mercredi 12 février 2014

Xymox - Twist Of Shadows



XYMOX - TWIST OF SHADOWS (1989)
Wing Records - 839 233-1 - (UK)

Je vais en rassurer quelques uns en chroniquant une des figures emblématiques de la scène gothique... Il est vrai que je suis ce groupe néerlandais depuis un certain temps déjà. Suivant leurs efforts discographiques, je me suis senti soit très touché par leur musique (l'albumMedusa, qui reste pour moi leur monument), soit très déçu... On a beaucoup parlé dans les revues spécialisées de la différence entre les périodes Clan Of Xymox et "Xymox" tout court, en caricaturant le trait entre les périodes intéressantes et les périodes sans inspirations. Je ne serai pas aussi catégorique car les albums période "Xymox" contiennent tout de même des morceaux auxquels on peut prêter attention, l'album Twist Of Shadows en est une preuve. Pour la petite histoire, cet album reste le plus vendu à ce jour par le groupe. 

Le premier exercice dans lequel il ne faut pas tomber pour ce disque est de le comparer au précédent. Les choses ont évolué au niveau du groupe, qui quitte le label 4AD et signe sur Polygram. Ronny Moorings, malgré les changements de line up incessants autour de lui, éclaircit l'ambiance générale de sa musique vers des horizons... plus electropop dirons-nous. On ne danse pas encore la tête béate et les fleurs en bandoulières tout de même. On passe du noir obscur au gris foncé si l'on veut y donner une palette de couleur caractéristique. Au moins la moitié des morceaux sortent nettement au dessus du lot, et je suis encore surpris de leur aspect intemporel comme l'instrumental majestueux "Clementina" qui clôt l'album sur une note aérienne et vaporeuse... Je vous conseille d'ailleurs le final aux accents de musique classique.

Parmi donc les titres à retenir, "Evelyn" débute magnifiquement l'album avec des claviers très présents, mais aussi une guitare aux envolées flamboyantes et une section rythmique carrée. "Obsession" est de même niveau avec Ronny en pleine forme, porté par une nuée de synthés pointilleux ou enveloppants. Seul le refrain peut paraître un poil convenu au niveau mélodique, mais qu'importe, car la fin de la chanson comprend des breaks technoïdes très travaillés. "Tonight" mérite aussi le détour avec ses percussions et ses notes de piano égrenées ça et là, ouvrant la place à une mélodie mélancolique soutenue par des cordes bienvenues et une guitare en perdition au loin... J'apprécie aussi "Imagination" aux chants féminins et au rythme entrainant. La guitare y claque enfin en riffs pendant que les synthés jouent une sarabande ensorceleuse... "... imagination keeps the shadows away...", imparable. Même avec les morceaux plus faibles, s'inspirant des mauvais aspects des groupes synthétiques des années 80, ce groupe avait encore, en 1989, une belle marge de manœuvre, mélangeant ses aspects les plus noirs et ses approches plus dansantes...La suite fut moins grandiose mais les Clan Of Xymox sont toujours présents et comptent bien poursuivre leur chemin musical bien particulier et original... (Foreth).



TRACKLIST :


A1Evelyn4:02
A2Obsession5:49
A3Craving5:41
A4Blind Hearts3:47
A5The River2:49
B1A Million Things3:52
B2Tonight5:19
B3Imagination5:04
B4In A City4:56
B5Clementina5:09







mardi 11 février 2014

New Order - Movement



NEW ORDER - MOVEMENT (1981)
Rhino Records ‎- 2564-68879-7 - (Europe)

Un peu plus d'un an s'est écoulé depuis la fin de Joy Division. Nous somme en 1981 et le jeune groupe New Order fraîchement reformé avec Gillian Gilbert aux claviers et Bernard Summer au chant s'apprête à revenir sur le devant de la scène.Et le disque qu'ils sortent est un coup de maître. Il n'a absolument pas à rougir de la comparaison avec Joy Division.

Bien sûr l'influence de Ian Curtis est indéniable et se fait rappeler sur chaque chanson, mais comment pouvait-il en être autrement ? Ce qui est marquant ici c'est la manière de chanter de Summer. Totalement méconnaissable. New Order n'as pas encore du tout digéré Joy Division, et l'atmosphère ici est extrêmement noire et plombée.

La production (toujours Martin Hannett aux commandes) ici est rachitique. Elle recouvre comme une fine peau des chansons au squelette déjà fragile. Monument de la cold wave au même titre que Closer, cet album renferme des titres tout simplement magnifiques. "Senses", "The Him" ou encore "Denial" sont des chansons à la beauté glacée. Cet album est douloureux, sombre et rien ne viendra l'éclairer.

Les titres s'enchaînent, New Order tête dans le guidon veut en découdre une dernière fois avec Joy Division et écrit des chansons qui auraient pu largement se retrouver sur Unknown Pleasures ou CloserIl est alors, impossible de ne pas songer 5 minutes à comment auraient pu être ces chansons si Ian Curtis les avaient chantées. "Truth", notamment qui reste la pièce maîtresse de cet album pour moi, aurait été sublimée, chantée par lui.

L'ambiance qui se dégage de ce titre et surtout la ligne de basse crée ici par Peter Hook annonce avec presque 15 ans d'avance Massive Attack. Pierre angulaire de la cold wave, historique à plus d'un titre, cet album est indispensable pour tout ceux qui aime ces sons là. On peut ne pas aimer le tournant "radical" pris par New Order par la suite mais il est indéniable que cet album reste une référence absolue. (Lolipop).


TRACKLIST:


A1Dreams Never End3:13
A2Truth4:37
A3Senses4:45
A4Chosen Time4:07
B1ICB4:33
B2The Him5:29
B3Doubts Even Here4:16
B4Denial4:20






lundi 10 février 2014

Simple Minds - Real To Real Cacophony




SIMPLE MINDS - REAL TO REAL CACOPHONY (1979)
Virgin - OVED124 - (United Kingdom)



La progression de Simple Minds est fulgurante en cette année 1979. Après un premier album sans personnalité, ils se sont d'emblée remis en question, ont cherché leur voie et l'ont trouvée en sept petits mois. Il y a une nuance entre le fait de pasticher un groupe et le fait de jongler avec des influences. On ressentira pendant longtemps la présence de Magazine dans les albums des Minds mais elle se fait à la fois plus discrète et plus constructive dès le deuxième album, baptisé du nom étrange Real to real cacophony.

Celui-ci est en fait le condensé de deux titres de plages de l'album. « Du réel au réel », on n'aura certainement pas droit à des rêveries sur ce disque (1). Quant à la cacophonie, eh bien... n'allons pas jusqu'à accuser ceci d'être bruyant mais il est certain que le son est fort expérimental, tout comme les structures des chansons. Un album audacieux donc, bien que pas encore assez stable pour qu'on crie au chef-d’œuvre.

Le chant de Jim Kerr est en pleine mutation également. Sur ce disque, il commence à alterner avec bonheur les registres aigu et grave, les timbres buccal et guttural. Cette diversité fait sa force dans tous les grands albums du groupe. S'il ne chante pas toujours très juste, cette imprécision de hauteur choque rarement. Il a une manière étonnante de produire des notes indéterminées, par exemple sur « Citizen » mais aussi dans de nombreuses chansons ultérieures. Cette plasticité fait de lui un des chanteurs les plus talentueux de la new wave, sans en avoir l'air, qualité qui lui permettra de s'adapter sans aucune peine aux différents styles abordés par Simple Minds au cours de son histoire.

Les instrumentistes progressent aussi, mais plus difficilement. Répétons-le, Real to real cacophony est expérimental. Ils testent au cours des sept titres courts de la première face de nombreuses structures rythmiques et de nombreuses textures sonores, assez rudes d'ailleurs, au risque d'être par moments un peu ridicules, comme sur « Carnival ». Notons au passage « Factory », hommage évident à Kraftwerk (les deux mots veulent dire usine, et le style ne trompe pas). La deuxième face teste quant à elle des formats plus longs, avec beaucoup de bonheur. On y comprend sur « Premonition » quelle part de l'influence de Magazine va rester : celle du dance rock, la recette répétitive et hypnotique de « The light pours out of me ».

Les autres chansons longues de la seconde partie sont également à retenir. « Changeling » est unique dans leur répertoire, un genre de glam rock musclé mais bien mieux fichu que les singles de Life in a day. « Calling your name » est plus rapide, plus héroïque, un registre qu'ils n'aborderont plus avant Sparkle in the rain cinq ans plus tard. Quant à la conclusion « Scar », elle montre que le groupe a toujours eu en tête ses racines celtiques même si cela restera discret jusqu'à Street fighting years.

Malgré un début un peu désordonné, on se doit de considérer Real to real cacophony comme une première grande contribution de Simple Minds, la plus bizarre, la plus violente, on n'est pas bien loin de la face post-punk de la new wave. Certains pourront avoir un faible pour cette musique plus rugueuse, mais j'estime pour ma part qu'ils n'allaient faire que progresser artistiquement dans leurs publications ultérieures. (Arp2600-FP).


TRACKLIST:


A1
Real To Real
2:47
A2
Naked Eye
2:21
A3
Citizen (Dance Of Youth)
2:53
A4
Carnival (Shelter In A Suitcase)
2:49
A5
Factory
4:13
A6
Cacophony
1:40
A7
Veldt
3:29
B1
Premonition
5:29
B2
Changeling
4:11
B3
Film Theme
2:27
B4
Calling Your Name
5:06
B5
Scar
3:31





Rammstein - Reise Reise



RAMMSTEIN - REISE REISE (2004)
Universal Music - 9868149 - (Europe)

Plus de nouvelles depuis trois ans et demi de Rammstein depuis l’album Mutter, les fans ont eu tout le temps de se ronger les ongles d’impatience (il était inutile de penser à se croquer les doigts, la chanson "Mein teil" va les calmer). Il était temps que la team reprenne du service, c’est chose faite avec ce nouvel album Reise reise, 4eme du nom, où la bande à Till Lindemann (chanteur) promettait des changements.

La pochette de l’album représente une boite "noire", nous renvoyant directement au titre de celui-ci, que l’on traduit par "voyage voyage". De l’air frais à travers une évasion musicale, voilà l’idée entrevue.
Un bruit d’oiseaux au début de la chanson "Reise reise" nous projette dans cette sensation de voyage dés le début. L’album est un périple à travers le monde, entre le Tibet de la chanson "Dalai lama", la Russie de "Moskau" avec la chanteuse Victoria Fresh, l’esprit des Amerlok, montré du doigt dans "Amerika", et la french love dans "Amour".

C’est bien beau tout ça, mais revenons un peu sur terre, au contenu du skeud.
Le côté indus de Rammstein est un peu plus oublié dans Reise reise, pour laisser place à un ensemble bien plus mélodique, notamment entre autre dans le chant de Till Lindemann. Néanmoins, on a encore droit aux chœurs par instant, mais aussi à ces envolées épiques au chant, ce qui nous confirme sur l’intention du groupe à partir dans le chemin que leur avait traçé l'opus Mutter, tout en essayant d’expérimenter d’autres choses.
Reise reise traite dans ses morceaux de sujets aussi sensible que l’Amour, le sexe, la politique, la mort, de manière souvent très lyrique et poétique.

Les chansons sont diversifiées, on sent vraiment l’intention du groupe d’apporter une originalité à chaque morceau. C’est ainsi qu’on a le droit à l’accompagnement de chœurs dans "Morgenstern" ou "Dalai lama", à la touche Russe dans "Moskau" par ce beau duo au chant Till/Victoria (un titre à mettre à part dans la discographie du groupe), ou l’utilisation de nouveaux instruments comme l’accordéon dans la chanson "Reise reise", ou la mandoline sur "Amour" (j’espère que je me trompe pas…), et enfin un air de blues/country sur "Los" (bien que la chanson n’ai rien de très palpitante).

"Amerika" raisonne comme un single type. On a l'impression au refrain d'entendre un hymne, un hymne contre l’impérialisme Américain. Cette notion encore et toujours de voyage est traduite dans le clip vidéo par cette emprise des marques Américaines à travers le monde (Mc Donald, Coca Cola, Nike, etc…). Le chanteur insiste bien à la fin sur la vision que l’on doit avoir de cette chanson ("Ceci n'est pas une chanson d'amour- Ceci n'est pas une chanson d'amour- Je ne chante pas ma langue maternelle- Non, ceci n'est pas une chanson d'amour").

"Mein teil" ,lui, est le seul vrai titre brutal de l’album ("Keine lust" est un ton en dessous). Un son très lourd, qui se démarque des autres chansons. En comparaison, Till Lindemann le cannibal devient Till le romantique dans les deux dernieres chansons mélodique de Reise reise ("Ohne dich" et "Amour")

Au final, j’attendais avant d’écouter Reise reise quelque chose de bourrin (oui je sais, on se refait pas), et j’ai finalement adhéré au nouveau tournant pris par le groupe, peut être trop mélodique pour certain, mais là est peut être le meilleur parti pris pour Rammstein. L’album semble un peu court, deux ou trois chansons supplémentaires n’auraient pas été de refus, mais la variété sonore de ce que nous a proposé Rammstein fait qu’on oubli rapidement ce détail. Les deux singles (Mein teil et Amerika) semblent au dessus du lot, c’est en tout cas les deux chansons que je suis le plus impatient d’écouter lors de leur futur tournée. Finalement, c’est à mon sens un des albums les plus plaisant du groupe, même si il est évident que la commercialité gagne du terrain un petit peu. (Cannibal JC).


TRACKLIST:


A1Reise, Reise4:12
A2Mein Teil4:33
A3Dalai Lama5:39
A4Keine Lust3:43
A5Los4:24
B1Amerika3:47
B2Moskau4:17
B3Morgenstern4:00
B4Stein Um Stein3:53
B5Ohne Dich4:32
B6Amour4:51






dimanche 9 février 2014

Telephone - Un Autre Monde




TELEPHONE - UN AUTRE MONDE (1984)
Virgin - 70248 - (France)


Aucun français ou résident français n’a pu je le crois échapper dans sa vie à l’écoute du groupe Téléphone ne serait ce que par les innombrables rediffusions de ses plus grands succès radio.

Malgré la brièveté de sa carrière (8 ans seulement !), Téléphone a en effet marqué de sa patte le rock français et peut assurément briguer la place de numéro d’un genre il est vrai ou les concurrents sont des plus clairsemés.

Sorti en 1984, « Un autre monde » et sa pochette débilo-infantile est le dernier album d’un groupe alors en plein succès mais dévoré par les conflits intérieurs entre le chanteur/guitariste Jean-Louis Aubert principal compositeur du groupe, Louis Bertignac talentueux guitariste principal, Corinne Mariennau (bassiste) et Richard Kolinka (batteur).

On débute en douceur avec « Les dunes » qui pendant quatre minutes ne parvient à décoller.

La suite est d’un meilleur acabit et les parisiens alignent un de leurs mémorables tubes, « New York avec toi » , influencé par une veine rock n’ roll old school.

Comptant l’attraction et les fantasmes pour la ville reine des USA, « New York avec toi » et son court format sympathique font mouche.

Après un « Loin de toi » qui balance bien arrive « 66 heures » beaucoup plus rapide et dynamique tout en gardant une veine rock bien sentie.

L’intensité est toujours de mise sur « Ce que je veux » simple et direct mais c’est réellement « La garçon d’ascenseur » prodigieux en terme de riffs et d’énergie dégagée qui impressionne.

Téléphone intercale ensuite le court et rapide « T’a que ces mots » également brillant par la qualité de ses riffs entre deux titres plus calme et réconfortant « Oublie ça » « Le Taxi la ».

L’album se termine avec « Electric cité »  très groovant et par sans nul doute le plus grand tube de l’histoire du groupe, « Un autre monde » si multi diffusé les trente dernières années par toutes les radios de France qu’il semble maintenant faire partie du paysage sans qu’on y prenne plus trop garde.

En conclusion, pour un départ, « Un autre monde » termine formidablement bien la carrière d’un groupe réputé mythique pour le rock français.

Même si la voix cassée de Jean-Louis Aubert et son coté grand frère réconfortant m’irrite par instant, force est de constater que « Un autre monde » est excellent album reposant sur des compositions efficaces, intelligemment travaillées, habitées par l’excellent jeu de guitare de Bertignac et par une énergie positive souvent emballante.

Téléphone sonne certes aujourd’hui daté, mais la qualité de ses compositions reste et restera encore pendant longtemps. (Seth Chroniques).


TRACKLIST:

A1. Les Dunes
A2. New York Avec Toi
A3. Loin De Toi (Un Peu Trop Loin)
A4. 66 Heures
A5. Ce Que Je Veux
A6. Le Garçon D'Ascenseur

B1. Oublie Ça
B2. T'As Qu'Ces Mots
B3. Le Taxi Las
B4. Electric Cité
B5. Un Autre Monde


samedi 8 février 2014

Billy Idol - Billy Idol


BILLY IDOL - BILLY IDOL (1982)
Crysalis - CH1377 - (France)

S'il a eu un succès raisonnable avec Generation X, Billy Idol décide cependant de s'exiler pour les Etats-Unis, sentant que la vague punk s'essouffle et ayant des velléités de carrière solo. Le destin met sur sa route Steve Stevens, guitariste au toucher unique et au talent hors-normes. Si le contraste visuel entre sa crinière brune défiant les lois de la pesanteur et la coupe courte blonde peroxydée de Billy Idol, est saisissant, il existe rapidement une véritable alchimie artistique entre les deux hommes qui débouche sur un style musical unique mélangeant les influences Hard-Rock de l'un et Punk de l'autre, auxquelles viennent se rajouter des éléments Rock et New-Wave, voire d'horizons plus surprenants.

Ce premier album éponyme ne comporte que deux titres écrits en commun, Billy Idol ayant déjà quelques compositions de prêtes avant leur rencontre, mais l'identité est déjà bien affirmée bien qu'explorant des territoires relativement vastes. Cependant, du Rock direct et efficace au refrain simple et accrocheur de "Come On, Come On", à la reprise du tube Punk "Dancing With Myself" qu'il a écrit avec Generation X, Billy Idol garde de nombreux éléments récurrents, à commencer par son chant, légèrement grave, régulièrement interrompu par quelques rugissements félins, montrant certaines limites lors des montées dans les aigus, et à la tonalité un brin méprisante.

De son côté, Steve Stevens fait parti de ces guitaristes préférant l'intérêt du titre à une démonstration technique stérile. Le son est souvent aérien mais les soli peuvent se faire tranchants ("Nobody's Business"), voire expérimentaux ("Shooting Stars" tout en distorsion maitrisée). Dans tous les cas, les deux compères donnent la priorité à l'efficacité plutôt qu'à l'esbroufe, variant les ambiances pour que l'accroche soit permanente, offrant quelques surprises au détour d'un "Hot In The City" tubesque s'appuyant sur des claviers prégnants et des chœurs et un chant n'étant pas sans rappeler quelques crooners, mais aussi d'un "Love Calling" aux rythmiques et chœurs tribaux, zébré par un étonnant solo de saxophone, alors que Billy se fait charmeur sur la ballade mid-tempo "It's So Cruel". L'ensemble reste dynamique avec quelques salves imparables, à commencer par un "White Wedding" hyper accrocheur, mélangeant énergie Rock et mélancolie New-Wave, ou un "Dead On Arrival" venant flirter avec les frontières du Hard dit 'FM'.

Malgré une légère baisse d'intensité sur sa seconde partie, ce premier opus n'en est pas moins une belle réussite, imposant un personnage au charisme fort et à l'identité artistique affirmée. Il est d'ailleurs à noter que l'édition d'origine se concluait sur "Congo Man", reprise du thème de "Love Calling" de 1'08, et que ce titre fut remplacé par "Dancing With Myself" à partir de 1983, permettant à l'ensemble de se conclure sur une note plus énergique, et profitant ainsi du succès tardif de ce titre. (Loloceltic - Music waves).


Pochette Réédition 2017 (Reprise de la photo de l'édition originale Britannique) , la pochette présentée en haut de la page est celle de l'édition Européenne de 1982). 




TRACKLIST:

A1. Come On, Come On
A2. White Wedding (Part 1)
A3. Hot In The City
A4. Dead On Arrival
A5. Nobody's Business

B1. Love Calling
B2. Hole In The Wall
B3. Shooting Stars
B4. It's So Cruel
B5. Congo Man








Electric Light Orchestra - A New World Record




ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA - A NEW WORLD RECORD (1976)
United Artist Records - UAG 30017 - (France)

Des millions de dollars, comme s’il en pleuvait. Les Etats-Unis, l’Angleterre et le reste du monde à genoux… Avec « A New World Record », ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA entre dans l’âge du platine, là où les disques se vendent et se vendent encore, comme dans les rêves les plus fous des rock stars. Et c’est avec un album aberrant, excessif, dégoulinant de mauvais goût mais aussi terriblement jouissif que Jeff Lynne touche finalement le jackpot tant espéré. Lui, le songwriter insatiable, accroché à ses ambitions démesurées depuis l’époque de THE IDLE RACE au milieu des années 60, touche enfin au but. Et peu importe si la reconnaissance artistique lui échappe puisque sa popularité, elle, devient immense.

Ce disque-là est celui qui met ELO sur orbite et en fait, l’espace de quelques précieuses années, l’un des groupes les plus riches de la planète. Après tant de tâtonnement, d’évolutions patientes et de remises en cause, c’est un aboutissement : pop, rock, théâtral et orchestral, tous les styles abordés au fil des ans y sont fusionnés dans une alchimie parfaite. Seul le prog est en retrait, relégué au rang d’ingrédient discret, le succès étant payé au prix d’une simplification notable de la musique qui devient ici plus commerciale que jamais. Mais c’est au profit d’une incroyable collection de perles pompeuses et épiques qui rappellent avec flamboyance les pires outrances de QUEEN ou de 10CC. En allant à l’essentiel sans rien perdre de sa démesure, Lynne crée une anomalie sonore à la fois insupportable et délicieuse.

Comment expliquer un tel miracle ? Suite au succès de « Face the Music », ELO sent le poids des espérances placées en lui. Le retour en studio est rapide, à peine quelques mois après la sortie du disque précédent… Un tel rythme dans la succession des albums laisse craindre un tarissement de l’inspiration, mais il n’en est rien : libéré par sa réussite grandissante, Lynne est au contraire galvanisé et se lâche totalement. Il atteint ainsi un nouveau pic de créativité, renouant avec l’état de grâce pop qu’il avait connu au temps de THE IDLE RACE et THE MOVE, près de dix ans plus tôt. A ses côtés, Bev Bevan (l’indéfectible batteur) et Richard Tandy (au Moog si essentiel) forment le noyau dur d’un groupe dont le line-up s’est stabilisé.

L’album est enregistré en quelques semaines et sort en septembre 1976. C’est alors que des singles retentissants se succèdent à une cadence inexorable. Mais il faut dire que « A New World Record » n’est qu’un vaste vivier de hits tous plus merveilleux les uns que les autres… C’est d’abord « Livin’ Thing », chanson absolument déraisonnable et irrésistible, classée en 2006 en tête des plus grands plaisirs coupables de tous les temps par Q magazine. Puis « Rockaria! » et son infernal mélange d’opéra et de rock 'n' roll… Et surtout « Telephone Line », ballade des ballades, tire-larme incandescent avec son « doowop dooby doo doowop » d’anthologie, qui demeure l’un des plus gros succès du groupe. Et Lynne se permet même le luxe d’écarter du disque un tube gigantesque, ce « Surrender » finalement achevé en 2006.

Il n’y a que des belles choses sur « A New World Record » et sa débauche de cordes et de synthétiseurs : « Mission (A World Record) », « So Fine » (ces chœurs…) ou « Above the Clouds » (où le groupe joue aux BEACH BOYS) sont tout simplement des classiques. Sans négliger bien sûr « Do Ya » autrefois écrit pour THE MOVE et qui est ici réarrangé et lissé pour devenir un hit. La présence de cette chanson est un symbole : tandis qu’ELO accède à la notoriété, son co-fondateur Roy Wood – dont la carrière avec WIZZARD avait mieux démarré – est en passe de tomber rapidement dans l’oubli. Finalement, Lynne triomphe sur son vieil ami et concurrent alors même qu’il n’était pas le plus génial des deux…

Ainsi donc, « A New World Record » frise la perfection. Seule « Shangri-La », à la fin, est un peu mièvre et désincarnée. Sans oublier ce sempiternel problème : une production flasque et terne qui plombe la quasi-totalité de la discographie. Mais d’aucuns diraient que ce côté aseptisé a joué un rôle dans le triomphe du groupe. Ces quelques défauts n’empêchent nullement l’album d’être l’une des pierres angulaires de la pop de la fin des années 70, tant pour sa folie que pour son caractère fantasque et abusif. ELO devient alors immédiatement le groupe que les critiques, les esthètes et les snobs – mais aussi les punks qui déboulent tout juste – adoreront haïr. Ils ne se doutaient pas, à l'époque, que ce n'était qu'un avant-goût et que le pire restait à venir... (BaazBaaz - FP).



TRACKLIST:


A1Tightrope5:00
A2Telephone Line4:38
A3Rockaria!3:12
A4Mission (A World Record)4:24
B1So Fine3:55
B2Livin' Thing3:31
B3Above The Clouds2:16
B4Do Ya3:45
B5Shangri-La5:34