lundi 29 juillet 2013

Rammstein - Sehnsucht



RAMMSTEIN - SEHNSUCHT (1997)
Motor Music - 537 304 - 2 5 (Blue)

Sehnsucht. Rammstein. Voilà comment en deux mots définir l'un des plus grands albums de tout les temps, tout genres confondus. La rencontre des machines et des guitares, Rammstein l'avait déjà fait sur Herzeleid, son premier album en 1995. L'occasion de se faire remarquer sur la bande son de Lost Highway de David Lynch avec le morceau Rammstein, excellente démonstration de moiteur et haut sommet d'intensité sombre. Du coup lorsque les teutons reviennent deux ans plus tard pour Sehnsucht, ils ne peuvent que casser la baraque. Le choix des armes ? Des interventions électroniques plus nombreuses, des riffs plus répétifs pour ne pas quitter le cortex des auditeurs, un Till Lindemann impérial, des participations à des bandes sonores de films à la pelle, n'en jetez plus, Rammstein peut exploser à la face du monde.

Il y a d'abord les quatres morceaux phares, les quatres piliers qui soutiennent l'édifice de ce que deviendra le groupe : Sehnsucht, Engel,Bück Dich et Du Hast. Le premier est redoutable d'efficacité, les samples sont parfaitement utilisés, impossible de se sortir ça de la tête. Engel, plus vicieux, à base de légendaires sifflements et d'un chant féminin massacrés par un break qui pour le coup (fra)casse bien le morceau, un classique instantané, imparable, immortel. Bück Dich c'est la guerre. Bien sûr, ce morceau doit une partie de sa renommée grâce aux transcriptions scéniques bien senties et classieuses (phallus en plastique et déculotée au programme) dont il fait l'objet à chaque live. Mais le cantonner à cela serait lui enlever son statut de titre absolument terrible, guerrier, haletant et brutal. Et enfin le trait de génie, la meilleure rencontre jamais orchestrée entre guitares et programmations électros, le plus grand tube du groupe, Du Hast. Les guitares sont atomiques, Lindemann nous martèle son refrain on ne peut plus fédérateur, Flake nous plonge dans une ambiance étrange et malsaine (ces petites notes....). A mi chemin entre titre très méchant et porte drapeau de jeunes décomplexés, ce titre est culte. Rien qu'avec l'un de ces quatre-là, la possession de ce disque dans votre discothèque serait obligatoire. Là, les quatre ensemble, ça devient une évidence. Et encore plus, une institution quand l'on se penche sur le reste du disque.

Parce que oui, ramener Sehnsucht à quatre tubes est réducteur. Ce second essai, c'est aussi des titres comme Tier Bestrafe Mich ouKlavier, des bombes mélodiques très travaillées, profondément marquantes grâce au talent de Lindemann. L'ambiance de Bestrafe Mich est absolument unique, d'une tristesse rarement croisée chez nos amis allemands. Il faut encore recenser deux titres qui font partie de la légende du groupe : Spiel Mit Mir et Eifersucht, titres autrefois très appréciés sur scène, tout en finesse et en dégénerescence programmée.

Restent Küss Mich et Alter Mann, bon mais qui n'apportent pas grand chose à ce somptueux album. 
Alors Sehnsucht sommet de la carrière de Rammstein ? Totalement.Mutter (2001) sera bien un album monstrueux, mais son côté américain un peu trop prononcé ne plaira pas forcément. Non,Sehnsucht est l'album le plus rammsteinien du groupe, là où sa vraie personnalité a explosé à la face du monde pour lui permettre de s'imposer dans les hautes sphères du Metal. Sehnsucht est la rencontre parfaitement dosée entre guitares et synthétisme, un album d'une classe hors norme, d'une âme rare et doté d'une durée de vie insondable. Du Hast, c'est la vie. (Scum).


TRACKLIST :

1Sehnsucht4:04
2Engel4:24
3Tier3:46
4Bestrafe Mich3:36
5Du Hast3:54
6Bück Dich3:21
7Spiel Mit Mir4:45
8Klavier4:22
9Alter Mann4:22
10Eifersucht3:35
11Küss Mich (Fellfrosch)3:30





samedi 20 juillet 2013




RAMMSTEIN - HERZELEID (1995)
Motor Music - 529 160-2 - 2 LP 4180 Gr. Green - 2011


Rammstein… Un nom qui a fait couler beaucoup d'encre  Souvent critiqués, provoquants, jouant de multiples ambiguïtés dans leurs discours pour faire bouger les lignes au moment où l’Allemagne panse les plaies de son histoire meurtrie par la barbarie nazie 50 ans plus tôt, cette formation a su déchaîner les passions quitte à parfois se brûler les ailes en poussant le jeu de la transgression trop loin, avec une image de groupe nazi qui lui colle encore à la peau.

Toujours est-il qu’au-delà de ces divers clivages d’ordre historico-éthiques, nos 6 teutons ont su créer un son, une atmosphère, résultant de l’agrégation de diverses influences musicales : on pourra citer les premiers albums de Oomph! ou Laibach au niveau musical; D.A.F. au niveau de l’esthétique et dans l’esprit… Rien n’a été inventé, mais ce groupe a su former cette ambiance unique, reconnaissable d’entre toutes. Et évidemment, l’album le plus emblématique de ces expérimentations reste Herzeleid.

Lorsque cet album sort en 1995, il fait l'effet d'une bombe. Pensez-vous ! Un groupe chantant uniquement en allemand, avec un son martial, mécanique et froid, ponctué d’évidentes références aux univers totalitaires, depuis la pochette jusqu’à la dernière seconde du CD, ça surprend beaucoup. Qui plus est, ce disque fait partie de la grande famille du metal indus, genre qui à l’époque est peu connu, hormis quelques pointures telles que Ministry ou bien encore… Ministry, et qui va exploser au grand jour par l’intermédiaire de productions comme celles-ci. Nous sommes donc à l’époque en présence d’un ovni, que d’aucuns qualifieront alors de modern trash metal, de tanz metal, de techno metal et d'autres appellations qui souligneront les limites sémantiques du vocabulaire métallisé de l’époque.

Mais à l’heure actuelle, 17 ans se sont écoulés depuis. Que vaut donc cet album maintenant ?

Force est de constater en premier lieu que la production a mal vieilli, ce qui est logique pour un album qui date de plus de 15 ans. Cela n’entache pas forcément le plaisir d’écoute cela dit, même si on peut regretter l’absence d’une remasterisation.

Maintenant, les compos sont toujours aussi efficaces, avec un Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen? en guise d’intro qui assène « un grand coup dans ton cul », comme diraient les MC Warriors, avec ces riffs et cette rythmique basiques mais diablement efficaces, qui donne un son très vif et presque dansant, se rapprochant de la techno. Le tout est parsemé de nappes de synthé ou de samples divers à haute dose. Une formule simple mais redoutable, qui vient trouver son apex grâce à la prestance du chanteur qui avec une voix gutturale oscillant entre le parlé et le hurlé donne toute son intensité à ces compos. Cette recette est utilisée avec bonheur sur d’autres pistes, comme Der Meister, Weisses Fleisch ou Heirate Mich.

On trouve aussi des moments plus lents et plus froids, comme l’épique Das Alte Leid, monument de lourdeur représentant la quintessence de l’indus telle une véritable ode lui étant dédiée, ou bien l’éponyme Rammstein qui n’est pas en reste, et permet à l’auditeur de comprendre les origines du groupe.

Curiosité du groupe, la power ballad à la sauce industrielle Seemann, qui présente une certaine propension au kitsch mais qui reste cependant de bonne facture.

Au final, il reste plus de 15 ans après un album qui garde une puissance monstrueuse, malgré une production le desservant un peu, sublimé en live par des prestations scéniques exceptionnelles et qui reste pour ma part la meilleure galette que Rammstein ait pu fournir. Respect. (Merci a Max pour sa chronique).







TRACKLIST:

A1. Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen
A2. Der Meister
A3. Weißes Fleisch
A4. Asche Zu Asche
A5. Seemann

B1. Du Riechst So Gut
B2. Das Alte Leid
B3. Heirate Mich
B4. Herzeleid

C1. Laichzeit
C2. Rammstein
C3. Feuerräder (Live Demo, 1994)
C4. Wilder Wein (Demo Version 1994)
C5. Kokain (Non-Album Track)

D1. Stripped (Remix By Johann Edlund)
D2. Das Modell (Extended Promo Version)
D3. Hallo Hallo (Demo Version)
D4. Rammstein (Complete Eskimos & Egypt Mix)








Rammstein - Du Riechst So Gut from Friedrich Mary on Vimeo.

lundi 8 juillet 2013

Midnight Oil - Blue Sky Mining



MIDNIGHT OIL - BLUE SKY MINING (1990)
CBS - 465653 2 - Europe

3 ans après le talentueux Diesel And Dust, Midnight Oil ajoute une nouvelle pierre musicale à son œuvre, s’inscrivant dans une logique toujours très fidèle à l’orientation acquise depuis l’album du "décompte" de 1982. Nous avons affaire à un concept qui, d’une part se démarque nettement d'une approche rock conventionnelle (comme en témoigne par exemple l’ouverture aux tendances folk, à grand renfort d’harmonica), et d’autre part qui prend très fortement assise sur les paroles. Comme à l’accoutumée avec Midnight Oil, point de thématique intimiste ou spirituelle, au sens d’une problématique individuelle ; chaque morceau est construit autour de la mise en exergue des dualités de l’existence, ou bien de l’éloge d’une quête, d’une lutte à mener contre vents et marées, ou parfois contre soi-même, mais toujours dans l’optique de permettre l'émergence d’un monde meilleur.

Pour ne citer que quelques exemples, le presque éponymeBlue Sky Mine évoque le dilemme des nécessités de la vie professionnelle face aux contraintes et aux maux qu’elle engendre, Bedlam Bridge exacerbe les inégalités sociales ou les différences de conditions de vie au sein des villes,Mountains Of Burma est un pamphlet à la fois antimilitariste et condamnant les enjeux de l’économie mondialiste, River Runs Red prend la forme d'un hymne à la cause écologiste, One Country est une sorte de synthèse des idéaux défendus par le groupe et qui, selon l’interprétation de l’auditeur, pourrait appréhender le monde comme un pays unique, ou bien inviter l’ensemble des hommes de bonne volonté, issus de tous les peuples, à s’unir pour créer un nouveau pays.

Musicalement, Midnight Oil signe encore une fois une réalisation de très haute qualité, à laquelle les amateurs de "rock inventif" ne resteront sûrement pas insensibles ; voici un "genre" qui mériterait d’être… inventé, au moins pour la classification de ce groupe !
On retiendra, entre autres choses, l’usage de chœurs en arrière-plan des prestations vocales de Peter Garrett, dans l’exacte tonalité de celles-ci, un peu comme si les chœurs en émanaient, comme s’il s’agissait d’harmoniques (Stars Of Warburton, par exemple), ou bien la construction de One Country, affichant moins de 6 minutes et qui est pourtant édifié à la manière d’un "Masterpiece" : la part belle à l’instrumentation, une montée en puissance dans l’esprit d’une composition progressive, l’usage d’une réplique vocale et d’un chant principal cette fois-ci en opposition de phase – un lead à la texture "rampante", caverneuse, surligné par une tirade aérienne. Quel que soit l’exercice de style choisi par Midnight Oil, la manœuvre semble systématiquement promise à la réussite.

Blue Sky Mining demeure néanmoins en (léger) retrait, comparé à son cadet Diesel And Dust. Il n’affiche sans doute pas une démarche aussi audacieuse, limitant davantage l’étendue de son champ émotionnel. La couleur musicale prédominante est celle de la méditation, celle d’un constat désabusé de l’avenir du genre humain. Les compositions festives et/ou rythmées se font plus rares et plus équivoques (Forgotten YearsKing Of The MountainBlue Sky Mine). L’approche mélodique, de son côté, est quasi immédiate mais globalement moins percutante que celle de Diesel And Dust.

Sans être un album indispensable, Blue Sky Mining s’adjuge indiscutablement une place de choix dans la discographie de Midnight Oil. (Realmean).


TRACKLIST :


A1. Blue Sky Mine
A2. Stars Of Warburton
A3. Bedlam Bridge
A4. Forgotten Years
A5. Mountains Of Burma

B1. King Of The Mountain
B2. River Runs Red
B3. Shakers And Movers
B4. One Country
B5. Antarctica








Midnight Oil - Diesel And Dust




MIDNIGHT OIL - DIESEL AND DUST (1987)
CBS - 460005 1 (UK & Europe)


1987, Midnight Oil gratifie une nouvelle fois ses auditeurs d’une réalisation dont le brio n’a d’égal que la très grande qualité de la production. La recette n’est pas tellement différente de celle du mémorable opus de 1982, à savoir la prédominance d’une rythmique résolument pop/rock (batterie et percussions proposant un jeu extrêmement formaté), pour soutenir un esprit… que l’on pourrait pratiquement qualifier d’épique. C’est en effet ici que réside le savoir-faire de ce groupe, et c’est très rare dans l’histoire du rock, parvenir à susciter des émotions inhérentes à la musique progressive, au travers d’une construction pop FM –le refrain récurrent restant le pilier de la plupart des morceaux- , de sonorités presque trop homogènes, et de prestations vocales qui dominent l’instrumentation. De prime abord, seule la présence des cuivres permettrait d'envisager la tendance à l'éclectisme, à moindre mesure; mais ce serait mal connaître Midnight Oil.

Beds Are Burning, qui introduit l’album, est révélateur de cette efficacité musicale bien peu commune: là ou d’autres compositions, édifiées sur le même schéma, vont marteler leur ritournelle sans parvenir véritablement à accrocher l’oreille, ou pire, réussir à induire chez l’auditeur un sentiment de lassitude, ce premier titre s’adjuge la force de persuasion d’un certain Another Brick In The Wall(Pink Floyd), pour donner un exemple emblématique. Bien d’autres compositeurs se contenteraient d’une seule et unique création de cette trempe, priée de porter très haut l’étendard de leur projet, pendant que la suite du programme serait plus ou moins envisagée sous l’angle du remplissage. Midnight Oil, de son côté, ouvre indiscutablement le bal de Diesel And Dust de manière percutante, mais n’entend rien laisser au hasard pour la suite des festivités.

Les festivités au sens propre, justement, font partie des talents de Midnight Oil qui ne déméritent jamais : ainsi, les énergiques et enjoués Dreamworld et Sometimessont tout simplement irréprochables. Dans un registre assez différent, le pouvoir hypnotique d’un Put Down That Weapon ou d’un Sell My Soul s’insinue rapidement dans l’oreille, avant de gagner les entrailles ; l’aventure peut aussi prendre le goût d’une amertume prononcée, voire d’une désillusion torturée (Arctic World).
Mais peut-être serez-vous plus sensible encore aux élans "va-t-en-guerre" de cette musique, dont les inaltérables Warakurna, Dead Heart, Gunbarrel Highway ou Bullroarerfont leur cheval de bataille. Sans même parler de l’orientation des paroles (notamment ici, l’évocation du patrimoine aborigène), il y a quelque chose de hautement combatif dans l’esthétisme de ces créations, comme un encouragement à la défense ultime, héroïque si nécessaire, de valeurs morales ou éthiques. Une force de caractère étroitement liée à la constance de l’engagement idéologique, indissociable de l’inspiration de ce groupe ? Disons-le clairement, il n’est pas permis d’en douter.

On ne peut guère reprocher à Diesel And Dust que l’omniprésence vocale de Peter Garrett, qui pourrait éventuellement paraître envahissante, par moments. Mais comment ne pas féliciter un tel album ? Avec Midnight Oil, on peut passer de la marche funèbre d’un ténébreux rock introspectif à l’éloge lumineux d’un lyrisme multicolore, porteur d’idéaux. Tout cela, au moyen d’un seul et même album, et dans une cohérence sans faille. Vous avez dit impossible ? Impossible n’est pas Midnight Oil. (Realmean).


TRACKLIST :

A1. Beds Are Burning
A2. Put Down That Weapon
A3. Dreamworld
A4. Arctic World
A5. Warakurna

B1. The Dead Heart
B2. Whoah
B3. Bullroarer
B4. Sell My Soul
B5. Sometimes







dimanche 7 juillet 2013

Sex Gang Children - Song And Legend



SEX GANG CHILDREN - SONG AND LEGEND (1983)
Illuminated Records ‎– JAMS 666 - UK


Batterie roulante, basse enragée et plombée, typiques du post punk, puis ces guitares torturées...assurément un de ces groupes de la première vague...puis la voix...bon sang, cette voix ! Mais est-ce une plaisanterie ? Quel est donc ce timbre nasillard qui frise l'aigu ? Celle d'Andi Sex Gang tout simplement qui inspirera plus tard Cinema Strange, Jacky Bitch et autres...Le décidément précieux label Cherry Red (qu'on ne remerciera jamais assez pour toutes ses rééditions) a eu l'excellente idée de ressortir l'introuvable premier disque d'une formation culte du batcave, j'ai nommé Sex Gang Children. Encore une réelle formation à l'époque, nos lascars s'engouffrent dans le son post punk goth de l'époque aux côtés de 1919, Skeletal Family, Ausgang et autres Southern Death Cult mais dégagent d'emblée une touche personnelle de par le chant si particulier et décadent de leur chanteur. Qui plus est, les mélodies sont riches, nos Anglais enrichissent une base très roulante (le jeu de batterie est en effet très percussif, voir tribal), grinçante (la guitare pose surtout les ambiances, la ligne thématique étant principalement assurée par la rythmique) de cordes (l'excellent 'Sebastiane'), de touches vaguement orientales ('Abyss', le très bon 'Song and legend' ou 'State of mind') et sans qu'elles ne soient véritablement perceptibles, cabaret (ce n'est qu'à la lecture de la carrière à venir du groupe qu'on réalise que ces germes prééxistaient déjà en pleine influence post punk, je songe à certains passages de 'German nun' ou 'Song and legend'). Ce cd propose une belle palette incluant nombre de hits comme 'Sebastiane', 'Killer K', 'Cannibal queen', 'Song and legend'. Une galette indispensable pour tout amateur de batcave.


TRACKLIST :

A1The Crack Up
A2German Nun
A3(Chant)
A4State Of Mind
A5Sebastiane
A6Draconian Dream
B1Shout And Scream
B2Killer 'K'
B3Cannibal Queen
B4(Abyss)
B5Kill Machine
B6Song And Legend
B7(Dream Reprise)




samedi 6 juillet 2013

Hooverphonic - A New Stereophonics Sound Spectacular



HOOVERPHONIC - A NEW STEREOPHONICS SOUND SPECTACULAR (1996)
Music On Vinyl - MOVLP365 - 180 Gr Re (2012)

Hooverphonic est un groupe à part. En effet, ces jeunes belges issus de formations musicales différentes (un guitariste, deux ingénieurs du son) ont surpris l'Europe entière en 1996 avec le single 2 Wicky. Ce titre, une audacieuse refonte d'un morceau d'Isaac Hayes survolé par le chant immaculé de Liesje Sadonius permit au groupe de croire en ses chances.

Cet album de pop spatiale, goûteux mélange de sonorités acoustiques et synthétiques, tient tout à fait ses promesses. Les beats groovys rehaussés de guitares et de samples délicats séduisent dès la première écoute. Une production haut de gamme permet à la chanteuse de se fondre avec aisance dans cet univers sonore, quitte à parfois se retrouver quelque peu noyée dans la musique. Un univers que l'on explore, comme un voyageur, balloté entre des rythmes tantôt énergiques, tantôt langoureux.

Soul électronique, trip-hop oxygéné? On est en tout cas bien loin des groupes anglais auxquels ont a trop vite rapproché Hooverphonic, et l'approche atmosphérique du groupe s'impose d'elle même, à l'instar des titres Cinderilla ou Inhaler. A réserver pour de longues nuits étoilées.


TRACKLIST :

A1Inhaler5:11
A22Wicky4:44
A3Wardrope4:31
A4Plus Profond4:24
A5Barabas3:50
B1Cinderella3:52
B2Nr 93:38
B3Sarangi4:16
B4Someone4:11
B5Revolver3:54
B6Innervoice
4:34


Dream Theater - Images And Words



DREAM THEATER - IMAGES AND WORDS (1992)
Enjoy The Ride Records - ETR192146 ATCO - 2 LP White

Deuxième album du groupe inclassable, entre métal et progressif, à la recherche de la perfection musicale et d'une technicité parfois poussée à outrance qui peut nuire à l'émotion. 'Images And Words' est un album musicalement abouti où la prouesse instrumentale incontestable laisse une grande place à l'émotion. 

Avec quatre morceaux de plus de 7 minutes, des reprises et l'omniprésence des claviers, ce deuxième album peut sans problème être classé dans le progressif, musclé soit mais progressif. Tout commence avec Pull Me Under, magnifique morceau de 8'11 où guitares et claviers dialoguent, construit sur un refrain, il sonne très Operation Mind Crime et finit brutalement. Another Day est une ballade classique avant d'enchaîner sur Take The Time, morceau très technique, vocalement, à la batterie et aussi à la guitare. Surrounded est le mouton noir, un morceau à la SAGA, sans grand intéret. 

La pièce maitresse suit, Metropolis-Part 1 qui donnera lieu à une suite, superbe album que nous critiquerons sous peu. L'album finit sur le morceau le plus long 11'30, 'Learning To Live' qui mérite lui aussi une écoute attentive. Bref un magnifique album, un de mes préférés de Dream Theater, idéal pour découvrir le groupe.  (Neoprog).



TRACKLIST :


A1Pull Me Under8:11
A2Another Day4:22
B1Take The Time8:21
B2Surrounded5:28
C1Metropolis Part I (The Miracle And The Sleeper)9:30
C2Under A Glass Moon7:02
D1Wait For Sleep2:31
D2Learning To Live11:30