5:02
B3Manhattan Rumble (49th Street Massacre)4:21
B4Queen Of The Hours3:21
B5Whisper In The Night4:48






lundi 12 janvier 2015

Hubert Felix Thiefaine - Stratégie de l'inéspoir




HUBERT FELIX THIEFAINE - STRATEGIE DE L'INESPOIR (2014)
Sony Music ‎- 88875037091 - (France)
Né dans le sillon contestataire de la chanson française des années 70, aux cotés des Higelin, Renaud et Lavilliers, le Jurassien Hubert-Félix Thiéfaine a bâti en quarante ans de carrière une œuvre considérable. Chronique de son nouvel album, Stratégie de l’inespoir.
Véritable artiste underground, faisant le plein partout où il se produit, il aura fait des millions de kilomètres sur les routes de France et de Navarre, rempli des dizaines de zéniths à Paris et en province et couronné par Bercy en 2000.
Tout ça sans le moindre soutien des grands médias. Après « Supplément de Mensonge » sorti en 2011, album folk sensible aux sonorités particulièrement étonnantes, Thiefaine revient sur le devant de la scène et s’impose un peu plus dans le paysage grand public grâce à l’excellence de ces nouvelles chansons. Dès l’ouverture du « En remontant le fleuve » au titre phare « Stratégie de l’inespoir» en passant par « Mytilène Island » « Resilience zéro », les mélodies pop font figure de soleil hivernal au milieu de la production grisâtre des artistes de la jeune génération.
D’abord il y a ce petit choc visuel sur la photo où l’artiste apparaît les yeux bandés, tel un condamné à mort, illustrant de façon évidente le titre phare de l’album. Et puis dès l’écoute, on retrouve avec délectation cette écriture poétique fiévreuse dans la lignée des Lautréamont, Rimbaud, Léo Ferré, ces musiques teintées de pop, blues et de rock’n’roll. Même si le personnage semble aujourd’hui plus apaisé, Thiéfaine reste Thiéfaine, avec cette mélancolie omni présente de bout en bout, marque de fabrique de l’artiste depuis les débuts. Partout dans ce disque flotte des atmosphères poétiques, aussi fiévreuses qu’incandescentes.
La voix et les chansons conservent elles aussi leurs atouts premiers : chaleur et avec de belles intonations théâtrales. La nouveauté viendrait plutôt de ces ouvertures vers la pop, de ces mélodies plus légères comme l’illustrent  » Toboggan ». Thiefaine est orfèvre de l’écriture, on le sait depuis longtemps, mais cela se sent particulièrement ici. Il est obsédé par la magie, la beauté, l’émotion que procure l’écoute d’une chanson.
Ce nouvel opus n’en manque pas. A cela plusieurs atouts : des titres élégants et racés, des compositions mâtinées de claviers, de cordes, de piano et guitares électriques alambiquées. Côté textes, les mots se fondent parfaitement aux mélodies avec une certaine pudeur qui caractérise l’univers écorché vif de l’artiste. Soulignons que « Angelus » est littéralement envoûtant avec cette mélodie obsédante, cette guitare ondulante qui vient en contrepoint. Avec des chansons à dominance electro pop et sa voix marquante, la pop splendide et envoûtante du dernier Thiefaine frappe désormais aux portes de la célébrité grand public. (J-C MARY - TLC).



TRACKLIST:

A1En Remontant Le Fleuve
A2Angélus
A3Fenêtre Sur Désert
B1Stratégie De L'Inespoir
B2Karaganda (Camp 99)
B3Mytilène Island
C1Résilience Zéro
C2Lubies Sentimentales
C3Amour Désaffecté
D1Médiocratie...
D2Retour A Célingrad
D3Toboggan







Korn - Follow The Leader



KORN - FOLLOW THE LEADER (1998)
Immortal Records  ‎- E2 69001 - ( U.S.A.)

Il faut croire que ça ne suffisait pas à Korn d'être le groupe préféré des djeunz en mal de vivre depuis deux albums : il leur fallait obligatoirement conquérir le monde. Énervés par la flopée de groupes-clones tentant de s'inscrire dans leur créneau sans scrupules, les gars de Bakersfield décidèrent de remettre les points sur les i et de réaffirmer leur position de fondateurs du néo. D'où cet album au titre prétentieux et au final totalement descriptif : Korn était effectivement le leader de la scène néo à l'époque, le groupe le plus inspiré et le plus puissant. Et Follow The Leader aura eu comme mérite de le rappeler à tous, en plus de propulser le groupe dans la sphère des stars de MTV.

« 12 plages de silence en début d'album, ils font leurs originaux! » se dit-on en voyant l'opener "It's On!" arriver en treizième titre. A une nuance près : la chanson "Justin" a pour thème la requête d'un enfant en phase terminale ayant formulé le vœu de voir Korn sur scène avant de mourir peu après, et ces 12 plages forment une simple minute de silence à sa mémoire. Entre ça et l'histoire de "Pretty" dans laquelle Jonathan Davis tente d'exorciser le souvenir traumatisant d'une autopsie à laquelle il avait dû assister (une fillette violée puis battue à mort par son père) et qui annonce clairement les ambiances d'Issues, on peut dire que les thématiques de l'album sont encore plus torturées qu'à l'habitude. Davis continue d'utiliser son groupe comme un exutoire émotionnel, et au vu de ses performances vocales sur l'album ça lui réussit plutôt bien, car son chant sur Follow The Leader est le plus équilibré de l'histoire de Korn : l'homme maîtrise déjà bien son chant clair et les variations avec ses autres registres sont légion, bien plus que dans les albums suivants qui verront la part de violence vocale reculer nettement.

Cet album est également le premier sans Ross Robinson à la production, et le son concocté par le groupe et Toby Wright est tout simplement énorme. Guitares massives et variées dans leurs sons, basse chaude et enveloppante, batterie sèche... tout est là pour donner aux compos une vraie dimension. Et les compos étant orientées pour la plupart vers un mélange détonant d'efficacité brute et d'inventivité, le tout cogne très fort. Prenons l'über-single "Got The Life" : il y a bien sûr ce beat disco irrésistible et la partie de basse percussive qui scotche... mais c'est en écoutant ce que font les guitares sur les couplets qu'on prendra la mesure de la recherche musicale inhérente au titre. Et la bonne surprise c'est que c'est comme ça pour tous les « tubes » de cet album : tous combinent un sens de l'accroche et du groove du premier ordre à de réelles idées innovantes issues du laboratoire sonore Head/Munky. La mélodie principale de "Freak On A Leash" réinvente presque la notion de thème joué à deux guitares, tout en étant limpide et immédiatement catchy. Et ce refrain... inutile d'épiloguer, tout le monde le connaît par cœur.

C'est donc un florilège, une déferlante de tubes intelligents qui submerge l'auditeur ravi. Les petites mélodies de "Dead Bodies Everywhere" et ses couplets bizarres et groovy, les riffs et la basse élephantesques de "BBK" rehaussés de bruitages aliens, les « what the fuck » furieux et la syncope omniprésente de "Reclaim My Place", le riff de mammouth de Justin et ses enchevêtrements de guitare... n'en jetez plus! Et il y a le cas "Pretty" déjà évoqué plus haut : cette chanson, une des meilleures du groupe, recèle des pépites d'ambiances jazzy en lieu et place de couplets avant que la lourdeur écorchée ne reprenne le dessus, et Davis est effarant de talent dans les deux registres. Un grand, très grand titre! Et il y a le reste : deux duos rap pas mauvais -"Children Of The Korn" avec Ice Cube et surtout le rigolo "All In The Family" avec Fred Durst- et quelques titres un peu plus anecdotiques comme "My Gift To You", seules petite ombres à ce tableau réjouissant vu qu'il ne s'agit que de titres « normaux » et pas de bombes de balle de ouf.


Conclusion : le côté profondément catchy de Follow The Leader le fait sembler faussement moins profond qu'Issues... ce n'est pas le cas! Moins sombre et introspectif dans son approche il est vrai, le troisième album de Korn est par contre tout aussi pétri de recherche et d'innovation sonore que celui qui le suivra. Une écoute au casque de ces titres qui semblent être de simples singles surprendra énormément de monde tant chaque chanson est ciselée, travaillée à l'extrême, et le crédit à donner à la paire Head/Munky est en ce sens énorme. Les deux guitaristes ont lâché la bride de leur inspiration sur ce cd, réinventant leur complémentarité à chaque compo, sachant trouver l'équilibre juste entre riffs directs et arrangements subtils. Aussi appréciable dans le cadre d'une écoute « festive » en sautant partout que dans le cadre d'une écoute attentive et concentrée, Follow The Leader représente un bon échantillon de ce que le néo peut proposer de meilleur. (Metal Immortel).



TRACKLIST:

A1It's On!
A2Freak On A Leash
A3Got The Life
B1Dead Bodies Everywhere
B2Children Of The Korn
B3B.B.K.
B4Pretty
C1All In The Family
C2Reclaim My Place
C3Justin
D1Seed
D2Cameltosis
D3My Gift To You






Jimi Hendrix - Live At Woodstock




JIMI HENDRIX - LIVE AT WOODSTOCK (2010)
Music On Vinyl ‎- MOVLP226 - (Europe)

Le brouillard du matin enveloppe les collines des Catskills. De grosses nappes flottent sur le champ loué par Woodstock Ventures, la société organisatrice du festival, à Max Yasgur, éleveur de vaches. Il est 8 heures du matin. Mitch Mitchell, le batteur, et Billy Cox, le bassiste, finissent de sécher une bouteille de curaçao. Larry Lee, guitariste rythmique, se fait une bouille de Diderot psychédélique en s'enroulant un turban chamarré sur le crâne. Le percussionniste Jerry Velez, le jeunot de la bande, ne tient pas en place: c'est son premier concert! 
Avec les Gipsy Sons & Rainbows, son nouveau groupe, James Marshall Hendrix s'apprête à entrer sur scène et dans les livres d'histoire. Il porte un bandeau fuchsia pour tenir sa coiffure afro, un jean avec des boutons dorés sur les côtés et une veste en daim blanc, prêtée par sa petite amie de l'époque, Monika Danemann (la même qui le verra mourir un an plus tard, dans une chambre de Notting Hill Gate, après qu'il eut abusé d'un mélange de barbituriques et d'alcool). 

Pendant vingt-cinq ans, on avait dû se contenter des quelque dix minutes de la BO du film, oublieux du fait que Hendrix avait chanté et joué pendant deux longues heures. En 1994, Polydor réparait cette lacune en éditant un disque, malgré tout incomplet. Alan Douglas, le producteur qui gérait le butin depuis 1974, ayant perdu son procès contre les ayants droit, notamment Janie-Lisa, la soeur de Hendrix, le disque a été retiré du marché. Universal sort "Jimi Hendrix Live at Woodstock, l'intégrale du concert (moins deux titres chantés par le guitariste Larry Lee) dans une version remasterisée, soit 15 titres inédits qui réjouiront les fans. (Extrait d'un article sur l' album de Dupont Pascal et Mathieu de l'Express).


TRACKLIST:
A1Introduction2:10
A2Message To Love7:31
A3Hear My Train A Comin'9:36
B1Spanish Castle Magic7:20
B2Red House5:24
B3Lover Man4:58
C1Foxey Lady5:23
C2Jam Back At The House8:47
C3Izabella5:08
D1Fire3:58
D2Voodoo Child (Slight Return)13:43
E1Star Spangled Banner3:43
E2Purple Haze4:23
E3Wood Stock Improvisation3:59
F1Villanova Junction4:28
F2Hey Joe5:52







dimanche 11 janvier 2015

Green Day - American Idiot




GREEN DAY - AMERICAN IDIOT (2004)
Reprise Records ‎- 9362-48777-1 - (United Kingdom)

Comme il est loin le temps de Dookie et Insomniac.

Petit groupe Punk parmi tant d’autres à leur début mais qui gagna rapidement en réputation grâce à sa facilité insolente à pondre des hits (Basket Case, Brain Stew etc…) Green Day a mûri et après un Warning qui annonçait déjà un virage plus pop et plus léché niveau composition, le groupe nous pond un American idiot qui fera sans doute date dans l’histoire du groupe. Sûrement l’un des tout premiers Concepts Albums Punk, Américan Idiot est une véritable critique envers les Etats-Unis (dirigé selon ses goûts sur les médias américains ou sur Bush lui-même). Green Day a vu grand et ambitieux mais le résultat est à la hauteur du travail fournis tant les différents styles musicaux fusent et s’emboîtent à merveilles tout au long des 57 minutes de l’album.

Tout commence par le premier morceau, le title track (pardon, la chanson titre) Américan Idiot, pur condensé d’énergie et paroles très militante, un titre ultra efficace bien que très classique pour du Green Day, avec un style punk-rock made in USA. La suite sera toujours de très haut niveau mais bien plus passionnante au niveau créativité. Avec Jesus of Suburbia, au format pas vraiment conventionnel pour du Punk (plus de neuf minutes), Green Day s’aventure vers moult changements de rythmes et multiplie les atmosphères, passant d’un rock « Oasis » au punk plus traditionnel puis en embrayant sur un passage pop mielleux sans pour autant marcher dans le mièvre (remarquez, ça porte bonheur).

Si Warning n’avait pas atteint un succès flamboyant, American Idiot n’en est pourtant pas moins la suite logique. Plus dynamique et plus complexe que Warning, on y retrouve cependant les mêmes sonorités avec bon nombre de parties aux piano ainsi que de nombreuses guitares acoustique qui bien que discrètes, sont légions sur l’album. Les excellents Give Me Novocaine, Wake Me Up When September Ends et Boulevard Of Broken Dreams sont les plus représentatifs de cette pérennité mais là où American idiot surpasse son prédécesseur, c’est dans la hausse du tempo et la plus grande efficacité de ses titres speed comme St.Jimmy, Letterbomb ou bien encore She’s a rebel. Si je devais absolument trouver quelques défauts à American Idiot, je pourrais toujours regretter l’intro mystérieuse et limite voodoo de Extraordinary Girl mais qui n’a strictement rien à voir avec la suite du morceau et qui se montre donc particulièrement gratuite et inutile. En cherchant plus loin (mais alors très loin) je noterais également la désagréable similitude entre le début de Homecoming et "C’est la même chanson" de Claude François… (Oui je sais c’est con mais a chaque écoute j’y repense… agaçant, non ?)

Pour finir, on notera sur ce concept album, un deuxième titre à tiroir : Homecoming, un peu dans le même style de Jesus of Suburia qui jongle avec les genres avec brio avant de ponctuer l’album par un Whatsername et son début assez proche de Macy's Day Parade (Warning) avant d’accélérer le mouvement pour un final de toute beauté. Sans nul doute l’un des morceaux les plus poignants de l’album. Plus mature, inspiré et engagé que jamais, Green Day nous livre ici la bonne surprise de la fin d’année 2004. Le groupe a mis la barre très haute et l’avenir nous dira s’ils sont capables d’aller encore plus loin ou au contraire s’ils ont réalisé ici le chef d’œuvre de leur carrière. (Métal - FP).



TRACKLIST:
A1American Idiot2:54
A2Jesus Of Suburbia [ I. Jesus Of Suburbia - II. City Of The Damned - III. I Don't Care - IV. Dearly Beloved - V. Tales Of Another Broken Home]9:08
B1Holiday3:52
B2Boulevard Of Broken Dreams4:20
B3Are We The Waiting2:42
B4St. Jimmy2:55
C1Give Me Novacaine3:25
C2She's A Rebel2:00
C3Extraordinary Girl3:33
C4Letterbomb4:06
C5Wake Me Up When September Ends4:45
D1Homecoming: [I. The Death Of St. Jimmy - II. East 12th St. - III. Nobody Likes You - IV. Rock And Roll Girlfriend - V. We're Coming Home Again]9:18
D2Whatsername4:12







vendredi 9 janvier 2015

Noir Désir - Ou Veux Tu Qu'Je R'Garde




NOIR DESIR - OU VEUX TU QU'JE R'GARDE (1987)
Barclay ‎- 831 484-1 - Mini-Album, Repress, 180g (France)


La scène se passe en 1987, au fin fond de la Corrèze entre deux potes, qui ont tendance à écouter la même musique.
-Tiens il est bizarre ce grand poster ! 
-Noir Désir, ce sera le plus grand groupe de rock français dans quelques années !
-C'est quoi ce groupe ? Ils sont de quel endroit ? 
-Je viens de les voir à Bordeaux et je peux te dire qu'ils sont vraiment bons ! (cette discussion était déjà citée pour Tostaky)

Je devais avoir une moue sceptique et incrédule devant ce poster, représentant la pochette du premier mini lp de ce groupe obscur de Bordeaux, moi qui ne jurait, à l'époque, que par la new wave et le punk anglo saxon.

Mais j'avais toujours eu confiance en mon ami, lui qui m'avait fait découvrir The Sound, dont je me suis échiné à retracer la discographie sur ce site. Il m'avait donc prêté sa cassette pour que je puisse écouter tranquillement. Le choc fut certain, avec ce déballage de malaise, de noirceur, de rage contenue mais aussi libérée de temps à autres. Ce type de son rêche m'était pratiquement inconnu, tribal parfois, dominé par une voix à la limite du hululement, des sons de guitares épidermiques, une basse enveloppante. L'utilisation du français ne me gênait absolument pas, les textes puisant dans une poésie originale. Je remarquais tout de même la prédominance de l'élément féminin dans ces textes. 

Ce mini lp contient donc six titres, dont certains étaient régulièrement joués en public comme "La Rage" ou "Pyromane", avec des versions souvent plus incandescentes sur scène. "Où Veux-Tu Qu'Je R'garde" ouvre donc cet opus, mettant d'entrée la marque de fabrique du combo prometteur : guitares plaintives et tourbillonnantes, le duo batterie basse soudé, la voix de Bertrand Cantat tout en volutes de désespoir, le tout agrémenté d'un son d'harmonica lancinant. Le ton est donné de manière claire. "Toujours Etre Ailleurs" accélère le tempo, Bertrant poussant les limites de ses vocalises. "La Rage" poursuit sur le même rythme, mêlant la guitare nerveuse à l'harmonica dans une danse endiablée. "Pyromane" est sans doute beaucoup mieux construite, avec une intro calme avant un décollage en règle et des breaks dévastateurs. "Danse Sur Le Feu Maria" est particulier du fait de ses cavalcades, mais aussi par la variabilité du jeu des musiciens. L'album se clôt sur une chanson dans laquelle l'anglais est prédominant... l'utilisation de cette langue par Bertrand me laissera toujours dubitatif... 

L'écoute et la critique de cet album en 2010 sont forcement aisées, sachant tout ce qui se passera ensuite (musicalement s'entend). Ce premier disque était une promesse que les Noir Désir ont tenu largement, puisant sans doute chez Gun Club une inspiration musicale certaine, mais imposant déjà un style d'écriture particulier. Mon ami avait donc raison, et je suis d'accord avec lui, quitte à me faire des ennemis chez les fans de Telephone et autres... J'assume mon avis. (Foreth - XSilence).



TRACKLIST:

A1Où Veux-Tu Qu'Je R'garde4:35
A2Toujours Etre Ailleurs4:25
A3La Rage3:10
B1Pyromane4:15
B2Danse Sur Le Feu Maria3:50
B3Lola5:05






White Stripes - De Stijl




THE WHITE STRIPES - DE STIJL (2000)
Third Man Records ‎- TMR 032 - (U.S.A.)
L'album s'ouvre sur "You're Pretty Good Looking (For a Girl)", immédiatement accrocheur. Jack White propulse à travers sa guitare une puissance que l'on prend de plein fouet ... dément. Simple au niveau des paroles (ça casse pas des briques, on peut pas dire le contraire ... Une ancienne expérience de Jack sans doute, une fille conne et plutôt pas mal... ??), on se laisse quand même enivrer par son riff complètement porteur.

Suit "Hello Operator", où Jack nous montre furtivement son habilité à la guitare, (et où on entend que Meg serait aussi à l'aise à taper sur des casseroles que sur des tambourins, mais bon...). Un vrai morceau estampillé frère et sœur White (ah, ils sont frère et soeur ? Admettons...).

Les autres morceaux se suivent et l'on a du mal à quitter cette atmosphère propre à ce couple si fantastique. Chaque morceau transporte dans l'au-delà musical, et la qualité musicale de Jack y est pour beaucoup. C'est incroyable le nombre de sentiments que Jack est capable de nous transmettre à travers sa seule guitare ! (J'oublie volontairement Meg, sa participation dans l'album se limitant à quelques vocalises et à faire du boom-boom ... dommage...).

Quoiqu'il en soit, cet album est dans son ensemble magnifique, et la teinte folk de "Your Southern Can Is Mine" nous rappelle les origines des White Stripes, et lui ajoute ce petit quelque chose qui fait que les White Stripes sont, à mon goût, un groupe mythique. 
Tout simplement sous le charme de ce duo. (KayzR).


TRACKLIST:


A1You're Pretty Good Looking (For A Girl)
A2Hello Operator
A3Little Bird
A4Apple Blossom
A5I'm Bound To Pack It Up
A6Death Letter
A7Sister, Do You Know My Name?
B1Truth Doesn't Make A Noise
B2A Boy's Best Friend
B3Let's Build A Home
B4Jumble, Jumble
B5Why Can't You Be Nicer To Me?
B6Your Southern Can Is Mine